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29/07/2013

Eby Brouzakis, l’atout charme de la RTBF

12_25_25_106869384_Eby_Brouzakis1.jpgLes passionnés de sport en radio connaissent déjà la voix d’Eby Brouzakis. Cette semaine, ils ont découvert son visage à la présentation du “15 minutes”, sur La deux.
 
Entretien
Lauranne Garitte (st.)


Vous avez présenté le “15 minutes” durant une semaine. Comment avez-vous atterri au JT, alors que vous êtes, à la base, journaliste sportif à la radio ?
Il y a environ deux ans, Tanguy Dumortier quittait la présentation du JT et un casting était organisé. Plusieurs collègues m’ont dit de foncer, rien que pour essayer. Même juste pour le fun, pour voir ce que donnait ma bouille à la télévision.
Et votre bouille donnait plutôt bien…
Apparemment, oui (rires). J’ai passé le casting sans prétention et j’ai été repris parmi les six candidats. Je suis donc parti en formation à Paris pendant une semaine. C’était intensif. Au début, j’avais les yeux qui allaient dans tous les sens. En une semaine, j’ai appris à affirmer davantage mon regard.
Une fois rentré en Belgique, vous avez directement présenté le JT ?
Non, pas tout de suite. Je voulais rester au sport. Depuis que je suis tout petit, j’ai toujours rêvé de commenter des matches de foot. Du coup, quitter ma passion, même pour le JT, c’était délicat…
Vous avez donc fait votre apparition sur les écrans petit à petit.
Exactement. Depuis peu, je jongle entre la radio et la télévision. Il y a un an, j’ai d’abord coprésenté les Jeux olympiques. Et cette semaine, j’ai tenté l’expérience du “15 minutes”.
Certains médias parlent de vous comme le “Harry Roselmack de la RTBF”. Qu’en pensez-vous ?
J’aime bien cette comparaison parce qu’Harry Roselmack est plutôt canon (rires). Plus sérieusement, c’est flatteur de me comparer à lui car c’est un excellent journaliste.
En vous choisissant, la RTBF voulait-elle faire le buzz ?
Si la RTBF voulait miser et buzzer sur ma couleur de peau, elle l’aurait fait depuis plus longtemps. Il y a douze ans, j’étais déjà black.
Vous n’êtes pas fier d’être le premier présentateur noir de la RTBF ?
Je ne suis ni fier ni honteux. Être noir, c’est une caractéristique physique au même titre qu’être blond ou roux. Ce qui importe avant tout, c’est d’être télégénique. Je sais que ma couleur de peau n’a été ni un élément déclencheur ni un frein. Cela aurait d’ailleurs été réducteur et dommage de me faire présenter le JT juste parce que je suis black.
Et pas n’importe quel JT. Le “15 minutes” existe depuis peu. Selon vous, ce journal a-t-il trouvé sa place dans le paysage de l’information belge ?
Pour moi, oui. L’objectif du “15 minutes” était de viser un public jeune qui n’a qu’un quart d’heure pour écouter l’actualité, tout en gardant de la rigueur et de la précision dans l’information. Selon moi, ces objectifs sont remplis. Le “15 minutes” est d’ailleurs devenu un rendez-vous indispensable.
Entre information généraliste et sportive, votre cœur balance ?
Je suis d’abord journaliste avant d’être journaliste sportif. Ma passion, c’est l’information. Mais c’est vrai que j’ai acquis une connaissance plus approfondie du sport qui était ma spécialité. Pendant cinq jours, j’ai donc été retiré de mon milieu (sportif) naturel pour attaquer autre chose.
Et s’il fallait choisir entre télévision et radio ?
J’aime beaucoup l’exercice télé, mais je suis viscéralement attaché au sport radio. Quand j’étais petit, je prenais un malin plaisir à écouter les journalistes commenter des matches à la radio. Je me dis que c’est un peu à mon tour de faire vibrer mes auditeurs.
Votre attitude à la radio est-elle différente de celle à la télévision ?
Mon attitude dépend plutôt du sujet. Quand je commente un match de foot, je suis moi-même. Même s’il y a une défaite, ce n’est jamais un drame. Quand j’annonce une mauvaise nouvelle au JT, je dois canaliser mon tempérament convivial et souriant.
A l’avenir, on vous écoutera à la radio ou on vous verra à la télévision ?
Je reste à la disposition de ma hiérarchie s’ils ont besoin de renfort en télévision. Mais dimanche, je commente un match. La télévision n’a jamais été une obsession pour moi. Beaucoup de gens de mon village pensent que passer de la radio à la télévision, c’est comme monter de la division 2 à la division 1. Selon moi, revenir faire de la radio, ce n’est pas dramatique. Au contraire.

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