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29/04/2013

Batteries et pitreries

La Libre, Momento, Sorties, Fills MonkeyLes Fills Monkey sont deux batteurs qui ont le rythme dans la peau, et s’amusent avec la musique dans un show délirant. C’est l’“incredible drum show” au festival Juste Pour Rire.

Samuel Hoste


LE SOLEIL A BEAU JOUER À CACHE-CACHE avec les nuages en cette après-midi d’avril, deux Lyonnais survoltés réchauffent l’atmosphère. On les croirait tout droit sortis d’une pub pour des vitamines ou pour une marque de piles électriques bien connue… C’est que les Fills Monkey semblent ne jamais être à court d’énergie, de blagues et de bonne humeur. Yann Coste (34 ans) et Sébastien Rambaud (33 ans), tous deux batteurs hors pair, forment ce duo explosif et complice. Petits shorts d’écolier, chemise vintage, cravates et chaussettes assorties, bretelles ou gilet sans manches, leurs tenues de scène sont à leur image  : comique, décalée et un brin sale gosse sans jamais se prendre au sérieux ni être méchants.

Avec deux tables et tout ce qu’ils ont à portée de main, ils improvisent une batterie. Les baguettes volent dans tous les sens. Deux minutes plus tard, ce sont des tubes colorés qui font leur apparition. A chaque couleur correspond une note. Les deux compères font les pitres et tapent sur tout ce qu’ils trouvent, mais ce désordre n’est qu’apparent. En deux secondes, on est passé de “Billie Jean” à “Another one bites the dust” et bien d’autres classiques du rock qu’ils maîtrisent sur le bout des doigts  ! Incroyable.

D’où vient votre nom de scène, Fills Monkey  ?
Yann Coste : ah, c’est top secret  ! Juste un indice  : c’est de l’anglais…
Sébastien Rambaud  : bon, O.K., cette fois, c’est moi qui m’y colle. La première partie (Fills) vient du vocabulaire de la batterie, c’est un mot qu’on trouve sur les partitions de batterie (et qui signifie la libre interprétation des roulements, NdlR). Et la deuxième, c’est juste qu’on aime bien faire les singes. On trouvait que ça nous convenait bien à la fois la référence à la batterie et aux pitreries.

Deux batteurs sur scène, ce n’est pas commun, comment avez-vous commencé ce projet  ?
Y.C. : on s’est rencontrés autour de la batterie. En fait, on a tourné une pub ensemble en 2005 pour des cymbales. Tout de suite, le courant est bien passé, et on a fait les clowns. Ensuite, on s’est croisés pendant longtemps jusqu’à ce qu’en 2010, on décide de tenter l’aventure à fond.

Et qui a eu l’idée de vos tenues de scène assez improbables  ?
S.R.  : on a demandé à une amie musicienne qui est également designeuse, Lussi (in the sky), de nous aider à parfaire nos tenues. On tenait absolument à garder ce côté un peu sale gosse ou écolier. De plus, les shorts, c’est parfait pour faire de la batterie.

Vous vous considérez plutôt comme des humoristes ou des musiciens  ?
Y.C.  : au départ, on est des musiciens, et là, on évolue vers l’humour, mais on reste musiciens avant tout. Faire un spectacle sans la musique, ça n’aurait pas de sens.
S.R.  : on apporte un peu d’humour dans un milieu au final assez sérieux. Petit à petit, on a commencé à se tourner vers l’humour et le théâtre. C’est une longue évolution, ça fait à peu près huit ans qu’on a commencé à mettre ce spectacle au point. Donc, ça vient clairement de la musique, et plus on avance, et plus ça va clairement vers l’humour et le théâtre. D’ailleurs, c’est la première année où on fait des festivals d’humour.
Y.C.  : au niveau de l’identité, on a toujours été batteurs, on s’est toujours retrouvés au fond de la scène à accompagner des guitaristes, des chanteurs, etc. Là, on s’est mis un peu en avant et, du coup, on nous dit que nous sommes des comédiens. Mais on jongle et on danse aussi durant le spectacle. Ce qu’on aime, c’est d’être au carrefour d’un peu tous ces univers.

Comment décririez-vous votre spectacle  ?
S.R.  : c’est un spectacle qui est absolument tout public. Il est accessible de 7 à 77 ans comme on dit, mais notre record va de 16 mois à 96 ans.
Y.C.  : ce spectacle est vraiment accessible à tout le monde, même à un public qui ne comprend pas le français, car il n’y a pas de paroles, on utilise le “tapdada” (langage imaginaire composé uniquement de bruitage, NdlR).

Quels sont vos objectifs  ?
S.R.  : on sait que rien n’est jamais acquis et que tout peut s’arrêter du jour au lendemain. On espère durer le plus longtemps possible, du moins tant qu’on prendra du plaisir et qu’on en donnera.
Y.C.  : on savait qu’il y avait du potentiel, mais ce qui nous arrive est assez fou, et c’est grâce à notre producteur Claude François Junior. On compte continuer de développer notre spectacle et puis après, on verra. Mais si on pouvait jouer à New York ou au Japon, c’est vrai que ça serait génial. D’ailleurs, un de mes rêves, ce serait de confronter notre musique à d’autres cultures, d’aller présenter notre spectacle en Afrique, par exemple. Enfin, on reste concentrés sur notre objectif premier qui est de pouvoir en vivre, de prendre du plaisir et de donner du plaisir aux gens qui viennent nous voir.

Pour terminer, quelle serait votre devise  ?
Ensemble  : boum tchic et badaboum (en “tapdada”) !

“The incredible drum show”, le 3 mai, au Théâtre 140, à Schaerbeek. www.fillsmonkey.com


Ph.: Sébastien Gosset – vivement la photo

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