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01/09/2013

Le maître Knizia fait sa rentrée

La Libre, Momento, Ludo, Reiner Knizia, QinLa sortie de Qin est l’occasion d’un focus sur ce génie du jeu.

Yves Cavalier


DANS LE MONDE DE L’ÉDITION ludique aussi, il y a des valeurs sûres. Et d’ailleurs, chaque année, le jeu de société reçoit son Goncourt ou son Femina que sont le Spiel des Jahres en Allemagne, l’As d’or en France ou le Joker en Belgique. Autant dire que pour les heureux élus, ces trophées sont forcément la garantie d’un tirage et d’une diffusion qui fait bondir la rentabilité de ces projets.

Parmi ces auteurs à succès, un nom revient systématiquement chaque année, celui de Reiner Knizia. Cet auteur allemand, qui approche de la soixantaine, comptabilise pas moins de 500 jeux édités à son actif, et on ne compte plus le nombre de trophées qu’il a pu décrocher.

Parmi ses titres à succès, des boîtes volumineuses comme cette adaptation du “Seigneur des anneaux”. Un véritable défi, tant il est vrai que surfer sur la vague du succès d’un roman et, pire encore, sur la commercialisation d’un film à gros budget pour en faire un jeu de société finit généralement en catastrophe. Or, pour ce coup-là, c’est le génie de Knizia qui a joué. Au lieu de miser sur la guerre entre les bons et les mauvais, il a eu l’idée d’en faire un jeu de coopération : tous unis contre l’esprit du mal. Et la potion a fonctionné : plus d’un million d’exemplaires vendus et une traduction dans 17 langues.

Dans un tout autre registre, Reiner Knizia est aussi capable de nous faire prendre un immense plaisir en jouant avec quelques dés et des dominos. A l’attention des joueurs réticents, des plus jeunes et des familles, il a inventé Pickomino. Un petit jeu de rien du tout, basé sur le principe de stop et encore, mais dans lequel il donne le sentiment de maîtriser la chance, tout en ajoutant une dose d’interactivité entre les joueurs. On a également vendu plus d’un million de Pickomino… et ce n’est pas fini.

On ne s’improvise pas auteur de jeu, et Reiner Knizia l’a démontré. Sa formation de mathématicien (alors qu’il a aussi été banquier) lui a donné un esprit d’une logique à toute épreuve que l’on retrouve dans la plupart de ses jeux. Certains lui reprochent d’ailleurs ces principes très calculatoires des jeux “à l’allemande”, mais qui tournent comme des mécaniques bien huilées. S’il est vrai que les thèmes sont souvent plaqués sur la structure, ils en sont un élément complémentaire qui ajoute au plaisir du jeu au même titre que la qualité du matériel sur laquelle Reiner Knizia insiste beaucoup auprès de ses éditeurs.

Le dernier jeu qu’il vient de mettre sur les étals répond bien à ces critères. Qin (Ed. Gigamic) est supposé nous parler de l’expansion territoriale de cette dynastie chinoise aux alentours de -200 avant notre ère. Le thème est alléchant, mais en fait, le jeu aurait aussi bien pu s’appeler Dallas ou Conquistador…

Il s’agit en réalité d’un jeu de pose. Chaque joueur (de 2 à 4) place une plaquette de couleur sur le plateau en s’efforçant de développer le territoire de cette couleur. S’il rencontre un autre territoire de cette même couleur, mais plus petit, il l’absorbe, et le conquérant y appose un marqueur de sa couleur. On joue ainsi de suite jusqu’à ce que le plateau soit totalement occupé et on décompte le nombre de marqueurs posés par chaque joueur.

En réalité, il n’y a pas plus simple, et on pourrait même y déceler pas mal d’idées recyclées : cela tient du domino, du go et même du “morpion”. Mais tout le génie de Knizia est de nous présenter des règles effectivement très simples, pour un jeu qui se joue rapidement, entre amis ou en famille, et qui ne laisse qu’une seule envie : refaire une partie aussitôt.

C’est un principe que Knizia avait également développé dans un jeu très proche et qu’il avait modestement baptisé “Tout simplement, génial”.

Cette logique systématique et mathématique, qui fait la griffe de Knizia, lui a donné d’autres débouchés. Il est l’auteur dont on retrouve le plus de jeux en version électronique et en particulier sur iPhone et iPad. Une manière efficace de faire connaissance avec le maître (à un prix raisonnable). Voici quelques titres : Poison, Genial, Robot Master, Samurai, Ra, Keltis, Tigre et Euphrate (son chef-d’œuvre !), Modern Art, Skyline, Thrue the Desert


Ph.: www.knizia.de

12:15 Publié dans Ludo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la libre, momento, ludo, reiner knizia, qin | |

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