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22/07/2013

Death in Paradise : polar pour la plage

tshidimba.jpgParfum d’Agatha Christie pour cette coproduction poli- cière entre France 2 et la BBC. A suivre le lundi à 20 h 45.
 
Karin Tshidimba


TOUT COMMENCE AVEC l’arrivée sous le soleil tonitruant de la petite île de Sainte-Marie de l’inspecteur Richard Poole, arrivé en droite ligne de Londres avec costume, cravate et serviette en cuir. Célibataire, coincé, asocial, et allergique aux fruits de mer, il est la parfaite caricature de l’Englishman coincé sous les tropiques sans tongs ni short. Une véritable plaie pour la petite équipe de police locale qu’il dédaigne souverainement pour son soi-disant “amateurisme”.
Face à lui, de jeunes policiers zélés et compétents qui pallient largement la faiblesse de leurs moyens techniques par une excellente connaissance du terrain et de la population, l’inspectrice Camille Bordey, métisse d’origine française, en tête. Dans ce rôle, on reconnaît Sara Martins, vue dans “Pigalle la nuit” et “Signature”.
Death in ParadiseH H est une série parfaitement taillée pour l’été et France 2 qui la laissait croupir au fond d’un tiroir depuis octobre 2011 a sans doute bien choisi le moment pour la ressortir. D’autant que la série a déjà fait ses preuves ailleurs, en récoltant un joli succès outre-Manche : 7 millions de téléspectateurs en moyenne pour les deux saisons (soit 16 épisodes au total) déjà diffusées. On ignore, en revanche, ce qui empêchait France 2 de lui donner le feu vert.
Fruit d’une collaboration franco-britannique, cette série créée par Robert Thorogood suit Richard Poole, enquêteur parfaitement tweed & gentleman lors de son parachutage dans les Caraïbes pour les besoins d’une enquête un peu tordue. Baptisée “Meurtre au paradis”, dans sa version française, cette série portée par Ben Miller et Sara Martins soigne sa bonne humeur en surfant avec malice sur les clichés de la rencontre de deux univers que tout oppose.
Le premier épisode est lent et empli de clichés, mais ensuite la magie des lieux opère peu à peu et France 2 a sans doute bien fait de tabler sur l’été pour cette diffusion pleine de couleurs et d’exotisme. Bien sûr, connaissant la qualité de la production britannique, on se serait attendu à davantage d’innovation et d’âpreté, mais l’option retenue est visiblement celle de la lecture décalée d’une “survie” en milieu (faussement) hostile. On assiste donc aux tentatives désespérées du Detective Inspector (DI) Poole de retrouver ses repères comportementaux et olfactifs ainsi que ses habitudes alimentaires sous les tropiques.
Un parfum d’Agatha Christie ou d’inspecteur Barnaby, pour l’intrigue, et un dévoilement final à la Hercule Poirot – avec reconstitution, étape par étape, des faits et gestes des protagonistes de l’affaire –, ajoutent à l’atmosphère bigarrée de ce classique du duo policier  : le flic méthodique, rabat-joie et coincé et la jolie fliquette intuitive et fonceuse. Un duo digne d’un bon polar d’été à savourer un cocktail à la main. La réussite de la série, en termes d’atmosphère, doit beaucoup à l’interprétation créative, pleine d’humour et le plus souvent excédée de Ben Miller, farouche défenseur de l’Earl grey, des preuves scientifiques et du roastbeef. Dans cet ordre.

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