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11/05/2013

Le fandom “Game of Thrones”

La Libre, Momento, Derrière l'écran, Game of Thrones, fandomCe jeudi, dès 20 h 55 sur Be1, débute la 3e saison de “Game of Thrones” (1&2/10), suivant de très près la diffusion aux Etats-Unis, puisque le 7e épisode de la saison sera diffusé ce dimanche soir sur HBO. Retour sur un véritable phénomène qui dépasse largement le cadre des séries télé…

Aurélie Moreau


LE FANDOM : UNE COMMUNAUTÉ de fans vaste et active. Acclamée par la critique (quoique le recours excessif à la violence et au sexe soit critiqué), “Game of Thrones” est un phénomène international qui dépasse largement le cadre des séries télé et rassemble une véritable communauté de fans à travers le monde. Ils réalisent leur propre contenu audiovisuel autour de la série (parodies ou bonus), assistent à des réunions (“conventions”), publient et échangent des fanzines, écrivent leurs propres fanfictions. Ils font partie de ce que l’on appelle communément un fandom. Dans “World of Warcraft” (Wow) – l’un des plus populaires jeux de rôle en ligne –, certains joueurs reproduisent même leur propre générique.

Un collectif de chercheurs espagnols de l’université de Séville a également publié un recueil d’articles permettant d’analyser la série. “Rois, épées, cerfs et dragons” analyse non seulement le contenu de l’œuvre littéraire mais également les techniques de mise en image de la série ainsi que les méthodes publicitaires mises en place pour conquérir l’audimat.

Outre les sorties DVD, disques Blue-ray et la saga littéraire dont elle est s’inspire (lire plus bas), la série compte déjà de nombreux produits dérivés : livres de recettes, jeux de rôle, jeu vidéo, jeu de cartes, jeu de société, livres d’illustration, série de comics, jeu de figurines. Et la liste n’est pas exhaustive. Avec 4 280 000 téléchargements, “Game of Thrones” a été la série la plus piratée en 2012 selon les statistiques Bittorent (un logiciel de transfert de fichiers peer to peer). 80 % des téléchargements effectués provenaient d’autres pays que les Etats-Unis.

Un succès basé sur le buzz. On a déjà évoqué les raisons de son succès : au confluent de la littérature, du cinéma et du divertissement télé, “Game of Thrones” est une série hors norme. Mais son succès repose aussi sur le buzz, les discussions en ligne (notamment sur les réseaux sociaux) et sur une campagne qui intègre parfaitement les outils modernes de communication. On le sait, il n’y a pas meilleure publicité que le bouche-à-oreille. Et l’une des façons d’y parvenir est de cibler le “leader d’opinion” qui par sa notoriété, son expertise ou son activité sociale intensive influence les autres. Lorsqu’il exerce principalement son “influence” sur Internet, on parle alors d’e-influenceur. Or, c’est justement sur la toile que se situe le cœur de la stratégie marketing de la série.

Outre un site Internet officiel pour se tenir informé et un blog centré sur les coulisses et les “Making of”, HBO (chaîne qui diffuse la série aux Etats-Unis) possède également sa propre plateforme de diffusion permettant d’accéder à tous les contenus de la chaîne depuis tous les supports (PC, smartphones, tablettes, consoles de jeux vidéo, etc.), une encyclopédie interactive en ligne, un compte Facebook couplé à un compte Youtube, un compte Twitter, un Tumblr réunissant notamment les meilleures créations de fans et une pléiade d’application destinées aux smartphones et aux tablettes. Son compte Facebook compte aujourd’hui plus de 5 millions de fans et son compte Twitter, 589 556 followers.

Ses campagnes de pub transmedia, parfaitement ciblées, s’adressent – par des messages presque subliminaux – aux médias traditionnels exclusivement prestigieux (tels que le “New York Times”), génèrent l’attente et créent le buzz grâce à la “viralité” du Web. Le lancement de la troisième saison, début 2013, a ainsi pulvérisé les records d’HBO sur les réseaux sociaux. La bande-annonce a généré 163 000 likes, 6500 commentaires, 96 000 partages, 4500 retweets et près de 20 millions de vues sur YouTube. C’est donc en s’adressant à ces e-influenceurs, qui cristallisent le sentiment “général” des consommateurs, que “Game of Thrones” construit en partie sa réputation.

La saga littéraire retrouve une seconde jeunesse. Le 1er tome de la saga littéraire dont s’inspire la série télé, “A Game of Thrones” (publié en 1996 et écrit par George R. R. Martin), n’a pas été un best-seller. En revanche, tous les volumes suivants l’ont été et ont notamment intégré la “New York Times Best Seller List”, considérée aux Etats-Unis comme la liste de référence des meilleures ventes de livres.

La série télévisée – diffusée après la parution du tome 4 en VO et du tome 10 en version français – n’a donc pas créé le succès littéraire mais elle l’a très certainement renforcé. En effet, après la diffusion du premier épisode aux Etats-Unis, quinze millions de nouveaux exemplaires des quatre premiers tomes en VO ont été vendus. La saga est désormais traduite dans plus de vingt-cinq langues. En France, selon l’éditeur Charles Dupêchey (Pygmalion), “l’impact de la série a multiplié par 10 les ventes du dernier tome (le dixième en France, NdlR.). Alors vendus à hauteur de 8000 exemplaires, nous en avons maintenant vendu 35 000 sur les 55 000 qui ont déjà été réimprimés.”


Ph.: Be TV

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