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27/05/2013

Lovenjoul, une apparence de pauvreté

La Libre, Momento, Vie de château, LovenjoulQue reste-t-il de ce don magnifique du vicomte Charles de Spoelberch à l’UCL ? Des montagnes de briques, un château néo-classique pour plus tard et un autre néo-renaissance.

Philippe Farcy


LOVENJOUL (LOVENJOEL EN FLAMAND) était un fief ancien des vicomtes de Spoelberch. Plusieurs personnages firent parler d’eux en Brabant aux XVIe et XVIIe siècles. Notamment les faits héroïques de la défense de Louvain, en 1635, accomplis par Ferdinand van Spoelberch, fils de Jean-Baptiste, grand mayeur de Campenhout, fait chevalier en juin 1626 par la volonté de Ferdinand II d’Espagne. Ferdinand était né à Bruxelles en 1596. Il mourut à Louvain en 1675, et fut enterré aux Recollets. Le pape Alexandre VII le fit chevalier dans l’ordre du Christ roi. Il était le troisième sire de Lovenjoul qu’il releva en partie en 1627, puis pleinement en 1646. La branche de Lovenjoul dura jusqu’au vicomte Charles (1836-1907) qui fut un écrivain et un mécène, un botaniste et un bibliophile aussi.
 
Il était le fils de Maximilien et d’Hortense de Putte dont les armes ornaient les grilles des piliers du “Grand Parc” face à l’église. Les blasons ont été volés en 1996. Du côté du “Grand Parc”, se trouve sans doute le château néo-classique qui sert de lieu d’expositions et, récemment, des œuvres de Bart Ramaeckers. Charles de Spoelberch adorait la France, et lui donna son hôtel de maître situé presque en face du musée Charlier, à Bruxelles, entre le boulevard du Régent et la rue Zinner. Ce très bel immeuble abrite l’ambassade de France. Quant à ses livres, fameux pour l’Histoire littéraire française du XIXe siècle, ils ont été offerts à l’Institut de France qui a inséré dès l’origine la collection dans le domaine de Chantilly, reçu lui aussi par l’Institut grâce au don du duc d’Aumale. Il a fallu aménager un ancien couvent pour y conserver 40 000 livres, des milliers de périodes et 1 500 manuscrits. Cette présence dans l’Oise, mais pas oisive, dura de 1910 à 1987, puis tout a été rapatrié à l’Institut, en face du Louvre. On espère que les Français conservent mieux ce patrimoine que ce que l’on voit à côté de Louvain.
 
C’est un édifice tout en briques, jadis enduit en blanc, qui est construit en U et qui date peut-être du XVIIIe siècle à ses débuts, agrémenté, sans doute dans les années 1880, de décors néo-renaissants. L’écu des Spoelberch de même que des S en fer forgé figurent en de nombreux endroits. C’est un édifice simple, un peu trop bas avec son seul étage et demi, orné de lucarnes crénelées un peu trop voyantes. Le château s’étire sur neuf travées, en ce compris les baies des tours carrées en ressaut qui en limitent les bords. Les baies et les arêtes sont animées de pierre blanche pour les chaînages. Les ailes de retour sont à l’évidence de la fin du XIXe siècle. L’arrière du château sert de plaine de sport. La maison est vide et quasi à l’abandon. Le parc est on ne peut plus mal tenu. On ne visite pas, mais braver les interdits, cela a parfois du bon.

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