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14/09/2013

L'amélanchier, une valeur sûre

La Libre, Momento, Dehors, amélanchier, arbusteDiscret et de taille modeste, l’amélanchier est un arbuste ou petit arbre tout terrain. Avant tout décoratif, mais aussi producteur de petits fruits comestibles. A planter l’automne venu.

Au jardin: Marie Pascale Vasseur et Marie Noëlle Cruysmans


UNE PLANTE DOTÉE d’une belle floraison n’est souvent présentée que pour cette qualité. Il est pourtant judicieux de se demander ce qu’elle devient durant les onze autres mois de l’année. Lorsqu’elle conjugue à sa floraison printanière précoce une fructification abondante en fin d’été, un jeune feuillage bronze puis jaune ou cramoisi à l’automne, elle est triplement gagnante. De quoi la rendre indispensable au jardin, surtout si l’on sait qu’en plus elle n’est pas encombrante.

De la famille des Rosacées, originaires d’Amérique du Nord, d’Asie ou d’Europe, on en compte une douzaine d’espèces différentes. Autour d’elles règne une certaine confusion botanique, les uns considérant qu’une plante est synonyme, et les autres, une espèce distincte. Cela ne fait heureusement pas peur au jardinier attiré par ses multiples atouts.

L’amélanchier se plaît dans n’importe quel sol du moment qu’il ne soit pas détrempé. Les sols secs, sablonneux, calcaires, pauvres ou frais et acides lui conviennent. Un habitat à tendance humide pour A. canadensis, rocailleux pour A. alnifolia et en lisière de forêt pour A. laevis. Au soleil ou à mi-ombre, seul ou en haie. Bien entendu, en exposition ensoleillée, les floraison et fructification seront plus abondantes. Totalement rustique, il supporte parfaitement le froid hivernal et sa floraison ne craint pas les gelées printanières. Il ne réclame aucun traitement ne souffrant d’aucune maladie. On le trouve généralement en cépées – à multibranches –, mais aussi en petit arbre avec un tronc unique. Il n’est pas nécessaire de le tailler pour fructifier, mais l’aérer de manière légère peaufinera sa silhouette. Si vous le taillez, faites-le à la fin de l’hiver, après le passage des oiseaux.

Ses petits fruits sont une merveille. Même s’il n’y a rien d’extraordinaire à voir des fruits succéder aux fleurs, il faut bien constater qu’il existe peu d’arbustes à fruits décoratifs. Quand ils existent, leur fructification est souvent insignifiante. L’amélanchier enchante à la fois les oiseaux et les humains. Les premiers se servent en direct sur les branches, les seconds les récoltent patiemment – ils ne sont pas bien gros – pour les transformer en tarte ou en confiture. Mais alors quel régal ! Les baies sont disposées en petites grappes d’abord rougeâtres puis violacées, voire presque noires à maturité. Leur abondance dépend de la variété et de l’âge de l’arbuste. A 5, 6 ans, il produit plus. Pas très juteux ni très acide, on lui donne un petit goût de noyau qu’il n’a pas – c’est un fruit à pépins –, il est réputé riche en vitamine C.


Les différents amélanchiers

La Libre, Momento, Dehors, amélanchier, arbusteAmélanchier lamarckii, canadensis et laevis. Le plus connu et le plus planté, A. lamarckii, d’origine américaine mais pratiquement naturalisé chez nous, est souvent appelé aussi A. canadensis ou A. grandiflora. Sa silhouette est étalée, il peut atteindre environ 6 à 8 m de haut. Ses feuilles débourrent bronze puis passent au vert franc avant de virer au rouge à l’automne. Ses fruits rouge foncé sont sucrés et parfumés. Les fleurs de la variété ‘Ballerina’ apparaissent bien avant les feuilles. Elle porte de jolies baies violacées. On la rencontre de plus en plus dans les jardins et chez les pépiniéristes. Notamment en demi-tige. A. laevis, synonyme ou espèce distincte, c’est selon, présente des fruits plus foncés.

Amélanchier alnifolia. Un autre américain, l’amélanchier à feuilles d’aulne, pas toujours évident à dénicher dans les pépinières. Plus petit (3 m de haut), plus compact, plus raide. Il est réputé pour ses délicieux fruits bleu foncé plus gros que la normale. Tardifs, ils sont moins appréciés des oiseaux qui virevoltent de tous côtés et ne savent plus à cette époque où donner de la tête. Tant mieux pour les gourmets. Son feuillage jaune à l’automne est moins spectaculaire que l’A. lamarckii. Il existe un A. alnifolia ‘Obelisk’ au joli port fastigié, pratique pour les petits jardins.

Amélanchier ovalis. C’est un arbuste spontané en Europe, de 1 à 3 m de haut, aussi appelé A. vulgaris ou A. rotundifolia. On le repère dans les bois clairs et les taillis. Il supporte les situations extrêmes et les sols très pauvres. Sans doute, le moins élégant de la famille mais sa floraison perdure un peu plus longtemps. Vous l’aurez certainement déjà aperçu sur les talus au bord des autoroutes ou dans les parkings des grandes surfaces en compagnie des cornouillers.

Amélanchier arborea. Un des plus grands, il peut approcher en milieu naturel les 20 m de haut. Appréciant les sols profonds et humides, sa floraison est spectaculaire et ses fruits pourpres.

D’autres. En fouinant, on peut mettre la main sur A. spicata, florida, rotundifolia ou pumila. Tout est question de nuances. Rien de bien particulier sous le soleil. Quelques variétés sont cependant à retenir : ‘Princess Diana’, ‘Snowflakes’, ‘Robin Hill’ ou ‘Edelweiss’. Pour les fans, il faut noter un croisement entre un amélanchier et un sorbier, ce qui produit : x Amelasorbus jackii.


Ph.: Visions/Reporters

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