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29/04/2013

Ten Bosch, un délice royal

La Libre, Momento, Vie de château, Huis ten Bosch, La hayeCe château simple et distingué a toujours été une résidence de campagne. Situé au nord-est de La Haye, il abrite la famille de la reine Béatrix depuis 1981.

Philippe Farcy


L’ÉDIFICATION DE CETTE DEMEURE agreste débuta le 2 septembre 1645 par la pose de la première pierre. L’architecte fut Pieter Post (1608-1669). Pieter était le frère de Frans, célèbre paysagiste qui a dépeint des ports et des villes jusqu’au Brésil, alors sous protectorat néerlandais. Ses œuvres sont très rares et valent des fortunes. Pieter est l’architecte du superbe hôtel de ville de Maestricht et du magnifique château de Heeze, jadis terre des comtes de Hornes et des comtes de Renesse.

Ten Bosch devait être, et ce fut, bien peu de temps toutefois pour lui, la résidence d’été du stathouder (au service des Etats généraux des Province unies), le prince Frédéric-Henri d’Orange-Nassau (1584-1647). Il avait épousé la comtesse Amélie de Solms-Braunfels (1602-1675) qui devint dame de Turnhout, terre reçue comme cadeau du roi d’Espagne après le Traité de Westphalie en 1648. Frédéric-Henri, qui était baron de Diest, de Herstal et de Warneton, seigneur de Butgenbach et de Saint-Vith, aimait les garçons. Mais il avait dû se marier en 1625 pour continuer la lignée que son frère Maurice n’avait pu assumer. Ils étaient les fils de Guillaume Ier.

Le château ou plutôt le palais est composé de trois éléments. Au centre, se situe la partie la plus ancienne. Elle se distingue sur le parc par deux ailes en ressaut larges de trois travées. Le logis central en compte trois également. Deux fois, une travée forme les raccords avec les longues ailes latérales. Mais sur la cour d’honneur, le corps central accroche le regard par sa position en forte avancée, par son style néoclassique et par son enduit. Car le palais est totalement érigé en briques, sauf sur cette façade, où au sommet d’un large escalier d’honneur, de près de vingt degrés bordés de garde-corps animés de vases, sont alignées trois larges travées délimitées par quatre pilastres annelés, à chapiteaux corinthiens. Les hautes baies du rez sont en plein cintre. Une balustrade ajourée couronne cette façade. Au-dessus encore, on voit poindre un dôme à huit pans.

Sous ce dôme, se trouve l’une des plus belles salles baroques de l’art des Pays-Bas. Il s’agit d’une salle décorée de peinture glorifiant les actions de Frédéric-Henri. Jacques van Campen en a donné l’essentiel, mais le morceau de choix est le “Triomphe de Frédéric-Henri” peint en 1652 par Jacques Jordeans. Le bâtiment central est donc une sorte de mausolée, mais c’est aussi un lieu de réceptions officielles de la couronne néerlandaise. La reine et le futur roi Guillaume-Alexandre disposent du palais de Noordeinde, à La Haye, comme bureau.

Les ailes en obliques qui démarrent du bloc central ont été construites par Guillaume IV d’Orange-Nassau. L’aile dite de Wassenaer abrite les appartements de la reine Béatrix. L’autre aile, dite de La Haye, sert à recevoir les hôtes de marque.

De 1795 à 1813, le palais Ten Bosch sera francisé dans ce sens que tout le mobilier régional sera lentement remplacé par des meubles contemporains français, de style Louis XVI, Directoire puis Empire français. Il servira de résidence au frère de Napoléon, Louis (1778-1846), père de Napoléon III, empereur des Français. Louis, qui vécut un peu à Utrecht, un peu à Amsterdam, transforma momentanément le palais Ten Bosch en hôpital pour sauver des gens frappés par l’explosion d’un navire à Leyde en 1807. Avec Guillaume Ier qui sera aussi notre roi après le Congrès de Vienne, les Pays-Bas accueillent leur premier roi, et Ten Bosch servira à la famille royale sans discontinuer.


Ph.: Reporters / PPE

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