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25/03/2013

Retour aux sources à Chimay

09_50_45_887129689_Chimay1.jpgLe domaine de Chimay a rouvert ses portes. Mais, outre ce trésor du patrimoine, les alentours valent aussi le détour.

Philippe Farcy

EN JUILLET 2005, SOUS LE numéro 309, nous avions publié une brève histoire de cette principauté au prestige immense acquis aux XVe, XVIe et XVIIe siècles par la grâce des comtes puis des princes de Croÿ. Chimay était, dès lors, entre les mains des seigneurs les plus puissants des Pays-Bas du Sud. La fin du XVIIe siècle puis le XVIIIe furent beaucoup plus discrets, à entendre Philippe de Caraman, prince de Chimay, qui organisait, la semaine passée, une visite à la presse pour le retour en lumière de la principauté chimacienne. Le domaine de Chimay rouvre ce 21 mars avec un bouillonnement d’idées, qui est une bénédiction pour notre patrimoine régional et national.
 
Les princes de Chimay (le titre demeure sur le château, quelle que soit la famille qui l’occupe) sont les héritiers des princes d’Arenberg, puis des comtes de Henin-Liétard qui s’étaient fait construire, au début du XVIe siècle, le fabuleux château de Boussu, près de Mons, sur des projets de Jacques du Broeucq, célèbre sculpteur. Par mariage, les Caraman se sont établis, ici, à la toute fin du XVIIIe siècle. Ils possédaient également le château très refait au XIXe siècle de Boussu, mais ce dernier explosa en 1944, car il abritait un stock important de bombes allemandes.
 
Chimay, donc, retrouve sa place au firmament du patrimoine belge. Le château, qui avait brûlé en 1935, fut totalement reconstruit. Seuls les murs restaient debout, de même que le théâtre creusé dans la roche. Il est le point d’orgue d’une visite dont Guy Duplat a parlé avec enthousiasme, lundi passé, dans les pages “Culture” de “La Libre”. Nous n’y reviendrons pas. Pour avoir une idée claire des travaux engendrés par la restauration du château, il faut aussi obligatoirement revoir “C’est du Belge”, diffusé le vendredi 15 mars. Là, on a vu que les travaux embellissaient également les étages. Le château est donc reparti pour septante ans. Tout cela par les grâces d’un amour simple et plein de drôlerie, qui est sans doute la plus belle histoire du château avec celle de la comtesse de Cabarrus, épouse du sieur Tallien (née à Madrid en 1775 – Chimay, 1835), puis du XVe prince de Chimay, dans la première moitié du XIXe siècle.
 
 
Mais Chimay, ce n’est pas que le château. Et le patrimoine de la cité est vaste. La collégiale Saint-Pierre et Saint-Paul vaut, elle aussi, le détour, du dehors comme du dedans, avec un guide, c’est mieux d’ailleurs, tant la demeure de Dieu possède une histoire complexe et un mobilier important. On y voit, entre autres, la tombe de Charles Ier de Croÿ, premier prince de Chimay et parrain de Charles Quint. Puis, il y a le petit hôtel de ville, de style Louis XV, un des plus étroits de Belgique, sans doute. Il est daté au fronton de 1724.
 
Parmi les belles maisons, il faut essayer de voir l’ancien hôtel Voghel, rue des Forges. C’est une demeure patricienne des années 1750-1760. L’ancien couvent des Récollets ne manque pas non plus d’allure. On trouve en ville quelques maisons de maîtres de forges comme le furent dans la région les Poschet, célèbres de Beaumont à Givet, en passant par Couvin. Puis, il y a encore la vielle ferme de la Tournebride qui appartenait à la princesse Adolphe de Chimay. C’est un bel édifice avec clocheton. L’ancien hôtel des Postes, dit aussi hôtel Savary, ne manque pas de charmes avec ses pilastres et son fronton. On peut le voir sur la place du Chapitre. Il fait partie des anciennes maisons des chanoines de la collégiale.
 
Non loin de Chimay, le petit village de Salles fut le lieu de naissance de sainte Monégonde, à moins qu’elle ne soit née à Orphin, sur la route de Chartres. A Virelles, on peut voir, à travers les arbres, le château des anciens comtes de Sousberghe, éteints depuis peu. Et n’oublions pas les charmants villages des environs. Il y a d’abord Aublain, placé sur une crête et qui s’étire de part et d’autre de la chaussée, avec l’église postée comme un cul-de-sac. A cinq kilomètres de là, on trouve Lompret qui, lui, joue avec une rivière. On peut y dormir dans l’hôtel de Franc Bois, tout en pierre bleue comme l’ensemble des fermes et maisons du village. C’est un des plus beaux villages de Wallonie. Puis, il y a Mâcon aussi, près de la frontière française, et quand on l’a passée, on arrive bien vite au superbe château de Trélon (aux princes de Merode). Et si on pousse un peu plus loin, ce sont les restes de l’abbaye de Liessies qui vous attendent. La région est donc très riche et mérite un long détour.
 
 
Ph.: Ph.Fy.

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