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24/08/2013

Stourhead, un voyage initiatique

La Libre, Momento, Dehors, jardin, à l'anglaise, StourheadLes jardins “à l’anglaise” font rêver. Dès le XVIIIe siècle, ils révolutionnent l’art du jardin. Paysage et campagne y sont à l’honneur.

En balade: Marie Pascale Vasseur et Marie Noëlle Cruysmans

STOURHEAD, DOMAINE situé dans le Wiltshire au sud des Cotswolds et au nord du Dorset, ne laisse personne indifférent. Depuis 1946, il appartient au National Trust, asbl se chargeant de préserver le patrimoine naturel, culturel et historique du Royaume-Uni, en ce compris la nature et les jardins. Sans aucun doute l’organisation non étatique pour la conservation du patrimoine la plus importante en Europe.
 
 
Stourhead naît en 1714. Conçu par les Henry Hoare père et fils appartenant à une famille de banquiers et de gentleman gardeners passionnés de jardinage à leurs heures perdues. Le parc est principalement l’œuvre du fils. A une époque où le rapport à la nature change complètement. Plus question de la dominer et de la géométriser comme au siècle passé, règne du jardin formel à la française, de Versailles et de Le Nôtre. Au contraire, cette fois, il est temps de rendre hommage à Dame Nature, un jardin à part entière. Adieu les lignes droites, les cordeaux, les règles strictes, l’axe central et les dessins de broderies de buis. Honneur aux lignes sinueuses, souples et irrégulières. Elles accentuent l’impression de naturel. Originaire d’Angleterre, ce jardinage “à l’anglaise” dominera toute l’Europe jusqu’à la fin du XIXe.
 
Henry réalise en fait le premier jardin paysager de Grande-Bretagne. Imaginez une vallée sans véritable connexion avec la maison, sur les pentes, quelques arbres en liberté, au fond, la petite rivière Stour et une série d’étangs. Tout cela après des travaux de grande envergure. Henry commence l’aventure en créant le cœur du tableau. Il canalise le cours d’eau et dessine un lac irrégulier d’environ 10 ha. Essentiellement pour les jeux de lumière véritablement somptueux à l’automne. Sur les talus, il plante des bosquets de hêtres et de conifères qui structurent l’ensemble. Enfin, il trace la promenade, une allée circulaire se rapprochant et s’éloignant du lac, d’où l’on découvre de multiples points de vue.
 
 
Influencé par Virgile et par les tableaux à l’atmosphère pastorale de Claude Lorrain, il ne s’arrête pas là. Il décide de parsemer le paysage de temples, de grottes, de ruines et d’un pont. Des décors romantiques pour induire des perspectives. Des scènes bien cadrées, des sensations multiples. En réalité, il nous donne plus à imaginer qu’à voir. Au regard du peintre, il associe la sensibilité du poète. A la Jean-Jacques Rousseau, à la Goethe. Le temple de Flore, celui d’Apollo ou le Panthéon, découverts au détour du chemin, rappellent ses voyages en Italie et évoquent l’Antiquité.
 
Au XXIe siècle, rien n’a changé. A part quelques plantations de rhododendrons aux couleurs un tantinet criardes et quelques hydrangeas qui égaient l’été. L’enchantement reste le même.
 
 
Ph.: MNC & MPV

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