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09/09/2013

Les télés courbées, une route sinueuse vers le succès?

La Libre, Momento, Pixels, télévisions courbéesElles débarquent en Belgique dans quelques jours, via LG et Samsung, avec deux modèles de 55 pouces. Mais qu’apportent-elles de plus ?

Analyse: Alexis Carantonis


CURIOSITÉ ATTIRE-REGARD du dernier CES de Las Vegas en date (janvier 2013), les écrans de télévision incurvés débarquent déjà dans les rayonnages belges. Les communiqués de presse des deux géants coréens (Samsung et LG) se sont, à dire vrai, chevauchés de 120 minutes seulement jeudi dernier : LG a sorti le 55EA9800 dès le 1er septembre chez Selexion, puis ailleurs, Samsung annonce la disponibilité générale de sa Curved OLED TV au même moment. Tickets d’entrée respectifs des deux dalles de 55 pouces (138 cm de diagonale d’écran, ce qui est grand mais pas immense) : 8 999 et 7 999 €…
Entre promesse de nouveauté à valeur ajoutée et gadget géométrique, difficile de se positionner sur cette nouvelle manière d’appréhender l’écran (plus) plat. Essayons.

Les "pour"

1. L’OLED. La réelle nouveauté des téléviseurs incurvés, outre leur forme, c’est la technologie de la dalle qui les anime. Si l’on connaît l’OLED depuis bien 5 ans déjà, ils restent parmi les premiers téléviseurs à grande taille du marché équipés de cette technologie dérivée du LCD et des LED, extrêmement complexe à rentabiliser sur une production à large échelle, ce qui n’a fait que retarder son arrivée dans nos salons.
Néanmoins, si le prix reste encore indécent, la multiplicité des avantages parle pour elle : l’OLED, où chaque diode est autoéclairée, permet des écrans plus fins que jamais (l’épaisseur de deux cartes de crédit superposées seulement), animés par un contraste en théorie infini, une fréquence de rafraîchissement extrêmement vive (ce qui va permettre à ce type d’écran d’exceller dans les scènes très rapides, en annihilant les effets de flou et de saccades), des noirs d’une profondeur rarement atteinte et des couleurs plus éclatantes que jamais, le tout en réduisant, encore, la consommation électrique en fonctionnement.
L’OLED n’a qu’un défaut, mais il est remédiable dans le temps : son prix, difficile à faire avaler dans un marché qui se casse pourtant les dents.

2. L’écran courbé. S’il présente des inconvénients d’ordre pratique, sur le plan théorique, un écran incurvé est un plus pour l’œil humain, dont la courbe épouse la même forme que l’organe visuel. Ce qui contribue à placer chaque partie de l’écran à l’exacte égale distance de notre point de vue, et à renforcer l’immersion. C’est le même principe que les toiles IMAX dans les salles de cinéma. Du moins sur papier… Pour avoir vu tourner les deux écrans en question, l’image est effectivement époustouflante, mais elle le doit plus à l’OLED qu’à sa courbure, dépendante d’un ratio distance de visionnage/angle de la courbe.

3. Le design. Outre leur forme originale, les deux écrans incurvés sont maintenus par une structure particulièrement soignée, que les deux constructeurs n’hésitent pas à assimiler à une œuvre d’art. En quittant un peu le sceptre marketing, il est évident que ce genre d’écrans répond à la tendance du moment, qui consiste à exposer son téléviseur comme un élément architectural et décoratif essentiel de la maison, à montrer à tout prix. Totalement antinomique avec la vision d’antan, où le téléviseur, moins gracieux, était le plus dissimulé possible. Les écrans Designline de Philips matérialisent fort bien ce phénomène. Il est indéniable que les télés courbes sont non seulement originales, mais également magnifiques à contempler, éteintes comme en action.


Les "contre"

1. Pas de 4K. Deux évolutions majeures flottent actuellement autour de la télévision du futur : l’OLED (lire ci-dessus), mais aussi la 4K, alias Ultra HD. Qui multiplie par quatre la résolution maximale actuelle de nos télés (1920 x 1080 pixels, soit le Full HD), avec 3 840 pixels sur 2 160 lignes. Soit un total de 8,3 Megapixels pour un ratio 16:9.
Seul bémol : les écrans OLED, dont on parle ici, ne sont pas compatibles 4K/Ultra HD ! Ou comment débourser au moins 8 000 € sans même avoir le nec plus ultra en matière de technologie embarquée… Même si l’Ultra HD est à mille lieues d’avoir trouvé un support officiel, et que la voir généralisée en télé avant 10 ans est absolument irréaliste, ça reste une fameuse épine.

2. Montage mural impossible. Ou, à tout le moins, disgracieux. Le flat effect est, forcément, ici, anéanti. Or, c’est un procédé de plus en plus populaire…

3. Le prix. Alors que les baisses de prix s’enchaînent sur les premières dalles 4K du marché, l’OLED reste excessivement onéreux à l’heure actuelle, condamnant ce type d’écran aux nantis, adeptes de l’early-adopting. La démocratisation de l’OLED, toutefois, semble vitale à court ou moyen terme pour redynamiser le marché de la télévision, en pleine débâcle. C’est la technologie la plus porteuse pour réellement changer la perception de la télé auprès du grand public. Patience, donc, bien qu’on nous la demande depuis plusieurs années déjà…


Ph.: LG

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