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14/04/2013

Comme un Apache dans Marrakeck

La Libre, Momento, Tendances, Marrakech, circuit, magasins, traditionsVisiter une cité inconnue, c’est prendre le risque de passer à côté d’elle sans l’avoir rencontrée. Mais dire que l’on a “fait Marrakech” avec un air impérieux est sans doute encore plus horripilant que le sentiment d’avoir été un peu touriste, sur les bords et au milieu.
Alors voilà, on a rencontré des Marrakchis qui ont fait, pour nous, parler les lieux, et on a aussi fait du commerce. Sans doute un peu Apache dans Marrakech, le sentiment d’étrangeté nous a plu.

En mode déambulatoire: Aurore Vaucelle, à Marrakech


Les jardins Majorelle

Dans la nouvelle ville de Marrakech, à Guéliz, là où l’administration coloniale française avait installé ses quartiers à la fin du XIXe siècle, la villa Majorelle a élu domicile. Imaginé par l’architecte nancéien Jacques Majorelle, l’endroit a des airs d’Eden ; les jardins regorgent d’essences végétales du monde entier. Dans les sixties, le lieu saisit Yves Saint Laurent et Pierre Bergé qui en firent leur demeure de ce côté de la Méditerranée. Une galerie expose les dessins que Saint Laurent envoyait à ces fidèles acheteurs, chaque année. Les motifs de ses affiches et papiers collés sont désormais repris sur foulards et tissus ouvragés.
Ph.: Reporters/LAIF


Mode et design frayent près de chez Saint Laurent

A quelques pas des jardins Majorelle, on ira faire un tour chez “33 rue Majorelle”, une boutique de mode et design où s’illustre la nouveauté marocaine. Une nouveauté qui mixe astucieusement culture occidentale et culture orientale. Exemple avec des bottines dorées très en vogue qui, pourtant, s’affublent de filaments de laine, comme on en voit au souk, et de petits sequins qui carillonnent quand on marche.
Ici, on repense aussi la maroquinerie pour donner un coup de fouet au style tradtionnel.


La Libre, Momento, Tendances, Marrakech, circuit, magasins, traditionsLe lieu du commerce et de la profusion

Une balade dans le souk confronte à l’art de la négociation. Si les Occidentaux se fâchent volontiers contre ce modèle commercial où le prix est sans cesse réinventé par le vendeur, on y voit une certaine philosophie de l’échange. Dans l’art du marchandage, chacun doit décider de quelle valeur l’objet est porteur. C’est une question complexe, qui nécessite discussion, car, de fait, l’acheteur devra connaître l’histoire de l’objet pour en chiffrer la valeur, mais aussi déterminer, dans son propre chef, quelle valeur il donne à son propre désir de posséder.
Ph.: Imago/Kraft/Reporters


La Libre, Momento, Tendances, Marrakech, circuit, magasins, traditionsUn art de vivre pas périmé

La visite du très beau Musée de la vie berbère, au cœur des jardins Majorelle, donne la vision d’une culture berbère loin d’être désuète. Certes, on y verra exposé le patrimoine matériel et immatériel de cette culture millénaire, mais les bijoux exposés nous rappellent ceux que l’on peut trouver dans le souk, fabriqués et vendus par les Berbères de l’Atlas.
Chez Nasser Eddine, n°9, souk Semmarine. Pièces historiques.
Ph.: Musée Berbère


Un hammam, façon luxe pudique

Difficile, parfois, de s’extirper de son statut d’étranger en vacances. Il existe, dans la médina, nombre de hammams ouverts à la population du quartier et dans lesquels les habitants se rendent, pour la modique somme de 10 dirhams, une fois par semaine. C’est un rituel bien institué, et l’on invite le touriste à s’y essayer. Craignant de déranger l’ordre établi dans des hammams presque familiaux de la vieille ville, on pourra se rendre dans des hammams très agréables qui ont fait de l’accueil des touristes l’une de leurs spécialités. Endroits idéaux pour les pudiques qui ne souhaiteraient pas être tout nus au hammam avec tout le quartier – car on sait que les Européens judéo-chrétiens sont un peu pudiques…
Les Bains de Marrakech, dans le quartier de Bab Agnaou, à deux pas des tombeaux saadiens, 17 € hammam et gommage.


La Libre, Momento, Tendances, Marrakech, circuit, magasins, traditionsUne certaine philosophie du pied

Au nord-est de la place Jemaa el-Fna, une fois passé le Café de France – où, dans un décor colonial vieilli, l’on mange de fabuleuses pastillas de poulet –, on s’enfonce dans les ruelles vers le quartier des tanneurs. Votre route rencontrera alors la boutique modeste de Mounir, chausseur pour dames, lieu de prédilection pour les fans de chaussures bien renseignées. Mounir fabrique des sandales sur mesure et selon le désir de chacune. Chaque souhait est exaucé, selon une philosophie du pied élégant et confortable.
Chez Mounir, 121, Derb Dabachi, une paire de sandales pour environ 15 €.
Ph.: A. Vaucelle


Le bijou qui n'appartient qu'à toi

Dans le dédale des souks, installé au côté des poissonniers, juste après les teinturiers, Mohammed vend des bijoux berbères et touaregs. Il raconte que c’est une tradition, pour les Berbères, de descendre des hauteurs de l’Atlas pour vendre leurs bijoux. “Il faut échanger ce que l’on a contre ce que la montagne ne nous offre pas, comme les poissons, les légumes.” Ainsi, dès les origines, les Berbères se sont faits vendeurs de leur savoir-faire… Il nous explique que les formes géométriques triangulaires sur les massifs pendentifs sont une évocation des monts de l’Atlas. Et rappelle que le bijou berbère est comme un talisman : “Il ne peut s’offrir, sous peine de porter malheur.”
Chez Mohammed Bakarou, à l’entrée du souk des épices, Rabah El Kidima, n°48.


 

La Libre, Momento, Tendances, Marrakech, circuit, magasins, traditionsDans un monde de teintures

Chez les teinturiers, on se fait tout petit quand ces hommes, recouverts de pigments, plongent les soies et les cotons dans des bains de couleurs. Les pigments proviennent tous de la nature, tour à tour issus d’un coquillage que l’on achète sur les côtes africaines, d’un pistil ou d’un minéral. Passé les teinturiers, on arrive aux colliers…
Ph.: Nicolas Thibaut/Photononstop/Reporters

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