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05/10/2013

Méli-mélo d'automne

La Libre, Momento, Dehors, travaux d'automne, jardinL’automne, saison par excellence des jardiniers, arrive en beauté. C’est le temps de repenser et d’embellir le jardin. Se tourner les pouces n’est pas à l’ordre du jour.

Au jardin: Marie Noëlle Cruysmans et Marie Pascale Vasseur


C’EST EN AUTOMNE qu’on fait le printemps. On confie à la terre souches, racines, oignons, voire rameaux. Après le passage du froid hivernal, tous se réveilleront. La plupart, du moins. Frêles tiges et premières fleurs colorées feront alors chanter la grisaille. Le travail ne manque pas. Voici, dans le désordre, quelques pistes pour un automne créatif, vivant et imaginatif.

Le temps de planter des bulbes
Chaque année, la splendeur des bulbes nous émerveille. De nouveaux coloris et de nouvelles variétés nous arrivent du Nord. Ils égayeront le jardin dès le printemps. Vous les installerez au soleil en pleine terre, vous habillerez les gazons d’espèces hâtives, vous garnirez pots et jardinières sur le balcon. Plantez en sol ameubli et bien drainé, n’arrosez pas. Les mulots ne semblent guère apprécier les narcisses. Autant le savoir. En revanche, les tulipes ne jouissent pas de ce privilège. Tentez les tulipes botaniques, certaines finissent par se multiplier et forment à la longue de belles taches de couleur.

La tulipe de Foster
Pensez à la Tulipa fosteriana et à ses nombreuses variétés aux grosses fleurs généreuses. Découverte en Asie centrale, en 1906, par un collecteur de la firme néerlandaise Van Thubergen, et dénommée en hommage à sir Michael Foster, professeur de physiologie à l’université de Cambridge. Cette tulipe, à fleurs simples et à tige plutôt courte et souple, plantée dans de bonnes conditions, se multiplie spontanément. Floraison en mars, avril. Une botanique qui n’a rien de lilliputien. Elle arbore des coloris parfois étincelants, mais il existe une Tulipa fosteriana ‘Purissima’ blanche.

Diviser pour régner
L’automne est-il un bon moment pour diviser les vivaces ? Si votre terre est légère, vous pouvez les diviser au début de l’automne. Elles auront le temps de s’implanter et de faire de nouvelles racines. Elles repartiront du feu de dieu au printemps suivant. En revanche, si votre terre est lourde et collante, du genre béton, il est plus prudent de les diviser au début du printemps pour leur épargner l’humidité hivernale qui ne leur fait aucun bien. Divisez la motte en deux ou trois gros morceaux, qui reprendront plus facilement, plutôt que de faire une multitude d’éclats qui mettront des années avant de donner à nouveau le meilleur d’eux-mêmes et dont la moitié dépérira. Replantez rapidement les éclats obtenus, et arrosez.

Bulbes en pots
Dans les pots ou en jardinières, disposez quelques bulbes sur un lit de terreau. Au préalable, vous aurez veillé au drainage. Installez ensuite par-dessus une plante vivace. Les bulbes sortiront avant que la plante choisie ne se développe. Ils lui feront un écrin printanier. Après la floraison, le feuillage jaunissant des bulbes sera caché par celui de la plante vivace. La jardinière restera belle toute la saison. Une multitude de plantes vivaces peuvent faire l’affaire entre autres les hostas.

Un nouveau massif
Vous souhaitez créer un nouveau massif ou un coin de potager pour le printemps prochain. Mettez la terre à nu dans le cas où des herbes la recouvriraient, et nettoyez-la parfaitement. Disposez une épaisse couche de feuilles mortes. Délimitez les bords avec des planches ou des rondins qui empêcheront les feuilles de s’éparpiller. Pendant l’hiver, les vers de terre enterreront une partie des feuilles et, de cette manière, stimuleront la vie souterraine. Au printemps, vous enlèverez le reste de feuilles et découvrirez un sol aéré et léger. Prêt à être planté.

