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17/03/2013

Un pépin dans le réseau des réseaux

La Libre, Momento, Pixels, Apple, Facebook, fin, mort, ringardMoteurs du Web mobile, Facebook et Apple perdent de la vitesse chez les jeunes. Le début de la fin pour ces deux figures high-tech emblématiques ?

Analyse: Michi-Hiro Tamaï

RINGARD. LE VERDICT EST SANS APPEL. Apple et Facebook n’ont plus les faveurs des ados. De nombreux observateurs high-tech sur la toile et des sondages effectués par des bureaux d’analystes sont formels. Ces deux moteurs – qui tirent l’industrie high-tech vers le haut – seraient en passe de se gripper. Raison principale de cette débandade : la mainmise des adultes de plus de trente ans (donc des parents) sur ces deux technologies. “Les ados nous disent qu’Apple est fini”, précise ainsi Tina Wells dans les colonnes du magazine américain “Forbes”. Et la porte-parole de l’agence Buzz Marketing Group de préciser qu’“Apple a merveilleusement rallié la génération X et les plus âgés, mais ils ne sont plus connectés avec la génération née au début des années 2000. Ces derniers veulent plutôt des tablettes Surface et des Galaxy”.
 
Si la firme de Cupertino reste aussi tentaculaire que populaire, ce désaveu s’ajoute à une demande d’iPhone 5 plus faible que prévu. En janvier dernier, le “Wall Street Journal” estimait ainsi qu’Apple avait divisé par deux ses commandes de composants électroniques. On ne parle pas de flop, mais le mur se lézarde. Au-delà d’un manque flagrant d’innovations marquantes (soit une diagonale d’écran élargie et un APN amélioré) entre l’iPhone 5 et l’iPhone 4S, cette contre-performance arrive au moment précis où Apple perd du terrain face à Samsung. Au troisième trimestre 2012, 26,9 millions d’iPhone ont ainsi trouvé acquéreur contre 56,3 millions de terminaux coréens sur la même période.
 
Pape de l’innovation autrefois plébiscité pour ses idées ergonomiques, entre autres, le géant ne fait plus rêver. Particulièrement depuis le décès de Steve Jobs. Le magazine “US Wired” et le “Wall Street Journal” définissent ainsi l’iPhone 5 comme un téléphone techniquement abouti mais “ennuyeux”. Le récent iPad Mini, lui, se contente de suivre la tendance des tablettes au format réduit. Pendant ce temps, Apple Benelux se refuse à tout commentaire sur le sujet.
 
Autre pierre d’achoppement, la finition mate de la coque du nouvel iPhone facilement sujette à des griffes. Difficile à avaler sur un terminal à minimum 699 €. Les kids boudent donc l’iPhone pour une question de prix (inaccessible) et de manque d’innovation. Mais également pour se démarquer des parents et des profs qui sont désormais nombreux à l’avoir adopté. Un antagonisme intergénérationnel somme toute classique.
 
 
Si Apple a (brillamment) vulgarisé le Web mobile chez les néophytes, Facebook lui a donné une raison d’être. Un véritable argument d’achat en magasins qui a même poussé certains constructeurs comme HTC à sortir (sans grand succès) des Facebook Phone comme le Salsa et la ChaCha il y a deux ans. Là encore, la popularité du réseau social numéro un auprès des adultes et des parents éloigne les ados à la recherche d’intimité.
 
Lors de son rapport annuel aux investisseurs le mois dernier, l’entreprise de Mark Zuckerberg elle-même avouait qu’elle était de moins en moins plébiscitée par les ados, sans toutefois citer de chiffres précis. Même tendance à la baisse chez les jeunes adultes. Une étude du Pew Internet and American Life Project mettait ainsi en avant, en décembre dernier, que 42 % des utilisateurs Facebook entre 18 et 29 ans avaient passé, au quotidien, moins de temps sur le réseau des réseaux l’année passée. Pendant ce temps, des réseaux sociaux alternatifs insondables pour les newbies gagnent du terrain à l’image d’Instagram, Pinterest et Tumblr, plateforme de blogs épaulée de fonctions communautaires avancées. Plus récent, Snapchat permet de partager une photo ou une vidéo de façon éphémère. Un affichage d’une dizaine de secondes, et puis s’en va. Le concept séduit un nombre croissant d’internautes lassés de voir des bouts de leur vie privée rester durablement sur le Web. Certes, des screenshots peuvent contrer cette parade, mais les chiffres de croissance en font la success story du moment en matière de réseautage social. De 110 millions d’utilisateurs pendant ses neuf premiers mois d’existence, l’appli est, en effet, passée à 60 millions de nouveaux inscrits par jour au début du mois de février dernier. La fin de Myspace a sonné lorsque les ados l’ont quitté au profit de Facebook il y a cinq ans. L’Histoire, un éternel recommencent ?
 
 
Ph.: reporters/DPA

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