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11/08/2013

L’or des Macédoniens

La Libre, Momento, Escapade, Thessalonique, GrèceAlliant histoire, mer et nature, la Macédoine grecque reste préservée des grandes foules touristiques. L’idéal pour des vacances décontractées sous le signe de l’archéologie ou de la détente en famille.

 
Découverte: Alice Siniscalchi

SURVOLANT L’IMMENSE PLAINE de Thessalonique, baignée de soleil, nous comprenons sans difficulté pourquoi le chef-lieu de la région de Macédoine centrale fut une ville tant convoitée tout au long de son histoire. Avec ses 2 200 km² d’étendue, cette plaine, deuxième en Grèce après celle de Thessalie, est sillonnée par quatre fleuves qui en assurent la fertilité : l’Axios, le Ghallikos, le Loudias, l’Aliakmonas. Lorsque les rizières et les cultures d’arbres fruitiers, de blé, de coton et de tabac cèdent leur place aux eaux du golfe Thermaïque, Thessalonique montre son âme maritime qui en a fait, pendant des siècles, un port commercial de première importance sur la Méditerranée.
 
C’est au printemps ou à la fin de l’été, lorsque le climat est agréable et la chaleur pas encore caniculaire, que la deuxième ville de Grèce – après Athènes – dégage tout son charme. Destination touristique éminemment culturelle et commerciale, elle se situe cependant au cœur d’une région, la Macédoine centrale, offrant, au-delà de son histoire millénaire qui vaudrait à elle seule le détour, une nature préservée. La Chalcidique recèle des plages d’une beauté rare, à tel point que “l’on se croirait aux Maldives”, comme s’en vantent les Macédoniens eux-mêmes. Braqué sur d’autres destinations grecques plus populaires, le touriste étranger n’a pas encore levé le voile sur cette surprenante découverte qu’est la Macédoine hellénique.
 
 
Depuis les fenêtres du bus qui nous amène de l’aéroport au centre-ville, la vue de zonings industriels déglingués à la périphérie de Salonique – nom turc de Thessalonique – nous laisse un peu perplexes. L’accueil gastronomique sera, par contre, de tout autre teneur. Comment résister, d’ailleurs, à cette explosion de saveurs et de couleurs qu’est la cuisine grecque ? A côté des grands classiques – moussaka, salade grecque (choriatiki), viandes grillées, tzatziki –, nous goûtons pour la première fois aux délicieux pougi, des aumônières de pâte brisée farcies avec du fromage, du jambon, des champignons. Des mets locaux, il y en a pour tous les palais. Petit clin d’œil aux gourmands qui s’attarderont dans les nombreuses boulangeries de Salonique : bougatsa, galaktoboureko, koulouri sont les incontournables du petit-déjeuner, mais aussi parfaits pour un snack savoureux. Attention, il ne s’agit pas uniquement de sucreries, mais de pâtisseries hybrides alliant influences orientales et occidentales.
 
La Libre, Momento, Escapade, Thessalonique, GrèceDes emplacements historiques de toutes les époques aux terrasses de front de mer, en passant par Ladadika, agréable quartier de la vie nocturne où de jeunes musiciens se produisent librement dans une ambiance très décontractée, Salonique ne manque de rien. Ville universitaire, ville de congrès, mais surtout ville cosmopolite de par son passé, elle revendique aussi l’héritage d’Alexandre le Grand, du philosophe Aristote, et compte, parmi ses illustres citoyens, le fondateur de la République turque Mustafa Kemal Atatürk.
 
Il n’y a pas de meilleur point de départ pour s’engager sur la trame du temps que le musée archéologique. L’exposition permanente “L’or des Macédoniens” nous fait remonter jusqu’à la fondation de la ville à travers ses trésors : une myriade d’objets précieux provenant de cimetières archaïques et classiques. Se dégageant de ces derniers, de sublimes couronnes en feuilles et fleurs d’or, des masques, des bijoux de remarquable facture et, en pièce maîtresse, un grand cratère en bronze doré illustrant la vie de Dionysos.
 
Rares sont ceux qui savent que la ville doit son nom à la princesse Thessalonikè, fille de Philippe II, roi des Macédoniens, et sœur d’Alexandre le Grand. C’est en son honneur que son mari, Cassandre de Macédoine, fonda et baptisa la ville en 315 av. J.-C. Le nom de la princesse éponyme commémorant une victoire des Macédoniens sur les Thessaliens.
 
Au lendemain de la chute du royaume de Macédoine, Thessalonique est englobée par la République romaine (146 av. J.-C.). Nombreux sont les vestiges romains dont la ville est parsemée : entre autres, la Rotonde, temple romain puis église byzantine reconvertie en mosquée durant la période ottomane, l’arc de Galère et le forum romain.
 
Depuis la Tour du Trigone, nous pouvons contempler un panorama unique de la cité. De là, on distingue clairement les quartiers reconstruits après l’incendie de 1917, qui s’étirent vers la mer, et les anciennes maisons qui ont échappé au désastre, reconnaissables à leurs toits en tuiles rouges. La Tour du Trigone, qui fait partie des fortifications d’origine byzantine du côté nord-est de la ville, salue comme à travers un miroir la Tour blanche, située côté sud-est, l’emblème même de Thessalonique.
 
Avant de s’évader vers les pointes turquoise d’Halkidiki (Chalcidique), on ne peut pas quitter la ville sans avoir rendu hommage à la Basilique de Saint-Dimitri, haut lieu du martyre de cet ermite des débuts de la chrétienté.
 
 
Et maintenant, cap sur Sithonia, deuxième péninsule d’Halkidiki, située entre les pointes de Kassandra et du Mont Athos, où nous vous conseillons de passer quelques jours de détente, loin du bruit de la ville, mais avec un large panel d’activités à votre disposition. Nous avons privilégié le farniente
La Chalcidique, facilement reconnaissable sur une carte, ressemble à un trident. Arrivés à Porto Carras, sur le versant ouest de la péninsule de Sithonia, nous n’avons pas résisté, au coucher de soleil, à la tentation d’une baignade rafraîchissante. Où que l’on se place, le parfum des pins maritimes embaume l’air. Cerné par ce géant bleu qu’est la mer Egée, le domaine vinicole de Porto Carras s’étend sur 475 hectares et génère plusieurs qualités de vin, délicieuses et inattendument bon marché. Nous avons dégusté la Malagouzia, un blanc légèrement sucré que nous vous recommandons, au même titre que le Melissanthi, pas très fort et fruité, sans oublier le Limnio, un rouge aromatisé au poivre et à la cannelle, qui fut le vin préféré d’Aristote, natif de Stageira, un peu plus au Nord.
 
Nous avons porté le voyage jusqu’à l’extrémité du cap, à Porto Koufo, où nous avons à nouveau flâné sur la plage, pour ensuite remonter vers Vourvourou. Ces havres de paix se prêtent idéalement à un tourisme convivial et familial. Il faut néanmoins envisager la voiture comme moyen de transport, pour profiter de ces endroits un peu reculés.
 
Pour qui a le temps devant lui, ces petits bijoux se démultiplient au fil des jours, offrant au voyageur les plaisirs uniques de l’intimité et de la découverte.
 
 
Ph.: Thessaloniki Tourism Organisation

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