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03/08/2013

Le Verdon à gorges déployées

La Libre, Momento, Escapade, Alpes, Haute-Provence, Verdon, gorgesSi le Colorado a son canyon, le Verdon aussi. Comparaison n’est certes pas raison mais ses gorges sont les plus profondes d’Europe. Vertigineuses, elles se découvrent de diverses manières, canyoning, escalade ou canoë. A moins d’opter pour le paisible Lac de Sainte-Croix et le romantique village de Moustiers.

A l'aventure: Laurence Bertels


DE LA PLACE DU VILLAGE de Forcalquier, où l’on boit le pastis à l’ombre des platanes, au Bistrot de Pays, à Niozelles, à une heure de Marseille, on compare volontiers le canyon du Verdon à celui du Colorado. Exagéré ? A peine… Car en Europe, ce site protégé est le plus grand du genre. Il suffit de s’arrêter au Belvédère de la Carrelle, sur la route des Crêtes, pour s’en convaincre. Un seul regard vertigineux et la profondeur des roches vous prend… aux gorges. A moins que l’envie d’escalade vous titille la cheville, celle du canyoning les mollets, et le désir du rafting, le poignet. Autant de possibilités offertes par cette rivière longue de 175 kilomètres dont les eaux vives brillent comme l’émeraude.

Pas moins de cinq barrages, construits dans les années septante, en façonnent et rythment le débit, variable selon les lâchers d’eau. A la grande joie des aventuriers. Les plus téméraires profitent de la hauteur des parois, qui flirte parfois avec les 700 mètres, pour s’essayer à la via ferrata. Les plus contemplatifs laissent leur regard se perdre dans une végétation diversifiée, des pinèdes aux hêtraies en passant par la garrigue et la saxifrage à feuilles opposées qui se glisse dans les roches. Le tout, en imaginant les conditions dantesques dans lesquelles ces gorges ont été découvertes, au début du siècle dernier, par deux explorateurs courageux, le célèbre Edouard Martel et Isidore Blanc, un ancien instituteur poète naturaliste de la région, réhabilité depuis que le sentier Martel a été rebaptisé Blanc-Martel. Les deux hommes n’ont pu mener à bien leur expédition tant elle était difficile en ce Verdon qui avait parfois de véritables allures de Styx. Il fallait en outre creuser à la pelle, à la pioche et à la dynamite. Comme aima si souvent le raconter Jean Cauvin, le boulanger reconverti en Taxi Poète. L’homme ramenait souvent les gens à bon port quand il ne contait pas les légendes du coin à la terrasse du bistrot ou sur la place du village. Il récitait aussi les poésies d’Isidore Blanc. Et si vous désirez en savoir plus sur l’histoire de la découverte des gorges, rien de tel qu’un petit tour au Château de Palud, devenu musée et véritable porte d’entrée du site, un site classé de surcroît. Une protection qui permet aux lieux de garder leur couleur nature et de ne pas, comme on nous l’avait promis, avoir changé depuis quarante ans. Tout y est en effet resté intact, du vert grisant des eaux tumultueuses au bleu turquoise et presque irréel du lac de Sainte-Croix qui s’offre en contrebas de Moustiers-Sainte-Marie, l’un des plus beaux villages de France et, surtout, des plus romantiques avec cette étoile accrochée aux falaises au-dessus de la chapelle Notre-Dame de Beauvoir. C’est là, en haut du chemin de croix, que les pèlerins venaient faire baptiser leurs enfants morts pour leur offrir une sépulture digne de ce nom.

Mais d’où vient l’étoile ? Plusieurs légendes subsistent. La version “Roméo et Juliette” raconte qu’empêchés de s’aimer, deux amoureux se seraient jetés du haut des falaises. Leurs parents auraient ensuite accroché l’étoile entre les deux pics. L’autre version dit qu’épargnés par l’épidémie de peste au Moyen Age, les villageois ont pendu une étoile en guise de remerciement. A moins que l’histoire, la vraie, soit celle prisée par le poète Frédéric Mistral à propos du chevalier parti en croisade et ayant fait vœu de suspendre une étoile sur les hauteurs de Moustiers, lieu mythique, célèbre pour sa faïence, au croisement de la Via Romana et de la Via Domitia.

De là-haut, on croit dominer l’Europe. Et grande se fait l’envie de flâner en ce village occupé par des moines, d’où son nom, au Ve siècle après Jésus-Christ, de s’y restaurer et de rêver à la sieste au bord du lac de Sainte-Croix, là où le silence est roi puisque les bateaux à moteur y sont interdits. Un lieu paradisiaque, ces 22 hectares d’eau douce aux rivages sauvages. On en oublierait presque qu’il fallut, voici quarante ans, noyer le village de Salles sur Verdon pour mener à bien le projet et que trente fermes agricoles sombrèrent dans l’aventure. Que ce passé, même important, ne trouble pas la quiétude des vacanciers qui ont choisi les eaux du lac, propices à une baignade plus douce qu’ailleurs ainsi qu’aux sports nautiques et bords de planning enivrants.

Infos : www.alpes-haute-provence.com


La Libre, Momento, Escapade, Alpes, Haute-Provence, Verdon, gorgesVu d'en haut

Côté ciel, et en raison de leur relief, les Alpes-de-Haute-Provence réjouissent les amateurs d’altitude, de liberté et de sensations fortes grâce au parapente. La région est aussi celle de la montgolfière à bord de laquelle on peut survoler en toute quiétude les champs de lavande, le pays des Maures, vestiges des fonds marins, la sauge sclarée et les terres du pays de Forcalquier en apercevant au loin le Mont Ventoux, les Alpes et le fameux Massif des Ecrins. Quelques coups de gaz et la nacelle (750 kilos tout de même) s’envole à plus de mille mètres d’altitude parfois et à une vitesse avoisinant les vingt nœuds (environ 40 km/h). C’est d’ailleurs la vitesse du vent qui donne au ballon la direction à suivre. Il suffit, pour jouir d’un tel paysage, de se lever de bonne heure. La montgolfière décolle en effet à 6 heures du matin, ou en fin de journée, lorsque les vents sont stables. Les préparatifs sont déjà tout un voyage tant il est impressionnant de voir ces 13 000 mètres cubes enfler sous nos yeux, nacelle couchée à terre. Praticable de mars à novembre, voilà une activité qui fait toujours rêver et séduit jusqu’aux plus âgés. Il n’y a en effet pas de limite d’âge pour un baptême de l’air ni pour prendre un peu de hauteur, en toute sérénité.

Infos : Office de tourisme intercommunal du Pays de Forcalquier et Montagne de Lure/tél : 00.33. (0) 4.92.75.10.02 ou oti@forcalquier.com. Prix : De 149 à 239 €.


Ph.: ADT04

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