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25/08/2013

Bristol à la bombe

La Libre, Momento, Escapade, Bristol, graffe, BanksyQuelque nuit, Bristol se pare de nouvelles couleurs faites à la bombe de peinture. Celles-ci n’apparaissent qu’au petit matin. Certaines sont éphémères, d’autres marquent les esprits. Cité anglaise du graffiti et terre natale de l’artiste Banksy, la ville assume pleinement son côté underground.

 
Dans la rue: Fanny Leroy

BRISTOL. SES CANAUX, ses péniches, ses pelouses, sa cathédrale… et son art de rue ! Cette ville british du Sud-Ouest peut, en effet, se targuer d’avoir vu grandir Bansky, l’un des pionniers du street art. Résultat ? Si les œuvres du graffeur s’éparpillent dans toute la ville, Bristol jouit aussi et surtout de l’effervescence de Saint-Paul, son quartier multiculturel.

Mais avant de déambuler dans les rues aux dessins éphémères, revenons sur l’impact de ce dénommé Banksy. Son véritable nom ? Personne ne le connaît. Tout comme son apparence, encore laissée secrète à l’heure d’aujourd’hui. Grâce à certaines images prises par des caméras de sécurité – omniprésentes au Royaume-Uni –, il est vite apparu que ce fameux Banksy fit partie d’un groupe, le Bristol’s DryBreadZ Crew. Une bande influencée par la scène underground de la ville, qui a notamment vu naître le mouvement trip-hop. Baigné par cette culture, Banksy crée… différemment des autres. A l’époque où graffer était, à coup sûr, un délit punissable, il invente la technique du pochoir et de l’installation. Le sujet est pensé, la maquette est réalisée. En un jet de peinture, le graffe est réalisé. Efficace. Et souvent impertinent. Le travail de Banksy, ce n’est pas simplement de l’art, ce sont aussi des messages qui mêlent souvent politique et poésie. Il combine humour et slogans ravageurs aux accents souvent antimilitaristes, anticapitalistes ou antisystèmes. Pour mettre en scène ses idées, il dessine des rats, des singes, des policiers, des soldats, des enfants ou des personnes célèbres. La dernière œuvre en date à Bristol ? Un graffe de la reine Elizabeth II dont le visage est parsemé d’un éclair à la David Bowie. Hommage au Jubilé de la Souveraine oblige, en 2012.

Sous ce nouveau dessin, une autre œuvre de Banksy représentant un enfant et un sniper… une scène, elle-même taguée par un autre maître de la bombe de peinture, King Robbo. Entre les deux artistes, on peut parler d’une véritable guerre. Depuis plus de 20 ans, ils s’affrontent par graffes interposés à Bristol, mais aussi à Londres, à Liverpool ou ailleurs au Royaume-Uni. Ensemble, ils ont transgressé la règle suprême du graffe : jamais, tu ne repeindras l’œuvre de ton voisin. Est né un véritable affrontement suivi par l’ensemble des Britanniques… De la rue, l’artiste Banksy est, lui, passé à l’exposition en galerie, vendant ainsi ces graffes à Christiana Aguilera ou encore Kate Moss.

La Libre, Momento, Escapade, Bristol, graffe, BanksyA Bristol, c’est dans le quartier Saint-Paul que ses graffes, mais aussi ceux d’autres auteurs plus ou moins connus, s’expriment pleinement. Loin d’être perçus comme des dégradations, ils ornent les murs de leurs couleurs, de leurs messages et de leur diversité. De semaine en semaine, ils varient, s’insurgent sur la chaîne de supermarchés du coin, le droit des femmes, la monarchie ou le pouvoir de l’argent. Un environnement coloré adopté par la population du quartier, essentiellement d’origine caribéenne.

L’ombre de l’esclavagisme anglais est aujourd’hui loin, mais la culture des îles reste prégnante et s’épanouit lors du carnaval de Saint-Paul au mois de juillet. Une fête où tout Bristol se retrouve, dans la mixité, la musique et le mélange de cultures.


Ph.: F. Leroy

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