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27/04/2013

Eden au Nord

La Libre, Momento, Escapade, Groningue, Pays-Bas, GroningenEt si les Pays-Bas avaient autre chose à offrir qu’Amsterdam et le gouda ? Que cachent, plus particulièrement, leurs limites septentrionales ? Méconnues, elles jouissent pourtant de paysages paisibles et d’étendues à couper le souffle. Bien loin des clichés, elles renferment des perles d’architecture et une qualité de vie hors du commun. Des provinces qui, c’est certain, valent le détour.
 
Envoyées dans le grand nord: Clio Boreux et Frédérique Masquelier


IL FAUT BIEN LE RECONNAÎTRE, on ne vient pas à Groningue par hasard. Située à l’extrême nord des Pays-Bas, coincée entre l’Allemagne et la province de la Frise, la ville de quelque 190 000 habitants se sent bien seule dans sa grande province. Pourtant, la belle a quelques atouts. Elle a d’ailleurs été désignée, en 2007, comme la ville dont les habitants sont les plus satisfaits. De quoi attiser la curiosité et donner l’envie de percer les secrets de la cité la plus importante du nord du pays.
 
Premier constat : Groningue n’est pas une ville à visiter, c’est une ville à vivre. C’est, en tout cas, ce qu’en disent ses habitants. Au premier abord, en effet, ce ne sont pas tant ses bâtiments remarquables – sa tour Martini, l’un des plus hauts clochers des Pays-Bas, sa Grand-Place, sa cathédrale Saint-Joseph… – et ses nombreuses attractions touristiques qui retiennent l’attention. Similaire en bien des points aux autres villes néerlandaises – elle regorge de canaux, de petites rues pavées, de pistes cyclables et autres péniches –, Groningue s’en distingue par l’énergie qu’elle dégage. Palpable dès les premiers instants, cette dynamique nouvelle, habile mélange de sentiment de liberté et d’exaltation, imprègne tout qui se décide à y passer quelques jours. Centre névralgique de la province éponyme, celle que l’on surnomme simplement “Stad” (la ville) ne peut que séduire celui qui choisira d’y déambuler. Cela étant, son attrait principal réside surtout dans les détails qui en font une ville d’exception : l’omniprésence du vélo et une vie étudiante trépidante.
 
A Groningue, plus encore qu’ailleurs, le vélo fait partie du paysage urbain. Ce n’est pas un hasard si tous la surnomment la “ville du vélo”. Qu’il pleuve, qu’il vente, tous y vont de leurs coups de pédales. Raison pour laquelle les infrastructures sont pensées avant tout pour les usagers de la petite reine, qu’il s’agisse des 145 km de pistes cyclables ou des impressionnants racks à vélos (les “fietsenrek”). Au point, parfois, d’aménager le code de la route à leur avantage. Durant la nuit, devant la faible fréquentation des routes par les automobilistes, les feux de signalisation restent à l’orange, assurant ainsi un flux plus régulier aux cyclistes.
 
L’utilisation presque exclusive du deux-roues offre souvent des tableaux étonnants : une maman et ses trois enfants juchés sur le même vélo, un cycliste qui roule une cigarette tout en pédalant, un jeune ramenant sa nouvelle télé chez lui tout en la maintenant tant bien que mal sur son porte-bagages ou encore un couple d’amoureux pédalant tout en se tenant la main…
 
 
Outre des inconditionnels de la bicyclette, Groningue compte près de 50 000 étudiants. A elles seules, l’université de Haze et la Rijksuniversiteit raflent près d’un quart de la population totale de la ville. Un ratio important qui permet à Groningue d’empocher le titre de ville des Pays-Bas dont la moyenne d’âge est la moins élevée. En effet, la moitié des habitants ont moins de 35 ans. Anecdotique ? Peut-être, mais pas sans conséquence pour autant. La jeunesse de sa population a permis à Groningue, pourtant isolée au nord de la province, de bénéficier d’un programme culturel riche et varié (et des subsides allant de pair…), multipliant les festivals et attirant des artistes reconnus.
 
Forte de cette concentration d’étudiants, Groningue a naturellement développé une vie nocturne trépidante. Chaque soir, le centre-ville attire une foule dense, prête à arpenter Poelestraat, le quartier des bars, clubs et restaurants, très animé à la nuit tombée. D’autant plus que, cerise sur le gâteau, l’absence légale de fermeture des établissements est de mise à Groningue. De quoi assurer aux visiteurs – jeunes et moins jeunes – une ambiance de folie jusqu’au bout de la nuit.
 
 
Schiermonnikoog
L'expérience ne serait pas complète sans un détour par Schiermonnikoog, au nord de Groningue. L’île au nom imprononçable pour un palais francophone regorge de possibilités pour se ressourcer et expérimenter un dépaysement total… à 40 minutes de la côte. A l’origine, l’île de la province frisonne était occupée par un monastère. Un passé dont elle tire son nom : “L’île des moines gris”. Aujourd’hui, Schiermonnikoog a été transformée en un parc national. Le mieux préservé des Pays-Bas, qui plus est. Si son activité principale est bien évidemment le tourisme, la commune a réussi à préserver son essence en faisant un pari assez risqué : interdire son accès à la voiture. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’effet est immédiat. Arrivés à bon port, un flot de citoyens stressés par la ville enfourchent leurs vélos, loués pour le week-end, avant de filer au vent, pressés par l’envie de libérer l’aventurier qui sommeille en eux. Délestée du bruit et du stress de la ville, Schiermonnikoog est une bulle à l’équilibre fragile, une escapade insolite qui permet de recharger ses batteries. Outre des balades à vélo, l’endroit offre une multitude de possibilités : qu’il s’agisse de promenades, de feux de camp sur la plage ou de l’immense joie de rouler à la nuit tombée, sans aucune lumière à l’horizon, de poser son vélo sur le bord de la route et de se coucher dans un champ pour observer les étoiles. Schiermonnikoog donne le sentiment insatiable de détenir un secret à garder précieusement, un luxe que peu d’entre nous peuvent se permettre : le temps.
 
 
Ph.: Clio Boreux

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