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17/06/2013

L’alimentation saine et durable, cela s'apprend

La Libre, Momento, Bien-être, alimentation saine, durable, enfants, maternelleQue ce soit sur les bancs de l’école ou en classes de forêt, ces principes – aujourd’hui incontournables – font l’objet d’animations diverses. Comme des balades au potager et des ateliers de cuisine au Domaine provincial de Chevetogne.


Reportage: Laurence Dardenne

L’HEURE DU REPAS A SONNÉ au Domaine provincial de Chevetogne. Dans le réfectoire, ça grouille de petits asticots qui se tortillent sur leur chaise. Ils sont les plus grands parmi les petits. Plus pour longtemps. L’an prochain, ils seront les petits chez les grands. En attendant, ils se demandent à quelle sauce ils vont être mangés pour ce premier repas des trois journées de classes vertes. Peut-être est-il heureux, finalement, qu’ils ne sachent pas encore lire le menu affiché à l’entrée : soupe de courgettes, cordon bleu de quorn, champignons et salade semoule. Allez savoir pourquoi, le vert, chez les bambins, ça ne passe pas. Le menu ne sera finalement pas celui-là. Et si les assiettes vides sont la preuve que la soupe a été appréciée, ce sont parfois les carottes ou le porc que les institutrices doivent encore donner à la becquée.
 
Comment inculquer l’importance d’une alimentation saine et durable aux plus jeunes ? C’est le défi que se sont lancé, entre autres, les directions de l’Enseignement, de l’Environnement et de la Santé publique de la Province et la firme Sodexo qui sert, chaque jour, quelque 250 000 repas. Depuis près de cinq ans à présent, son positionnement pour l’enfance est basé sur trois piliers fondamentaux, qui s’inscrivent dans une politique de santé, de préservation de l’environnement et de saveur via le positionnement “3 x Bon” : Bon pour la Vie, la Terre, le Goût.
 
Sur le terrain, cela a donné lieu à des actions concrètes comme le développement d’un réseau de producteurs locaux, le travail en circuit court, le respect de la saisonnalité, la promotion des produits issus d’une agriculture solidaire et responsable, l’adaptation des menus, la formation des chefs à l’utilisation de légumes oubliés, les animations pour les enfants et l’information pour les parents… Le défi n’est pas mince, car garantir les principes de durabilité, tout au long de l’année, à grande échelle et tout en assurant un niveau de qualité et de sécurité alimentaire identique reste une gageure.
 
Ces principes, mis en place dans les écoles et autres infrastructures accueillant des enfants, séduisent cependant un nombre croissant de convaincus. Parmi eux, les autorités provinciales namuroises, en charge des matières précitées. Dans ce cadre, le bucolique Domaine provincial de Chevetogne a été choisi comme laboratoire d’expérimentation, avec pour petits juges, les enfants en classes de forêt. Ils sont chaque année quelque 3 500 à passer par là…
 
Nous sommes bien conscients de ne pas disposer de la panacée en la matière, explique Coraline Absil, députée provinciale, et nous savons pertinemment qu’il faut près d’une génération pour changer des habitudes alimentaires bien ancrées. C’est pourquoi nous avons fait ce choix de nous adresser à la génération qui nous remplacera un jour.” Et l’on va plus loin encore, puisque l’on confie aux enfants la tâche d’éduquer leurs parents à ce niveau. “Le but est en effet de voir, suite à leur séjour au domaine, les enfants à leur tour sensibiliser leur famille et leur entourage et de consommer davantage de produits locaux et de saison”, confirme la jeune députée. Plus largement, l’objectif de cette démarche est triple : d’abord, sensibiliser à une alimentation saine; ensuite, introduire des produits du terroir et bio dans les établissements d’enseignement provinciaux et les collectivités locales; enfin, soutenir les filières de production courte et ainsi apporter un soutien aux agriculteurs locaux.
 
 
La Libre, Momento, Bien-être, alimentation saine, durable, enfants, maternelleEt pourquoi pas la confiture aux pissenlits ?
Faut-il l’appeler Dame Nature ou plutôt Miss Potager ? Plutôt la seconde option, semble-t-il. Horticultrice, Nathalie Canon a été engagée par Sodexo pour “accompagner les enfants sur le terrain”, dans la nature ou à la ferme. C’est ainsi qu’elle a planté dans le Domaine de Chevetogne, à quelques pas des chalets qui hébergent les classes de forêt, un petit potager où les bambins et les plus grands sont amenés à découvrir moult herbes qui pourront ensuite être utilisées lors d’ateliers de cuisine.
 
Nous faisons de la cuisine sauvage, nous dit-elle en caressant avec plaisir des feuilles d’orties fraîchement cueillies. L’idée est de leur faire prendre conscience qu’il existe dans le jardin toutes sortes de plantes que l’on peut manger. Il s’agit de les faire découvrir aux enfants et de leur (ré-)apprendre à goûter. Même les pâquerettes ou les pissenlits peuvent être utilisés dans des préparations, que ce soit des salades, des quiches, des confitures, des soupes… Cela dit, il faut aussi les avertir que tout n’est pas bon à manger pour autant.
 
La passoire sous le bras et les bottines aux pieds, Miss Potager s’en va donc à la cueillette, pour récolter ces trésors, une ribambelle de bambins à ses trousses. Qui, quelque temps plus tard, auront le bonheur de savourer avec délice une quiche aux orties, se laisser surprendre par un jus de sureau, découvrir la confiture aux pissenlits ou les beignets aux feuilles de consoude…
 
 
Ph.: Sodexo

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