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20/04/2013

Jeux de dupes

La Libre, Momento, Ludo, jeux de société, séries téléSouvent exploitée, jamais égalée : la télé, c’est pas du jeu !

Maître du jeu: Yves Cavalier


AUTANT LE DIRE SANS DÉTOURS : la transposition de séries télé en jeux de société, c’est en quelque sorte la galerie des horreurs de toutes les ludothèques… A de très rares exceptions près, aucune adaptation d’un feuilleton ou d’une série à succès n’a véritablement percé dans le monde des jeux. Et pour cause : c’est forcer le mariage de deux univers totalement différents et confronter des plaisirs qui sont aux antipodes l’un de l’autre.

Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé car les exemples sont finalement assez nombreux. Mais la plupart des titres qu’on peut évoquer ont généralement terminé leur carrière aux rayons soldes des boutiques ou entre deux boîtes de puzzle incomplets dans les brocantes printanières.

Les raisons de ces échecs à répétition ne sont pas très difficiles à cerner. Le jeu qui reprend le nom d’une série est l’exemple même du jeu “à thème plaqué”, c’est-à-dire du jeu dont les mécanismes n’ont aucun rapport avec le thème lui-même, lequel est là pour faire joli… et pour faire vendre. Un éditeur français, qui n’a pas publié que des daubes pourtant, s’est fait une spécialité de ces repiquages. Il s’agit de Tilsit Editions. On lui doit d’excellents titres (“Himalaya”, “Baron” ou “Maka Bana”) mais, à côté de cela, sa production en matière de jeux à thème piqué à la télé est réellement décevante.

On lui doit notamment “Buffy contre les vampires” (2001), “Charmed” (2005) ou “Largo Winch” (2002). Mais de toute évidence ces réalisations pêchent par trois énormes défauts : un matériel de médiocre qualité, des règles peu originales et laissant une part importante au hasard, et enfin une durée de vie très limitée dénotant un manque de profondeur dans la réalisation et dans les tests. Il y a bien quelques tentatives de faire mieux ou en tout cas autrement. Ainsi dans le jeu inspiré de “Friends” (2000), on joue entre équipes de filles et de garçons histoire de respecter l’esprit (?) de la série. Et puis on introduit aussi la notion de quiz. Et là il faut bien admettre que le principe du jeu permet de mieux coller au sujet : essayez donc de répondre à toutes les questions imaginables à propos des “Desperate Housewives” (2006) et vous serez le champion ou la championne du fan-club. Il faut bien admettre donc que cela peut détendre un apéritif un peu lent à démarrer ou une fin de dîner un peu lourde. Mais sans plus.

Par contre, pour les jeux d’actions et d’aventure, même dans le “Lost” (édité par Goliath en 2006), les tentatives d’innover et de recréer l’ambiance générique du thème se soldent par des échecs, en dépit de quelques bonnes idées. L’exploitation commerciale d’une licence est rarement source de succès.


Ph.: EPP / Reporters

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