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19/03/2013

Le low-cost s’assume

La Libre, Momento, Routes, voitures, low-cost, DaciaEn Belgique aussi, les véhicules bon marché ont trouvé leur place.

Philippe Van Holle

DANS UN MARCHÉ OÙ LA TENDANCE, depuis plusieurs années, est à l’upgrading (avec des modèles qui montent constamment en gamme), il est un phénomène qui, paradoxalement, va dans la direction opposée : le low-cost.
 
Dans les années 1990, lorsque l’ancien P.-D.G. de Renault, Louis Schweitzer, avait émis l’idée de produire une voiture solide pour un prix compressé ne dépassant pas 5 000 €, beaucoup avaient haussé les épaules. S’entêtant, le fin stratège avait quand même réussi à convaincre le groupe d’acheter l’ancienne marque roumaine Dacia. C’était une idée de génie.
 
 
Aujourd’hui,Dacia – qui, en dépit d’un léger fléchissement en 2012, maintient bien le cap, malgré la crise – constitue pour ainsi dire la bouée de sauvetage de Renault, l’éclaircie dans la grisaille d’un marché qui souffre.
 
En 2013, Dacia a définitivement conquis sa place dans le paysage automobile européen. La preuve : elle a choisi le prestigieux Salon de Genève pour dévoiler la nouvelle version de sa Logan break (MCV).
 
La recette de la marque low-cost est simple : fabriquer un véhicule à moindre coût, offrant pourtant tous les équipements nécessaires, en faisant la chasse aux économies dans tous les domaines (production, logistique, marketing), tout en n’accordant aucune ristourne aux clients. Cette idée n’a pas été facile à imposer, à la fois en interne et en externe, car elle va à l’encontre du courant dominant selon lequel, on vous le disait, il faut monter en gamme. En clair, Renault réutilise au maximum les pièces existantes, enlève le superflu et discute régulièrement avec ses fournisseurs pour réduire toujours davantage les coûts.
 
Et ça marche ! Au point que la marque s’étoffe avec d’autres modèles que la Logan, telles la Sandero, la Duster, la Lodgy, la Dokker ou la Dokker Van.
 
 
Mais qui donc, de nos jours, achète une Dacia ? On ne peut pas dire qu’un seul profil d’acheteur se dégage vraiment. Il y a ceux, certainement, qui n’aiment pas la voiture, se fichent bien du prestige qu’elle peut apporter. Tout ce qu’ils veulent, c’est qu’elle roule et ne les laisse pas en plan. A ce titre, Dacia ne déçoit pas ses utilisateurs : elle se révèle robuste et fiable, deux qualités qui en valent des tonnes d’autres. Certains heureux propriétaires vont même jusqu’à vanter cette fiabilité au détriment de la maison mère. On ne vous fera pas un dessin ! Simplicité et fiabilité ont progressivement remplacé bas prix et faible coût.
 
Si, au début de son existence, Dacia séduisait surtout ceux qui, avant, achetaient des voitures d’occasion, les jeunes avec peu de moyens ou les personnes âgées qui n’avaient que faire d’une voiture plus sexy, la clientèle d’aujourd’hui assume plus clairement encore son choix, celui de se démarquer de la moyenne en acquérant un véhicule qui ne valorise pas l’ego social, mais remplit tout simplement une fonction essentielle : transporter des passagers d’un point à un autre, sans avoir dû casser sa tirelire…
 
 
Ph.: Dacia

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