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29/09/2013

Oser la Forêt Noire à vélo

La Libre, Momento, Escapade, Allemagne, Forêt Noire, VéloPédaler en suivant une pente douce à travers une grande variété de paysages et les frontières de trois pays, voici la suggestion d’une randonnée de cinq ou six jours. Cool !

En selle: Astrid t'Serstevens


S’IL Y EN A UN, C’EST BIEN l’Allemagne qui est LE pays de la randonnée cycliste : tout y est sujet à émerveillement ! Réseau d’itinéraires qui permet de parcourir tout le pays, balisage efficace ou encore répertoire d’hébergements avec un intéressant label “Bett und Bike”. Voici, pour illustrer ce tombereau de compliments, une proposition de randonnée en Forêt Noire, testée et approuvée.

Eh bien oui, la langue fait barrière, notamment si l’on désire “bêtement” trouver dans une librairie spécialisée un topo-guide : déception ! Sur l’Allemagne, rien en français, dans des rangées de guides, dont, par ailleurs, le nombre fond littéralement. Allons voir sur Internet. Les quatre lettres qui ouvrent la porte à tous les chemins cyclistes sont ADFC. Parcourant la carte générale, on constate que chaque proposition de traverser une région, de longer un fleuve ou de faire le tour d’un lac, tout, absolument tout, fait rêver…

D’où, une première difficulté : se décider parmi toutes les possibilités ! Optons pour une boucle, ce qui nécessite de laisser la voiture au départ pour la retrouver quelques jours plus tard et, plus sport, d’emporter nos bagages et de voyager de lit d’hôtel en chambre d’hôte.

Donc, il faut d’urgence en limiter le poids, n’emporter que l’essentiel ! Cinq ou six étapes par beau temps peuvent se résumer à peu de chose. Enfin, très important, commander le beau temps. Et en route !

Direction le Bade-Wurtemberg, pour faire le tour du versant sud de la Forêt Noire en une boucle de 265 km, qu’il convient de démarrer à Hinterzarten, sommet du massif montagneux. Dès les premiers tours de roue, les vastes paysages de prairies et de forêts nous amènent par de jolis chemins au lac de Titisee, touristique et charmant.

Par la forêt toujours, on pédale sur une ancienne voie de chemin de fer haut perchée qui longe le profond défilé au fond duquel coule la Wutach, pour atteindre Bonndorf. Là, on quitte les grands sapins centenaires, le paysage s’ouvre et, au loin, les Alpes bernoises flottent dans l’air bleu de la Suisse.

En quittant Bonndorf, le chemin abandonne les hauteurs du massif montagneux par une descente grandiose, pour retrouver tout en bas la Wuttach, dont on suivra désormais le cours assagi jusqu’au Rhin, que l’on découvre enfin quelques kilomètres plus loin ! 80 km au compteur. Déjà.

L’itinéraire est désormais lié au fleuve. Suivant son courant émeraude et impétueux, nous traversons de jolies cités médiévales, comme Waldshut-Tiengen, Bad Säckingen ou Rheinfelden sur la berge allemande, admirant au passage leurs jumelles suisses, sur l’autre rive. Rive que l’on gagne un peu avant de rejoindre Bâle : la véloroute parcourt donc quelques kilomètres en Suisse.

Après la traversée de l’agglomération bâloise et un saut de puce en territoire français – et de trois ! –, nous empruntons bientôt une digue longeant le cours à nouveau sauvage et indomptable du Rhin. Pas un camping sur ses rives, pas un village, mais des bois, des roselières, des plages de gravier, qui doivent savoir pourquoi… A notre gauche, le fleuve, magnifique, pur, intact, et à droite, la région la plus chaude d’Allemagne, tapissée d’une fourrure de vergers, de champs d’asperges, de vignobles. La Forêt Noire domine tout le paysage à l’Est, tandis qu’à l’Ouest, l’Alsace offre un écrin violet pour coucher le soleil.

Mais Fribourg-en-Brisgau apparaît bientôt au détour d’une vigne bien peignée, et la boucle est quasi bouclée.

La description a son importance : le logo de cette randonnée est un petit vélo qui descend une pente, d’où quelque naïf pourrait croire que cet itinéraire ne comporterait que des descentes. Ce qui, en gros, n’est pas faux. Les dénivelés sont là pour le confirmer : partant du plus haut point de la randonnée à 900 m, on se laisse descendre le long de la Wutach puis du Rhin, jusqu’à Fribourg (278 m) où un train permet de couvrir les 20 derniers kilomètres et la grosse montée, incontournable pour rejoindre le départ !


Ph.: ASTS

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