Les plantes en pots
Même si une plante est censée résister au froid. Les racines peuvent geler en pots. Elles n’ont pas les mêmes mécanismes de protection que les bourgeons. Entourez les pots d’un matériau isolant comme du plastique à bulles, du voile d’hivernage en plusieurs épaisseurs. Nouez le tout avec une ficelle faisant plusieurs fois le tour du pot à la manière d’un matelassage.

Les mauvaises herbes
Les plus redoutables d’entre elles sont indéniablement celles qui s’enracinent à partir d’un tronçon de tige ou de racine. Elles doivent être systématiquement éliminées, même en hiver, car souvent, elles profitent d’un léger redoux pour repartir de plus belle. C’est le cas de la renoncule rampante, du liseron, du chiendent, de l’herbe aux goutteux, ainsi que de la prêle. Evitez de bêcher, ou pire de passer la motobineuse dans un sol envahi par ces herbes, car les lames les tronçonnent en centaine de morceaux. Il faut donc nettoyer soigneusement à la main.

Paillage d'hiver
Pailler, c’est protéger la terre le plus souvent par une couche de matière organique, ou parfois de graviers. Autrefois, on utilisait principalement de la paille, d’où le nom. Laissez les premières gelées agir sur les plantes suffisamment rustiques. L’action du froid les force à entrer en repos. Le paillage protège la terre de la pluie battante et du dessèchement. Il empêche les mauvaises herbes de s’installer. Il enrichit le sol en se décomposant et stimule la vie du sol durant l’hiver. Les feuilles mortes font un excellent paillage. Plutôt que de les regarder comme des déchets, profitez d’une période sèche pour les ramasser et les mettre en sacs que vous rangerez à l’abri. Vous les aurez sous la main dès que les gelées vraiment fortes s’annoncent. Certaines plantes redoutent le paillage, sauf de fins graviers, c’est le cas des succulentes et des plantes de rocailles.

Les rosiers
Quel est le meilleur moment pour tailler les rosiers ? En automne, procédez à une taille de nettoyage. Surtout pour ceux qui n’ont pas de fruits décoratifs, ceux qui portent de beaux cynorhodons attendront. Il suffit d’enlever le bois mort et les fleurs pourrissantes. Eventuellement, supprimer les branches qui se blessent en se croisant ou qui vous dérangent. Ramassez le maximum de feuilles tombées qui transmettent des maladies fongiques comme la tache noire. La vraie taille se fait pour les variétés remontantes et à floraison continuelle juste avant le démarrage des bourgeons vers le mois de mars.

Penser aux oiseaux
C’est surtout lorsque la neige ou le gel persiste que l’hiver pose un problème aux oiseaux. S’il ne mange pas suffisamment, l’oiseau s’affaiblit et doit ralentir son activité, les chances de trouver de la nourriture diminuent, il se recroqueville et finit par mourir. Janvier et février sont les mois les plus pénibles. Cette période peut être fatale à bien des oiseaux. Quoi qu’en pensent certains, un bon vieux conifère, même un thuya, peut sauver la vie de plus d’un d’entre eux. Des oiseaux bien nourris ne meurent pas de froid. Par température sibérienne, passez à deux services journaliers : un le matin, un l’après-midi. Les oiseaux ont aussi impérativement besoin d’eau. Placez des récipients avec très peu d’eau pour qu’ils ne puissent pas s’y baigner. N’ajoutez rien à l’eau.

Les pivoines
Les touffes de pivoines herbacées embellissent au fil du temps et n’aiment pas du tout être dérangées. D’ailleurs, même si la division se fait dans les règles, il leur arrive souvent de tirer la tête deux ou trois ans avant de vous accorder à nouveau leur plus beau sourire. Si vous devez le faire absolument, sortez délicatement les touffes, replantez à 3 ou 4 cm de profondeur sur une terre enrichie et profondément ameublie. Recouvrez d’une fine couche de bonne terre. Les ancolies et les hellébores détestent tout autant les déménagements.


Ph.: MNC & MPV

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