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17/08/2013

Steenburg, entre oubli et déclin

La Libre, Momento, Vie de château, Steenburg, France, ZylofCe château, situé à 10 km de Bergues, profite d’un parc qui l’isole des immenses champs et du village
de Steene.

Philippe Farcy


À L’ENTRÉE DU PARC gît une ancienne banderole de métal rouillé où l’on lit “Château de Steenburg 1574”. Ce panneau date sans doute du temps, pas si lointain, où le château servait de restaurant. Cette fonction commerciale semble l’avoir maintenu dans un état de présentation attrayant. Ce n’est plus guère le cas maintenant et le parc n’est plus entretenu. Le château l’est encore, mais avec des oublis du côté de la tour nord où la toiture en poivrière octogonale, couverte d’une épaisse toile plastifiée, est percée et laisse les eaux se répandre. On imagine les dégâts qui vont se faire jour si rien n’est entrepris. Des quatre tours octogonales, c’est la seule qui présente un danger. Les autres sont en bon état et le château itou. Dommage que les abords de cette belle maison ne soient pas tenus comme ils l’étaient en 1989 quand l’inspecteur du patrimoine est passé par là. La fiche de Steenburg se voit sur l’extraordinaire base de données “Mérimée” du ministère de la Culture française. La photo d’avant 1892 montre le château dans son jus quand les briques jaunes, quand elles sont anciennes et rouges pour les plus récentes, et la pierre de tuffeau pour les chaînages n’avaient pas encore été enduites.
 
Nous sommes donc dans les plaines de la Flandre française, pas très loin de Dunkerque, dans ce coin de France où l’on réapprend le flamand aux jeunes écoliers et où tout, sauf les pavillons modernes, rappelle notre pays, distant d’à peine 20 km. C’est à la faveur de notre série sur les villages de la côte belge (cet été dans votre quotidien) que nous passâmes par ici et le crochet en valait la peine, avec Esquelbecq en prime (on y viendra plus tard).
 
On appelle également cette maison le château Zylof, du nom d’un de ses anciens propriétaires. Mais il vint bien après la période médiévale qui signale un castel au village dès 1317. Jacques Thiébaut, professeur à Lille III, a rédigé la notice du château parue dans les “Dictionnaires des Châteaux de France”, aux éditions Berger-Levrault en 1978. L’auteur signale qu’une autre seigneurie vit le jour, ici, dans la seconde moitié du XVIe siècle, érigée par un sieur de la Rape, membre d’une puissante famille berguoise. Le bien passa à un fils puis à une fille du fils sans doute, épouse de Jean le Vaillant, sire d’Hangest en Arnèke, un peu au sud d’Esquelbecq. En 1679, le domaine a été vendu à Jacques Zylof et resta dans sa descendance jusqu’à la fin du XIXe siècle, période où il fut restauré et “amélioré”. Le château dessine un U et ses ailes sont sommées de toitures en pavillon à crénelages ou ailerons baroques. En 1892, la cour d’honneur, très étroite et ornée d’une tourelle d’escalier sans doute, était encore défendue par un petit mur et une entrée charretière réduite au minimum. Le pont de pierre présentait deux garde-corps de petite taille et quatre piliers d’un mètre de haut. Tout cela a disparu, sauf le pont bien sûr. Des grilles font barrage désormais. Les travaux du XIXe siècle finissant, visibles de l’extérieur, se limitent aux fenêtres, ajoutées ou transformées. Le château ne manque pas de pittoresque et il est très proche stylistiquement de celui de Zuthove, à Renescure (à voir sur www. westhoekpedia.org), dit Jacques Thiébaut. Le château de Steenburg est inscrit à l’Inventaire. Le village de Steene possède une très belle église fondée au XIVe siècle.
 
On ne visite pas, mais la maison se voit de la rue.
 
 
Ph.: Ph. Fy.

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