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24/06/2013

Cap sur les Pyrénées

La Libre, Momento, Escapade, Pyrénées, Tour de France, véloSynonymes de Tour de France, elles offrent aussi un riche passé, des loisirs actifs et de la détente.

Parcours: Jacques Laruelle

SAINT-GIRONS, LUCHON, Bagnères-de-Bigorre : des noms que tous les amateurs du Tour de France ne peuvent ignorer. Ils évoquent les Pyrénées et ses cols mythiques : Tourmalet, Aspin, Aubisque, qui font la légende de la Grande Boucle.
 
On n’imagine que cet événement suivi par des millions de personnes ne passe pas par les Pyrénées. Le premier détour dans ces montagnes date de 1910. Depuis lors, rares ont été les tours à les éviter. Cela a été dernièrement le cas en 1992 : un traumatisme dans la région et une déception pour les amateurs de la petite reine.
 
Depuis lors, les responsables locaux ont véritablement “bétonné” le passage de la caravane dans la région. Mais ces Pyrénées ont beaucoup plus à offrir qu’une simple vision à travers la petite lucarne. Il faut se rendre sur place. L’étape-phare des Pyrénées de ce Tour 2013 peut être un guide précieux. Mais il faut prendre le temps et pouvoir s’écarter du chemin emprunté par les coureurs.
 
La neuvième étape, programmée le dimanche 7 juillet, reliera Saint-Girons à Bagnères-de-Bigorre, en passant notamment par le col de Portet d’Aspet – où une stèle évoque la chute mortelle dans la descente de l’Italien Fabio Casartelli en 1995 –, le col de Mente, ou encore le col de Peyresourde. Ce sont autant de sommets entre 1 000 et 1 600 mètres.
 
 
Mais peu connaissent Saint-Lizier, cette commune située dans l’aire urbaine de Saint-Girons, d’où partiront les coureurs. C’est pourtant un petit bijou. On est ici dans l’Ariège, en pays couserans, riche en traditions.
 
Saint-Lizier (1 500 habitants) a été une cité épiscopale entre le VIe siècle et la Révolution française. Qui dit évêque dit cathédrale. Saint-Lizier en compte deux. La plus jolie est située dans la partie basse de la ville : c’est Saint-Lizier avec ses fresques romanes où dominent l’ocre et le gris-bleu. Si l’on observe bien, on constate que l’édifice est désaxé. Car il a fallu suivre la roche, disent les géologues. A l’image du Christ sur la croix, rétorquent les catholiques.
 
Elle est bordée par un Hôtel-Dieu avec sa pharmacie, “conservée dans son jus”, dans l’état de 1764. C’est un bijou : meubles de merisier avec ses 50 tiroirs numérotés, divisé par deux, pots de faïence pour conserver les potions, table d’opération avec ses instruments d’époque qui font quelque peu froid dans le dos.
 
Un petit chemin escarpé monte vers la cathédrale de Sède, installée dans la partie haute du village où l’on a la meilleure vue. Elle avait été transformée en hôpital psychiatrique. Récemment, on y a découvert – et restauré – les peintures murales du XVIe siècle.
 
 
C’est aussi un nom mythique : le Tourmalet. Mais il n’est pas nécessaire de l’escalader sur un deux-roues. Pourquoi ne pas se rendre au Pic du Midi qui, comme son nom ne l’indique pas est au cœur des Pyrénées ? On y accède par un téléphérique, au départ de La Mongie (à 1 800 mètres d’altitude), dans le Tourmalet pour rallier le sommet (2 877 mètres).
 
Ce Pic du Midi, c’est un peu le phare des Pyrénées. Du sommet, on peut embrasser du regard toute la chaîne des Pyrénées, de la Catalogne au Pays Basque. L’horizon s’ouvre sur plus de 300 kilomètres de montagnes. Sa spécificité, c’est sa lumière particulière et la stabilité de son atmosphère. La Nasa y avait installé en 1963 un télescope pour cartographier la surface lunaire lors des missions Apollo.
 
A côté de sa vocation scientifique et au-delà du panorama à partir d’une terrasse, un intéressant espace muséographique retrace les jalons de l’aventure que fut celle des pionniers du Pic du Midi. Il est possible d’y passer la nuit – c’est évidemment (très) cher – dans les anciennes chambres réhabilitées des chercheurs. Mais c’est un véritable tête-à-tête avec les étoiles, enrichi par les explications d’un astronome. Le Pic du Midi s’est lancé un défi sur le plan gastronomique : cuisiner en altitude reste une difficulté. L’eau bout à 92° et complique la cuisson des aliments plongés dans un bouillon, l’air sec assèche plus vite les aliments (30 % d’oxygène en moins), la perception des saveurs change avec l’altitude, la cuisson est obligatoirement faite à l’électricité.
 
 
Les Pyrénées, ce sont évidemment les montagnes, à l’écart de toute pollution. Mais ce que peut-être l’on sait moins, c’est que s’y nichent des villes d’eau. Ainsi Luchon, fréquente ville-étape du Tour de France. Luchon est connue pour ses eaux riches en soufre et ses thermes. Ou Bagnères-de-Bigorre, où arriveront cette année les coureurs de la Grande Boucle. Les eaux thermales y étaient déjà exploitées par les Romains. Les curistes y viennent pour les traitements en ORL, voies respiratoires et rhumatologie. Luchon comme Bagnères-de-Bigorre ont développé une architecture thermale au fil des ans. C’est là un charme un peu suranné, qui n’est pas, par certains aspects, sans rappeler Spa. Et c’est formidablement apaisant, après une journée dans l’air pur des Pyrénées.
 
 
A bicyclette…
Toulouse. Au Sud, c’est le Canal du Midi, inscrit au patrimoine mondial; au Nord, c’est le Canal de la Garonne : deux endroits prisés des cyclotouristes. Proximité de l’eau, navigation des péniches, passage des écluses, ombrage permanent des grands platanes qui bordent les anciens chemins de halage rendent ce parcours attrayant. En amont et aval de Toulouse, ce sont 121 kilomètres de pistes gravillonnées ou de terre, sur lesquelles il est préférable de choisir un vélo tout chemin.
http://www.af3v.org/midi-pyrenees.html
La route des cols. Les cols du Tour de France sont accessibles au fil d’une ascension à la demi-journée, d’un circuit à la journée ou d’une plus longue itinérance. Ils forment un tout cohérent, spectaculaire en traversant le massif pyrénéen. Un jalonnement des cols a été mis en place, donnant des repères et encourageant à atteindre le sommet. A chaque kilomètre de la montée, un panneau indique la distance jusqu’au sommet, le pourcentage de la pente et l’altitude.
www.tourisme-hautes-pyrenees.com www.ariegepyrenees.com, rubrique vélo
Le Pic du Midi. Les amateurs de VTT peuvent s’élancer du Pic du Midi et parcourir plus de 1700 mètres de dénivelé. Deux téléphériques par jour sont réservés à trente amoureux du vélo. Point besoin d’être un grand cycliste. Mais il convient de disposer d’un matériel approprié (casque, genouillères, gants, VTT avec suspensions).
 
 
Ph.: CRT Midi-Pyrénées/Dominique VIET

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