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22/07/2013

A vélo, de Bayeux au Mont-Saint-Michel

lalibre,momento,escapade,normandie,vélo,bayeux,mont saint-michel,véloroute,basse-normandieUne véloroute a été récemment inaugurée en Basse-Normandie. Longue de 200 km, elle va des plages du Débarquement au Mont-Saint-Michel. Elle offre un parcours magnifique où alternent lieux historiques et une nature variée et bucolique. Un enchantement !

Coup de pédale : Ariane van Caloen


LE 7 JUIN 1944, AU LENDEMAIN du Débarquement des Alliés sur les plages de Normandie, la première ville à avoir été libérée par les troupes britanniques est Bayeux. Au cœur des combats, la cité est, avec Honfleur, la seule ville de Normandie à avoir été totalement épargnée par les bombardements. Soixante-neuf ans plus tard, elle garde ce charme désuet de la petite ville provinciale française, avec ses ruelles bordées de maisons fleuries, son parc, son marché animé, sa cathédrale et, bien sûr, sa tapisserie.
Cette “tapisserie de la reine Mathilde”, datant du XIe siècle et reconnue comme patrimoine de l’Unesco, raconte la bataille d’Hastings, au terme de laquelle Guillaume, duc de Normandie, devint roi d’Angleterre. Exposée dans l’ancien Séminaire, un joli bâtiment du XVIIe siècle, elle apparaît comme une formidable bande dessinée géante du Moyen Age. Grâce à un audioguide très bien fait, on plonge dans un des moments cruciaux de l’Histoire médiévale de l’Europe occidentale. Cela dure 20 minutes, qui passent comme quelques secondes.
Bayeux est aussi un haut lieu de l’Eglise catholique de France. Ancienne ville gallo-romaine, elle eut son premier évêque au IVe siècle. C’est dans l’ancien palais épiscopal qu’est installé le tout nouveau MAHB (Musée d’Art et d’Histoire Baron Gérard). “Il compte 5000 objets pour 5 000 ans d’histoire. C’est un musée à vocation pédagogique où collections et édifices se répondent”, souligne le conservateur, Antoine Verney.
Eclectique, ce musée a peu d’œuvres de premier plan mais permet de s’imprégner du passé, avec, notamment, ce tribunal installé après la Révolution française dans l’ancienne salle d’audience de l’Evêque, d’où on peut admirer ce majestueux platane, baptisé “arbre de la liberté” pour avoir été planté juste après la Révolution.
Tout ça pour dire que la ville vaut le détour. On comprend volontiers pourquoi elle est un des points de passage de la véloroute, qui vient d’être inaugurée. Cette véloroute offre un parcours magnifique de plus de 200 km en Basse-Normandie, où alternent des lieux historiques et un splendide patrimoine naturel.
Avec pas mal de tronçons “verts” où les voitures sont interdites, la véloroute permet de découvrir cette si belle campagne normande, réputée pour ses jolies prairies peuplées de vaches et de chevaux, ses pommiers en fleurs, ses manoirs, ses châteaux au fond d’une allée boisée. Cela monte et ça descend un peu, mais pas trop. Il y a des longs passages plats. On passe tout près du viaduc de Souleuvre, où ceux qui aiment les sensations fortes peuvent faire du saut à l’élastique ou d’autres activités de ce genre. On traverse les marais du Cotentin. Si on a un peu de chance, on aperçoit des nids de cigognes. En longeant la Vire, on aperçoit le haras national de Saint-Lô. On est dans le pays du cheval. On rencontre des pêcheurs, tout de kaki vêtus, qui sont partis ferrer le saumon et le brochet.
Le point de départ de cette balade à vélo peut se faire des plages du Débarquement, plus exactement d’Utah Beach, où débarqua le 8e régiment de la 4e division (américaine) du général Barton. Un lieu tellement symbolique. On peut aussi partir d’Arromanches, où l’on aperçoit encore les vestiges du port artificiel construit peu de temps après le Débarquement. Le lieu est moins chargé d’émotion. La Deuxième Guerre mondiale y est toutefois commémorée dans le cinéma circulaire situé en haut des falaises, où un nouveau film est proposé depuis quelques mois. Il s’intitule “Les 100 jours de Normandie”. Ce film d’une vingtaine de minutes raconte, au travers non pas d’un texte mais d’images d’archives venues du monde entier, la Bataille de Normandie, de la préparation du Débarquement à la libération de Paris. Une bataille qui a duré trois mois et qui a fait plus de 90000 morts et 100000 disparus. C’est aussi un hommage aux 20000 civils qui ont péri sous les bombardements. On est dans le visuel et l’émotionnel plus que dans l’explicatif. Ce film vise notamment à sensibiliser la jeune génération à la Deuxième Guerre mondiale.
Au fil de la balade, les impressions se succèdent et sont tout en contraste. De l’évocation émouvante de la guerre, on passe à la majesté de la cathédrale de Bayeux ou aux sensations procurées par la nature. Toutes les sensations, du chant de la rivière à l’air pur du bord de mer, sans oublier le bonheur d’admirer des paysages variés.
Mais le plus beau est encore à venir. C’est la dernière étape, celle qui mène au Mont-Saint-Michel. Elle commence dans la campagne normande. Après quelques kilomètres, on arrive dans les polders de la baie du Mont. Les vaches ont cédé la place aux fameux moutons des prés salés. Cela fait penser à nos polders. La nature est paisible. Et puis arrive le moment fort. Celui où on voit, pour la première fois, le Mont-Saint-Michel à plusieurs kilomètres à vol d’oiseau. Quelques tournants plus loin, on a une nouvelle vue. Et puis encore une autre. Et puis la ligne droite finale qui mène à ce qui fut un haut lieu de pèlerinage au Moyen Age. C’est époustouflant de beauté. La vue qu’on a sur la baie de la terrasse Ouest est spectaculaire. Elle fait oublier les petites rues bondées et pleines de magasins.
 
 
Épinglé
Le coin gourmand. Découvrir la Normandie, c’est aussi découvrir sa gastronomie, qui ne se limite pas à une crêpe flambée au Calvados… Côté salé, on a envie de commencer par la panoplie de fruits de mer. Avec une mention spéciale pour la coquille Saint-Jacques. Pour les amateurs de ce crustacé, il y a quatre fêtes de la coquille au début de la saison (vers octobre-novembre) dans le Calvados.
A goûter aussi, les innombrables poissons. Ils se marient très bien, paraît-il, avec le poiré. Cette boisson faite à base de poires est plus fine que le cidre.
Côté viande, il y a quelques spécialités locales, comme le cochon de Bayeux au cidre qu’aime à préparer Jean-Vincent Boutry, qui tient la maison d’hôtes “La Maison des Bigorneaux”, à Port-en-Bessin.
A ne pas oublier, les fromages de la région (possédant l’appellation d’origine contrôlée) : le Camembert, le Pont-l’Evêque, le Livarot et le Neufchâtel.
Côté sucré, on ne peut évidemment pas passer sous silence la galette (gorgée de beurre normand…) Saint-Michel. (AvC)

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