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11/03/2013

Saint-Gervais, c’est le Mont-Blanc !

La Libre, Momento, Escapade, Saint-Gervais, Savoie, FranceStation de ski, ville thermale, site de randonnées et d’escalade, étape du patrimoine architectural : Saint-Gervais se vit toute l’année.

Découverte: Solange Berger


N’AYEZ AUCUN DOUTE : vous êtes bien au pied du Mont-Blanc, même si du centre-ville (eh oui, Saint-Gervais est une ville), on n’aperçoit pas le plus haut sommet d’Europe. Les gens du cru vous le diront et répéteront : le sommet du Mont-Blanc est sur la commune de Saint-Gervais, et tant pis si la plupart des gens associent ce sommet… à Chamonix. La rivalité entre ces deux stations de Haute-Savoie est d’ailleurs bien perceptible. Et pour être bien sûr que tout le monde le saura désormais, Saint-Gervais-les-Bains est désormais Saint-Gervais-Mont-Blanc. La commune est aussi la voie d’accès la plus rapide vers ce sommet mythique qui peut se faire grâce au Tramway du Mont-Blanc, l’un des derniers trains à crémaillère du monde, et le plus haut de France. A travers fermes et forêts, il sillonne la montagne pour un arrêt à 1 650 m au col de Voza – dites Voz –, départ du domaine skiable vers les Houches; pour finir par atteindre l’altitude de 2 372 mètres au Diable. “C’est la voie classique pour entamer l’escalade”, nous explique un guide local. “De l’autre côté, c’est plus difficile et plus dangereux.”

Cité montagnarde, Saint-Gervais est aussi, à l’origine, une station thermale. La plus haute d’Europe. Son architecture en témoigne, avec ses parcs et ses palaces Belle Epoque. Sa richesse : son eau qui jaillit à une température comprise entre 38 et 40°. Cette eau, enrichie en minéraux précieux et en oligoéléments, est un véritable sérum naturel de beauté, qui soigne, apaise, réconforte, adoucit et embellit la peau, nous assure-t-on. Les Bains du Mont-Blanc proposent un parcours thermal en trois escales. Tout d’abord, la préparation du corps avec le “lâcher prise”, le “réchauffement” et le “sudatorium” au sauna ou au hammam; vient, ensuite, la régénération qui commence dans un bain tiède à l’intérieur et se prolonge dans des bains extérieurs, avec une promenade au fil de l’eau en huit étapes; marche à contre-courant, hydromassage, lit de “bulles de champagne”… La troisième escale est la relaxation, sous la verrière. Le centre propose également des soins du corps et du visage.

Connue pour ses sources thermales, Saint-Gervais se veut également une station de ski d’envergure. Elle fait partie – avec Megève, Les Contamines/Hauteluce, Combloux et La Giettaz – du domaine Evasion Mont-Blanc : 445 km de pistes. Ce qui en fait le 3e plus grand domaine skiable français.

Mais la station se vit toute l’année. Avec ses 5 842 habitants. “Il est essentiel de s’occuper en priorité de nos résidents permanents”, estime Jean-Marc Peillex, maire de Saint-Gervais. “Il ne faut pas réaliser des équipements qui ne sont accessibles qu’aux personnes qui viennent chez nous une semaine par an. Il faut qu’il y ait une vie dans la station tout au long de l’année, ce qui n’est pas le cas de toutes les stations françaises.”

Pour les amateurs de la montagne en dehors du ski, la station offre un large choix de randonnées. Des balades en VTT aussi. Dès ce printemps, la station propose aussi une toute nouvelle salle d’escalade. Celle-ci est située dans l’un des piliers – l’autre est occupée par une salle d’exposition – du tout nouveau pont – inauguré en novembre – qui fait le contournement du centre. “Ce pont, on en parle depuis 75 ans. Le projet a été sans cesse reporté pour différentes raisons : la guerre, le manque de volonté et le manque de budget”, explique Jean-Marc Peillex, maire de Saint-Gervais, très fier de cet ouvrage. “On ne construit plus de pont en France.”

Les amateurs d’art ne seront pas en reste. Saint-Gervais abrite plusieurs trésors. Elle propose notamment une boucle des maisons fortes, soit une promenade à la découverte de ces maisons du Moyen Age et de la période Moderne. Certaines datent du XIIIe siècle.

L’église de Saint-Nicolas de Véroce, l’une des entités de la commune, mérite aussi le détour. De style baroque, l’édifice a été construit au XVIIIe siècle sur les bases d’une ancienne petite église romane. “Commencée à une époque où le baroque s’impose, l’église ne sera achevée réellement qu’en 1856. Le baroque s’est essoufflé et a laissé place au néoclassique. Les deux styles vont s’associer et s’harmoniser. C’est ce qui fait toute la spécificité de cet édifice”, raconte notre guide Caroline Duperthuy. L’église vient d’être complètement restaurée. A l’extérieur : un très beau portail surmonté d’un auvent peint et suffisamment large pour protéger la façade. A l’intérieur : une voûte de style néoclassique, où l’on peut admirer le fameux “Bleu de saint Nicolas”, ainsi qu’un retable imposant et un tabernacle rapporté de Milan, les deux en bois.

Juste à côté de l’église, dans le presbytère, se trouve le musée d’Art sacré. Il abrite notamment le “Trésor de saint Nicolas”, soit plus de 600 objets datant principalement de la période allant du XVe au XVIIIe siècle. Parmi ceux-ci, le bras reliquaire du grand saint.


Ph.: Vincent Pawlowski

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