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14/05/2013

Une famille formidable

La Libre, Momento, Pixels, jeu vidéo, Injustice : les Dieux Sont Parmi NousA plus de septante ans, Superman et Batman ne sont pas prêts pour la retraite comme en témoigne “Injustice : les Dieux Sont Parmi Nous”. Un cross over des DC Comics signé du cocréateur de “Mortal Kombat”.

Aux manettes: Michi-Hiro Tamaï

CREUSER UN TUNNEL d’un hémisphère à l’autre du globe et balancer Superman dans un océan, de l’autre côté du noyau terrestre. Cette attaque lâchée par Doomsday (l’ennemi juré du héros en collants) est à l’image d’“Injustice: les Dieux Sont Parmi Nous” : dantesque et spectaculaire. Derrière ce moment fort du jeu vidéo aussi stupéfiant qu’un “Finish Him” (1) : Ed Boon, cocréateur du mythique “Mortal Kombat”. Inspiré par son retour gagnant sur le neuvième épisode de la saga-culte, le programmeur célèbre cette fois l’univers des DC Comics à coups de scène homérique. Les décors de ce jeu de combat, comme habités d’une personnalité, coupent, de fait, le souffle.
 
Nous avons conçu les arènes d’‘Injustice’ pour qu’elles s’animent d’une vie propre, pour que le joueur les perçoive comme un troisième personnage lors des duels”, détaille, posément, Ed Boon. “Lorsque vous développez un jeu avec des superhéros, quelqu’un comme Superman doit pouvoir prendre des voitures et d’autres objets qu’il croise pour se défendre. Mais Batman ne pourra pas le faire, ce qui déséquilibre les combats. L’idée d’un décor hyper-interactif est née de ce besoin d’équité entre les joueurs.”
 
Au-delà de la palette savante de coups basiques et spéciaux, le joueur peut donc projeter un adversaire dans le panneau d’une console électrifiée. Déclencher aussi le lancement d’une navette spatiale et, donc, brûler son adversaire via ses réacteurs. De quoi dessiner des sourires béats chez les gamers, mais également amener une certaine inégalité dans l’équilibre des combats. Tout le contraire de l’intention de base d’Ed Boon. Rien de bien grave toutefois à l’échelle du jeu.
 
Car Catwoman, Wonder Woman, Flash Gordon, Green Lantern et les autres donnent sans compter, tandis que les bibliothèques des DC Comics sont savamment pillées. Du QG sous terrain de Superman en Antarctique à l’asile psychiatrique de Gotham City, la plupart des quinze arènes du jeu sont étroitement liées à la vingtaine de superhéros castés pour le titre. “On a essayé de développer un style visuel unique pour ces personnages. Quelque chose qui soit propre à notre studio. Ni un comic ni un film donc. Les costumes de personnages ont été redessinés, tandis que certains de leurs coups spéciaux sont de pures inventions.”
 
 
Malgré cet effort louable qui est finalement assez proche des cases BD, la réalisation visuelle d’“Injustice” ne brille pas de mille feux. Ce manque de finesse, encroûté dans des tons gris assez dépressifs, est probablement imputable aux nombreuses animations en temps réel. Pour renforcer son côté volontairement “over the top”, “Injustice” fait, par exemple, trembler tous les instruments high-tech du repaire caverneux de Batman, lorsque ce dernier tombe simplement au sol. Une manière comme une autre pour Ed Boon de trouver un substitut intelligent à l’hémoglobine trash propre à la saga des “Mortal Kombat”. DC Comics sait veiller au grain.
 
Réalisé en 3D, mais vu de profil et se jouant comme un jeu de baston 2D, “Injustice : les Dieux Sont Parmis Nous” ne cherche de toute façon pas son inspiration sur ce terrain. Complétant une palette de trois coups de bases s’éloignant du modèle “Mortal Kombat”, les attaques spéciales en témoignent. Celle de Lex Luthor déclenche ainsi à distance le tir laser d’un satellite pour concentrer entre ses deux mains l’énergie du faisceau spatial, et projeter cette boule magnétique sur l’adversaire. Hors du champ purement ludique, NetherRealm Studios a toutefois eu carte blanche.
 
Batman, le Joker et Superman se croisent ainsi dans un scénario classique mais efficace. Une démarche de cross over dans l’air du temps comme l’illustre le succès de “The Avengers” sur grand écran, chez Marvel. A quand un “Mortal Kombat” vs “Street Fighter” ? “Tout le monde en veut un”, conclut sans hésiter Ed boon. “Mais jusqu’ici, ça coince plus au niveau business que chez nos développeurs.”

Injustice : les Dieux Sont Parmi Nous/Ed. – Dev. : Warner Bros. Interactive Entertainment et NeverRealm Studios/Prix : 60 €/âge : 18 +/PlayStation 3, Xbox 360 et Wii U/ 7 sur 10
 
(1) Coup de grâce sanglant porté à l’adversaire à l’issue de chaque joute dans “Mortal Kombat”.

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