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05/10/2013

Le yaourt: un velouté de santé

La Libre, Momento, Bien-être, yaourt, bienfaits, nutritionLe yaourt est le produit laitier qui semble présenter le meilleur rapport nutriments/santé. Sa consommation doit être encouragée  : le Belge n’en mange pas assez.

Dossier: Laurence Dardenne et Michèle Dryepondt, diététicienne-nutritionniste
A Grenade


PARMI LES INNOMBRABLES thèmes abordés lors de l’ICN (International Congress on Nutrition) qui, cette année, s’est tenu à Grenade en Espagne, on a pu découvrir des résultats d’études nous apprenant que le yaourt est un aliment qui mérite d’être mangé quotidiennement. Parmi les 3 produits laitiers qu’on nous propose de consommer chaque jour pour assurer nos besoins en protéines et en calcium, le yaourt semble présenter le meilleur rapport nutriments/santé. On croit bien le connaître, ce yaourt, cependant, on le confond souvent avec d’autres produits laitiers qui n’offrent pas les mêmes propriétés.

La définition du yaourt tombe sous le coup de la loi. Ainsi, ne peut s’appeler “yaourt” que le produit qui est obtenu en faisant coaguler du lait (entier, demi-écrémé, écrémé) avec deux bactéries spécifiques qui portent les noms de Streptococcus thermophilus et Lactobacillus bulgaricus. Celles-ci doivent être abondantes, vivantes et doivent le rester jusqu’à la date limite de consommation. Le choix de ces bactéries n’est pas anodin. Il est, avant tout, technologique. Leur synergie leur permet de transformer le sucre du lait (le lactose) en acide lactique qui, à son tour, engendre la coagulation des protéines pour l’obtention de la texture moelleuse qui le caractérise. D’autre part, ces souches bactériennes sont bénéfiques pour la santé de notre intestin. Elles font partie de la grande classe des bifidobactéries qui protègent notre muqueuse intestinale et renforcent son effet “barrière”. Les parois de l’intestin sont de véritables usines qui permettent par diverses réactions chimiques le passage des nutriments dans la circulation sanguine et la rétention des substances indésirables.

Mais au-delà de ces propriétés fonctionnelles, la consommation de yaourt semble devoir être encouragée. Des études montrent, en effet, que les consommateurs de yaourt présenteraient un meilleur équilibre pondéral et un profil métabolique plus favorable (voir par ailleurs). Ainsi, des chercheurs américains ont pu montrer sur un échantillon de plus de six mille personnes que la consommation régulière de yaourt améliorait les apports en potassium, vitamines du groupe B (B2 et B12), calcium, magnésium et zinc. Par ailleurs, la consommation de yaourt était associée à un niveau bas de triglycérides (la graisse circulant dans le sang) et de glucose, et à une pression artérielle et une résistance à l’insuline (dans le diabète de type 2) diminuées.

De leur côté, des chercheurs de l’Inserm, en France, ont réalisé une étude pour laquelle ils ont créé un modèle d’alimentation équilibrée qu’ils ont comparé à l’alimentation moyenne des Français. Le but était de pouvoir définir quelles étaient les familles alimentaires dont il fallait augmenter ou réduire la consommation. Trois familles ont été modifiées : les légumes et les fruits, augmentés de 67 %, les produits céréaliers de 37 %, et les produits laitiers de 19 %. Mais dans cette dernière catégorie, l’optimalisation montrait une augmentation nécessaire de plus de 60 % de yaourt et 17 % de lait, contrebalancée par une réduction de 48 % de la consommation de fromage ! Soit, par jour, une consommation de trois produits laitiers : lait, yaourt et pas plus de 30 g de fromage. Il va falloir booster notre consommation, parce que, selon les données de l’Euromoniteur-Danone, les Belges ne mangeraient qu’un quart de yaourt par jour !


Bien loin de l'apport en calcium recommandé

Qu’ils proviennent des produits laitiers ou de toute autre source d’aliments.

D'Angleterre, de France, du Danemark, de Californie…, des experts sont venus partager, lors du XXe Congrès international de nutrition, qui s’est dernièrement tenu à Grenade, les résultats de leurs recherches sur les effets et bienfaits potentiels du yaourt sur la santé, lors du colloque ‘The yogurt in nutrition initiative for a balanced diet”, organisé à l’initiative du Danone Institute, nutrition for health.

Ce fut ainsi l’occasion pour le Dr Arne Astrup, directeur alimentation, exercice et sport à l’Université de Copenhague, d’évoquer des études démontrant que la consommation de yaourt, mais également d’autres produits laitiers, est associée à un risque réduit de gain pondéral et d’obésité, d’une part; et de maladies cardiovasculaires, d’autre part. “Nous avons constaté que la consommation de produits laitiers a amélioré les caractéristiques du syndrome métabolique – une série de facteurs de risque comme la dyslipidémie, l’insulino-résistance, l’hypertension artérielle et l’obésité abdominale qui, ensemble, augmentent le risque de diabète et de maladies cardiovasculaires”, a expliqué l’expert danois.

Bénéfique pour la santé de l’individu, le yaourt l’est donc in fine également pour celle des soins de santé. C’est précisément ce qu’a démontré le Dr David McCarron, du département de la nutrition à l’Université de Californie-Davis. Ses recherches ont porté sur les économies potentielles en soins de santé pour les pathologies courantes qui répondent favorablement à une consommation accrue de produits laitiers. Soit, selon les calculs de ce spécialiste américain, des économies cumulées se chiffrant à plus de 200 milliards de dollars sur cinq ans !

Entre autres pathologies particulièrement coûteuses, on pense évidemment à l’ostéoporose, notamment liée à une consommation insuffisante de produits laitiers. A ce propos, à l’initiative de la Fédération espagnole des sociétés de nutrition (FESNAD), un document de consensus a été élaboré sur “les preuves scientifiques du rôle du yaourt et autres laits fermentés dans l’équilibre alimentaire de la population espagnole”. Ce consensus souligne “les bienfaits nutritionnels du yaourt, dont une meilleure absorption du calcium et une digestion facilitée, et vise à attirer l’attention sur l’importance de l’inclure dans le cadre d’une alimentation quotidienne et variée”.

Les recommandations de la FESNAD des quantités spécifiques de calcium en fonction de chaque groupe d’âge indiquent : 800 mg pour les enfants de 6 à 9 ans; 1 100 mg pour le groupe des 10-19 ans ainsi que pour les femmes de plus de 60 ans et les femmes enceintes, 900 mg pour les 20-59 ans et carrément 1 200 mg pour les femmes allaitantes.

Nous sommes, dans la plupart des pays, assez loin du compte. En Belgique notamment, plusieurs études ont montré que les enfants, entre autres, ne consomment pas suffisamment de produits laitiers. Selon une enquête de consommation alimentaire, seuls 25 % des hommes et 41 % des femmes belges ont un apport suffisant en calcium si l’on s’en tient aux valeurs recommandées.

Si les produits laitiers constituent a priori la principale et la meilleure source de calcium, on peut également en trouver dans d’autres aliments particulièrement riches en calcium comme les épinards, le chou, le persil, le fenouil, le pissenlit, les graines de sésame, les amandes douces… Ou encore les sardines à l’huile et le saumon en boîte, mais avec les arêtes !


Ph.: Van Osaka/Photononstop/Reporters

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