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16/03/2013

Demain, j’arrête de procrastiner

La Libre, Momento, Bien-être, procrastination, arrêtToutes et tous, à des degrés divers, nous avons cette fâcheuse tendance à reporter à plus tard certaines tâches qui finissent par encombrer notre quotidien. Pour faire bouger ces “mammouths”, encore faut-il pouvoir les repérer, apprendre à les reconsidérer, voire à les apprécier pour mieux pouvoir les dompter.

Tout un programme: Laurence Dardenne

NE JAMAIS FAIRE AUJOURD’HUI ce que l’on peut reporter à demain. Ah !, cet art de la procrastination que nous cultivons si bien, pour la plupart d’entre nous. Et d’aucuns mieux que d’autres encore. Cette faculté à sans cesse reporter certaines tâches. Pesantes, comme un mammouth. “Comment faire bouger son mammouth… et ne plus procrastiner” (1), c’est tout un programme que nous propose, en 240 pages, Wendy Jago.
 
On les croyait d’une ère révolue, eh non !, ils sont partout ces grands éléphants fossiles du quaternaire à l’épaisse toison et aux impressionnantes défenses – à moins qu’il s’agisse plutôt ici, par métaphore, d’une structure lourde et bureaucratique ? A défaut de pouvoir les dompter, ils peuvent s’avérer particulièrement envahissants dans votre quotidien. Ecrasants. Dans votre maison, mais aussi dans votre tête et dans votre cœur, ils vous donnent cette désagréable impression de ne pas contrôler votre vie.
 
Mais avant d’apprendre à les maîtriser, encore faut-il pouvoir les repérer. “Il existe de très nombreux types de mammouth, qui se manifestent dans tous les domaines de notre vie, explique l’auteur. Ils peuvent être d’ordre pratique ou mental, concrets ou abstraits, mais la grande majorité des mammouths semblent plus imposants qu’ils ne le sont réellement, parce qu’ils touchent à nos émotions et à nos croyances. Et plus celles-ci nous tiennent à cœur, plus le mammouth nous semble énorme”.
 
Des exemples ? On pense d’abord à une tâche ou une corvée qui doit être faite, des objets qui doivent être triés, un projet que “l’on ne trouve pas le temps de faire avancer”… Mais cela peut aussi être un rêve qui n’a pas été accompli, une obligation ou une dette dont il faut s’acquitter, une ambition qui n’a pas été réalisée… Apprendre à reconnaître ses propres mammouths constitue la première étape de la démarche. “Une fois que vous avez pris conscience que votre problème, défi ou objectif, est en fait un mammouth, et que vous avez arrêté de culpabiliser, vous voilà en bonne position pour anéantir des idées reçues que vous pouvez avoir sur ce qu’implique le domptage de mammouth.”
 
 
Pour dessiner le profil de son mammouth, il y a une série de questions à se poser, dont : est-il une chose qui existe déjà et qui a besoin d’être finalisée ou qui doit être réalisée de bout en bout ? Est-il lié au passé, au présent ou à l’avenir ? Est-il simple ou complexe ? D’ordre pratique ou émotionnel ? “Les mammouths sont parfois porteurs d’une charge émotionnelle insoupçonnée, commente à ce propos l’auteur. La réticence que l’on peut avoir à effectuer les tâches les plus élémentaires peut être en grande partie due à des sentiments, des peurs ou épisodes refoulés ou dissimulés. Une chose qui semble très simple en apparence peut faire l’objet d’un blocage du fait de conséquences que l’on en attend inconsciemment”.
 
Une fois le ou les mammouths repérés, reste donc à savoir ce qui vous empêche de le(s) dompter. Car “votre mammouth n’est pas seulement une tâche à accomplir, mais c’est aussi tout ce qui vous retient de vous y mettre. Votre mammouth peut toucher à des choses concrètes aussi bien qu’à vos relations avec les autres ou à la façon dont vous vous considérez vous-mêmes. Soyez attentifs à des signes comme l’anxiété, la honte ou l’embarrassé. […] Lorsque vous vous attaquez à la signification d’un mammouth, le dompter devient tout à coup plus facile”.
 
Quelques petits conseils ? “Tout d’abord, cessez de vous faire la morale sur ce que vous devriez faire et de vous blâmer de ne pas le faire.” Vous remettez sans cesse à demain le domptage de votre mammouth, parce que vous pensez devoir être “dans le bon état d’esprit”, être moins stressé ou avoir plus de temps pour passer à l’attaque ? La bonne excuse. Là n’est pas le problème.
 
 
Quelle que soit l’espèce de mammouth, toutes les stratégies de domptage sont à peu de chose près les mêmes, pour Wendy Jago qui va les exposer en détail au fil des pages. A commencer par apprendre à morceler ces mammouths de la vie de tous les jours en éléments plus gérables. “Le morcelage peut devenir un outil indispensable pour améliorer votre vie, poursuit cette ancienne secrétaire devenue coach de chefs d’entreprise. Il peut vous aider dans votre organisation, vos compétences à faire des interventions publiques, la gestion de vos projets, votre relationnel et vos performances. Certains mammouths se maîtrisent plus facilement avec une approche par fragmentation”.
 
Apprendre à considérer autrement ces mammouths, à ressentir différemment les tâches du quotidien, plus légères, voire à les apprécier, est une autre manière de les faire bouger. “Toute contrainte est perçue par les uns comme une corvée, par les autres comme un ennui, comme une source de satisfaction par d’autres encore”, commente l’auteur. “C’est le ressenti que vous procurent les tâches quotidiennes qui compte. Et ce ressenti dépend de la façon dont vous les percevez. […] La satisfaction (ou l’absence de satisfaction) est ce qui détermine le fait qu’une tâche soit ressentie ou non comme une corvée. Ressentir de la satisfaction, cela signifie que le fait d’avoir terminé quelque chose procure le sentiment d’avoir positivement enrichi sa vie.”
 
(1) “Comment faire bouger son mammouth… et ne plus procrastiner”, Wendy Jago, Marabout, 15,90 €.
 
 
Ph.: Reporters

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