Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

14/05/2013

Le fluo : récent  ?

La Libre, Momento, tendances, fluoCertains avaient voulu l’oublier, d’autres ont décidé qu’il avait encore des choses à raconter. Depuis quelques saisons, le fluo n’est plus cette couleur qui craint du boudin. On pourrait presque dire, vive les années 80 et leurs choix esthétiques perturbants – dont le fluo n’est que la partie immergée !
Allez, on se réconcilie avec la couleur néon qui, quoi qu’on en dise, raconte quelque chose sur notre société.

En mode revival : Aurore Vaucelle

HONNI PAR CERTAINS, le fluo a pourtant réussi à faire sa réapparition ces derniers temps, malgré son caractère tout, sauf consensuel. La faute à ces trentenaires – puisque ce sont eux le cœur de cible – qui veulent revivre l’émoi de leur enfance, lorsqu’ils étaient habillés en training polyamide total fluo, le tout accompagné de barrettes, de chaussettes et de lacets fluo. Même pas peur. Il fallait au moins cela pour être dans le coup. En son temps, on avait déjà émis un doute sur l’utilité de le porter en total look, mais ce questionnement n’avait pas fait long feu, le mieux avec le fluo dans les eighties, c’est de le porter de haut en bas, sans craindre d’aveugler son entourage. On repense d’ailleurs à ce sketch des Inconnus, où il est question d’être dans le vent pour trois filles qui sortent en boîte : “J’m’étais bien habillée, genre bandeau fluo, ceinture fluo et baskets fluo, tu vois ! Y’a un type qui passe à côté de moi et qui dit : ‘Tiens, ils ont mis un nouveau lampadaire’.” La claque pour Véro/Pascal Légitimus qui a raté son but d’être une fille bien en vue. Le fluo, lui aussi, connaît des paradoxes.
 
 
Depuis les années 80, cependant, le fluo a fait du chemin. D’abord, on ne le porte plus de façon excessive. Il est revenu, par touches, dans les accessoires et la déco de maison. Interrogée par l’AFP, Jayne Estève-Curé, “tendanceuse” dans un bureau de style et intervenante à l’Institut français de la Mode, rappelle que si, dans les années 80, le fluo avait pris de l’ampleur, c’était une manière de vaincre la morosité d’alors. Vaincre l’état d’esprit postcrise pétrolière. Le fluo accompagne une certaine tendance à la fête : on pense, notamment, à ces bracelets brillants portés dans la nuit des soirées déjantées.
 
Le fluo de notre époque est-il un moyen de lutter contre le gris du ciel ambiant ? La réflexion est un peu courte, peut-être, mais la mode, après tout, est un miroir du temps présent.
 
Moins agité que dans les eighties cependant, le fluo entre dans les intérieurs et dans les vestiaires. Et fait la fête au minimalisme en noir et blanc. Reste à savoir ce qu’il véhicule : kitcherie amusante ou tendance ultra-pointue ? Curieusement, le fluo se la joue modeste, il ne voudrait sans doute pas être trop moqué, car il a aussi un rôle très sérieux à jouer : c’est la couleur de la sécurité. On n’oublie pas son gilet jaune fluo sur le bord de la route, même si ce n’est pas très mode – Karl Lagerfeld avait joué le jeu récemment dans une campagne pour la sécurité routière en France.
 
Comme les feutres fluo que l’on trouve encore dans les plumiers des enfants, le fluo de maintenant souligne, mais jamais sans tout recouvrir; sinon, cela n’a plus de sens de rechercher la touche qui fait la différence. Et permet d’être remarqué.
 
 
Le fluo, comment on le porte ?
On pourrait dire que le fluo, par défaut, a tendance à faire peur aux foules. Soit parce qu’il est une réminiscence d’un temps passé qu’on n’a pas envie de revivre – les années 80, ce n’était pas forcément funny. Soit parce que l’on craint tout simplement de ressembler à un néon portatif, qui fait zéro façon discrétion. Soyez cependant sans crainte. Le fluo est top pour relever d’un ton une silhouette. Un sac en bandoulière jaune fluo, ça va avec rien ? Que nenni. Il sera parfait sur votre petit cuir préféré. Des chaussettes fluo dans des derbies vernies, c’est le chic assuré. Un T-shirt à bandes néons sous un blazer ? C’est top sans trop en faire. Le tout, en fait, vous l’aurez compris, c’est de ne pas porter le fluo en bloc, de crainte d’envoyer autant de signaux qu’un gendarme qui fait la circulation.
 
 
Ph.: Sécurité routière

12:00 Publié dans Tendances | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la libre, momento, tendances, fluo | |

Les commentaires sont fermés.