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29/07/2013

Madrid, ville avec vue

09_55_27_078240095_Madrid_iPhone_008.jpgLa capitale espagnole enchante l'oeil.
 
Les yeux dans la ville
Frédérique Masquelier



AVEC UNE ALTITUDE MOYENNE de 667 mètres, Madrid est l’une des capitales les plus hautes d’Europe. C’est dire si elle est prédestinée à collectionner les jolies vues. Des vues que l’on admire depuis les terrasses de ses hauts immeubles, comme celles de ses splendides palais – le Palais des Communications détenant, à ce titre, la palme de la plus extraordinaire vue sur la ville –, mais aussi en flânant nonchalamment sur ses longues avenues – Gran Vía en tête –, ou tout simplement au détour d’une des ruelles qui s’entrelacent avec grâce dans son cœur historique, montant et qui descendant à l’envi. Des vues plongeantes, à perte de vue, des perspectives linéaires et… atmosphériques (!), des panoramas, des portraits et, surtout, des paysages. Madrid est résolument une ville qui se déguste… avec les yeux.
 
14_54_57_325023430_IMG_1960.jpgLa plus belle vue sur Madrid est celle que l’on a depuis le belvédère du Palais des Communications (Palacio Cibeles), perché à 70 mètres de haut. La capitale s’offre à perte de vue, étalant sous les yeux de ses admirateurs sa Gran Vía, sa Plaza de Cibeles, sa Puerta d’Alcala et toute la Promenade de l’Art. On ne se lasse pas d’en faire le tour.
 
  
16_06_31_870881324_Reporters_2076523highres.jpgEn plein centre de Madrid, coincé entre la Puerta del Sol et le palais royal, le quartier des Habsbourg est l’un des mieux conservés de la ville. C’est aussi le plus noble, fort de ses imposants immeubles en pierre, ses couvents reclus derrière leurs murs et ses nombreuses églises. Dédale de petites rues ombragées au détour desquelles les perspectives se suivent et ne se ressemblent pas, il est le témoin de l’époque de Philippe II de Habsbourg, qui transforma Madrid en capitale dès le XVIe siècle. L’Arco de Cuchilleros (ci-contre) est l’une des six entrées menant aux arcades de la célèbre Plaza Mayor, au centre de laquelle trône une statue équestre de Philippe II. Lieu de rendez-vous madrilène par excellence, la place est le théâtre de nombreux événements publics – des corridas au marché de Noël –, quand elle n’est pas envahie de terrasses, les beaux jours venus.
 
  
14_40_04_727486287_02-Edificio_Sabatii.jpgLa Promenade de l’Art, longue de presque trois kilomètres, offre, elle aussi, son lot de vues intéressantes. Depuis la Bibliothèque nationale jusqu’à la Casa Encendida, les perspectives offertes par le Paseo de Recoletos, le Paseo del Prado et la Ronda de Atocha forment une balade agréable, slalomant entre les musées et les espaces d’exposition. Parmi les incontournables, les musées du Prado, Thyssen-Bornemisza et Reina Sofía (ci-contre). Ce dernier, créé en 1988, est logé dans l’ancien Hôpital général de Madrid, construit par Philippe II au XVIe siècle. Le succès et l’élargissement des collections du musée ont conduit ses responsables à décider d’une extension résolument moderne, réalisée par l’architecte français Jean Nouvel (2005). Depuis les deux ascenseurs de verre vêtus agrippés à la façade de l’aile ancienne, la vue sur Madrid est imprenable.
 
 
15_44_42_984165358_IMG_1996.jpgOutre les vues… urbaines, d’autres paysages attirent l’œil du visiteur. Et ce, d’autant plus après une longue journée de déambulation, voire aux heures les plus chaudes… Le centre de Madrid est, en effet, truffé de parcs et autres jardins, où il fait bon se prélasser à l’ombre des grands arbres ou se détendre autour d’un pique-nique. Outre les Jardines del Campo del Moro, véritable poumon vert de la ville, en contrebas du palais royal et de la Catedral de la Almudena, le Parque del Retiro qui lui fait face, derrière la Promenade de l’Art, est lui aussi un havre de paix en pleine effervescence citadine. Le parc (XVIIe siècle) abrite un étang, que l’on peut arpenter de bord en bord en barque, mais aussi une roseraie et deux palais, dont le Palacio de Cristal (ci-contre). Vestige de l’exposition coloniale de 1887, le palais accueille à présent diverses expositions, d’art moderne entre autres.
 
 
15_02_16_016168600_IMG_1964.jpgOù que l’on soit à Madrid, le regard croise, à l’arrière-plan, l’une ou l’autre des Cuatro Torres, qui s’élèvent depuis le nord de la Castellana. La plus haute, la Torre Caja Madrid, enfile ses étages sur 250 mètres, narguant la Torre de Cristal (249 m), et dépassant largement la Torre Sacyr Vallehermoso (236 m) et la Torre Espacio (223 m). En comparaison, la Torre de Colón (116 m, 1976, ci-contre) fait pâle figure. Ces profils élancés sont le fruit de l’une des deux tendances architecturales qui caractérisent la capitale espagnole depuis le début du XXIe siècle : l’avant-gardisme. La seconde étant l’accent mis sur le développement durable. Autres exemples d’un Madrid à la croisée entre deux siècles : le terminal aéroportuaire T4, le Caixa Forum, la Caja Mágica, ainsi que les modifications orchestrées par Jean Nouvel au musée Reina Sofía et par Moneo au musée du Prado.
 
 
15_11_18_697902106_IMG_2015.jpgIl est loin le temps où le Manzanares était noyé au milieu du périphérique madrilène. En 2006, l’autoroute M30 est enterrée en vue du grand projet d’aménagement des rives du fleuve : Madrid Río. Quatre ans plus tard, le résultat est bluffant : l’espace, qui n’était même pas sur la carte touristique auparavant, a retrouvé un éclat nouveau. Consacré entièrement à la détente, aux loisirs et aux activités sportives, Madrid Río forme une promenade de 42 kilomètres de sentiers piétons, reliés à l’Anneau vert, un réseau de pistes cyclables entourant la capitale. Le tout agrémenté de 26000 arbres plantés, de belvédères design, de plans d’eau, brumisateurs et autres jets d’eau, mais aussi de 33 ponts et passerelles reliant les deux rives entre elles. Au bout de la promenade, le Matadero, ancien abattoir désaffecté, est à présent le plus grand centre culturel du sud de l’Europe.
 
 
15_37_47_061152304_IMG_1931.jpgIl est d’autres vues qui plaisent tant aux yeux qu’aux papilles… Comme celles, hautes en couleur et en saveur, des étals des marchés et des alignements de tapas au centre d’une belle tablée. Madrid a d’ailleurs réuni les deux, ramenant l’art des tapas aux premiers, leur point de départ. Dans les marchés de San Miguel, habillé de verre et de ferronneries (ci-contre), et de San Antón, espace ouvert polyvalent, on retrouve Madrilènes et visiteurs panier sous le bras, en pleine conversation ou attablés autour d’un verre et ses inséparables tapas. Les deux marchés ont été rénovés avec soin pour devenir les nouveaux emblèmes de la capitale. On y passe des huîtres et leur cava mousseux au foie gras poêlé, des plats de croquettes à ceux de charcuterie, et ce jusque tard dans la nuit. Sans oublier la célèbre tortilla, dont la meilleure recette se déguste à San Miguel !
 
 

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