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22/06/2013

Au beau milieu du Pacifique

La Libre, Momento, Escapade, Japon, îles YaeyamaOkinawa incarne le Japon tropical, mais le véritable paradis naturel de l’Archipel se trouve 1500 km au Sud, près du tropique du Cancer, où Ishigaki, Iriomote et 17 petits bouts de terre perdus dans l’océan forment les îles Yaeyama.

D’île en île: Valentin Dauchot

AVEC 50 000 HABITANTS et trois fois plus de touristes chaque année, Ishigaki aura bientôt un nouvel aéroport destiné à accueillir les Jumbo Jets. Pour l’instant, sa petite piste d’atterrissage réduit considérablement le nombre de visiteurs, et pour le voyageur qui débarque en maillot de bain prêt à consommer de la plage et de la randonnée tropicale, c’est une excellente nouvelle. Dès les premières secondes, l’île affiche sa singularité !
 
Petits baraquements japonais, distributeurs de boissons à tous les coins de rue, et restaurants de sushi en tous genres, auxquels viennent s’ajouter tous les ingrédients qui font le succès des vacances au soleil : plages de sable blanc sur la côte, jungle subtropicale en son sein, et pléthore de petits villages authentiques où cohabitent population locale et auberges de charme. Contrairement à la grande Okinawa Honto qui donne son nom à la préfecture et regroupe la plupart des îles du sud du Japon : pas de tourisme de masse ! Les infrastructures sont limitées, les sites accessibles et l’ambiance particulièrement détendue grâce au maintien d’une vie traditionnelle, des commerces locaux et de la grande facilité d’accès aux plages. Compte tenu de la rareté et du prix des bus, il est d’ailleurs vivement recommandé de prendre un vélo pour traverser champs et villages où la vie suit paisiblement son cours.
 
 
Au Nord, véritable kiosque de cartes postales, la petite ville de Kabira regroupe la plupart des sites intéressants, de la touristique et photogénique Kabira Bay, aux plages de Sukiji et Yonehara plus adaptées à la baignade, en passant par les innombrables sites de snorkling et de plongée offshore alimentés par la barrière de corail qui entoure l’île. Hors saison, vous ne trouverez personne pour troubler votre quiétude, et passerez la majeure partie de votre temps entièrement seul sur une gigantesque étendue de sable l’hiver venu qui affiche 20 degrés en moyenne et une eau tout à fait praticable pour quiconque s’est déjà aventuré en mer du Nord. Idéal pour se détendre deux, trois jours, mais un brin trop calme pour les amateurs de sensations fortes.
 
C’est à ce niveau que l’Archipel se distingue ! A moins de 15 minutes de bateau, la petite île de Taketomi regroupe à elle seule tous les vestiges d’une culture aujourd’hui disparue. Avant d’être envahies par un clan japonais en 1609 et d’être finalement annexées à l’Archipel en 1879, les îles du Sud formaient le Royaume de Ryu Kyu, aux pratiques bien distinctes de celles de leurs voisins. Une visite sur Taketomi constitue le seul et unique moyen de s’y replonger et de se faire une petite pause culturelle entre deux barbotages.
 
 
Pour les autres, en manque de jungle et d’activité physique, direction Iriomote, “dernière frontière du Japon”. Ici, même les rares restaurants visibles sur Ishigaki ont disparu pour céder entièrement la place aux forêts tropicales et marais d’eau douce propices au développement des mangroves qui recouvrent 90 % de l’île ! Les destinations les plus authentiques sont aussi les plus difficiles d’accès et vous ne trouverez pas grand monde pour converser en anglais, mais quelques hôtels offrent tout le confort nécessaire à un séjour familial, et une petite auberge locale offre chambres avec tatami et dîners locaux à très bon prix pour aller jusqu’au bout de l’immersion. La culture culinaire du Sud est également savoureuse mais moins raffinée que dans les grandes villes de Honshu (principale des quatre grandes îles qui composent le Japon, NdlR). Tout ou presque est passé à la friteuse : gambas, filets de porc, poissons locaux et même légumes.
 
 
La Libre, Momento, Escapade, Japon, îles YaeyamaL’estomac bien huilé, il ne reste plus qu’à faire une sieste ou se lancer corps et âme dans la principale activité de l’île : le kayak ! Incroyablement diversifiée compte tenu de sa superficie, Iriomote possède une végétation endémique alimentée par cinq rivières d’eau douce chargées en eau salée à l’approche de la côte. De quoi faire pousser cinq ou six espèces locales de mangroves dans des marais qui se visitent très facilement et se clôturent par une petite randonnée à pied jusqu’au sommet d’une chute d’eau. Pourtant, à peine descendu du kayak, le guide s’arrête ! Coincé au beau milieu du Pacifique, on envisage le pire, comme la présence d’un Habu, serpent à rayures particulièrement venimeux et antipathique, mais notre guide rassure. Il renifle énergiquement une piste et annonce avoir détecté la présence d’un cochon sauvage dont la chasse est l’une des activités principales d’Iriomite pendant l’hiver. Aussi féroce que disgracieuse, cet équivalent tropical de notre sanglier ardent n’en est pas moins délicieux et se décline en une vingtaine de recettes locales.
 
D’une densité remarquable, l’intérieur des terres fournit en outre l’une des rares matières premières dont le Japon bénéficie en abondance : l’eau de source. Elle est exportée et utilisée dans les deux ou trois villages côtiers réputés, eux aussi, pour leurs plages paradisiaques. A l’image de Funauki, petit bourg de pêcheurs situé de l’autre côté de l’île, qui donne accès à une plage de sable blanc absolument sublime et épargnée par le tourisme. Si le chauffeur grognon du seul bus en circulation accepte de vous y déposer, le voyage vaut largement le détour et clôture parfaitement ce séjour de l’autre côté du monde.
 
 
Ph.: V. Dauchot

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