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14/10/2013

Quand le polar interroge la justice

La Libre, Momento, Derrière l'écran, Vaugand, fictionPrix d’interprétation pour Olivier Marchal et prix du meilleur scénario pour Jean-Luc Estebe et Vincent Lambert au Festival de la fiction de La Rochelle, “Vaugand” reflète le pari qualitatif de la fiction de France 2. À découvrir mardi à 20h10 sur La une et mercredi à 20h45 sur France 2.

Entretien: Caroline Gourdin, correspondante à Paris


VAUGAND, NOUVEAU PERSONNAGE de série en 90 minutes, est un brillant avocat pénaliste brisé par la mort de son fils. Après plusieurs années d’absence, il décide de reprendre le chemin du prétoire et de prendre la défense en appel de Dylan, condamné à quinze ans de prison ferme pour le meurtre du riche époux de sa maîtresse. Le jeune homme a-t-il été victime de sa liaison avec Audrey Varennes ? L’a-t-elle poussé à tuer son mari ? Au-delà de cette affaire, c’est une motivation plus puissante qui a poussé Me Vaugand (Olivier Marchal) à refaire surface : Audrey Varennes est défendue par un autre ténor du barreau, Me Bremont (Antoine Duléry). Son ex-associé et ami l’a trahi quatre ans plus tôt dans un procès le touchant au plus près.

Ce personnage en colère, écorché par l’existence, semble avoir été taillé sur mesure pour Olivier Marchal. La réalisatrice Charlotte Brandström, aux manettes de ce pilote mené avec hardiesse et habité par des personnages puissants, assure qu’il était “difficile d’imaginer quelqu’un d’autre”. Olivier Marchal s’est laissé séduire : “Ce personnage est un cadeau des dieux. J’ai lu une dizaine de pages de scénario et j’ai accepté le rôle en vingt-quatre heures, alors que j’étais débordé par mon travail d’écriture, le théâtre… J’avais peur d’avoir l’air con dans la robe, mais c’est un personnage cohérent avec ce que j’ai fait jusqu’ici. C’est intéressant de travailler sur la plaidoirie, de jouer en intériorité, en essayant d’être crédible. Le regard de Charlotte était aussi une garantie de qualité. Quant au scénario, je n’y ai pas touché, si ce n’est quelques détails sur la plaidoirie finale, pour pouvoir me la mettre en bouche”, confie Olivier Marchal.

Le comédien partage l’affiche de Vaugand ** avec Arthur Jugnot (David Finkel, avocat), la Belge Virginie Hocq (Fred, collaboratrice de Vaugand), Thomas Coumans (Dylan Thevenot), Shirley Bousquet (Audrey Varennes)… et Antoine Duléry. “Je voulais que l’autre avocat soit joué par Antoine, que je connais depuis vingt ans, et que j’aime beaucoup comme acteur, en particulier dans “Les vents contraires””, ajoute Olivier Marchal.

Auteur d’une petite dizaine d’épisodes de “Boulevard du Palais”, le coscénariste Jean-Luc Estebe explique avoir “d’abord pensé aux personnages avant l’histoire. Je voulais mettre en scène une opposition entre deux avocats. Et je suis parti de ce schéma pour construire l’histoire”. Afin de donner un cadre solide à ce récit romanesque, il s’est inspiré de vraies plaidoiries aux assises, de l’émission “Faites entrer l’accusé”, de témoignages d’avocats, de blogs qui parlent de débats de conscience… Et il a découvert tout un champ de réflexion sur la société. “Nous ne nous attendions pas à nous poser autant de questions essentielles sur la Justice, la morale, le droit, le métier d’avocat.” Il a dû par ailleurs “adapter la dramaturgie à la juridiction française, qui permet peu de coups de théâtre, de témoignages surprises, à l’inverse de la Justice américaine”. Le deuxième épisode, en tournage depuis le 4 octobre en région parisienne, mettra en cause l’impartialité du président d’assises. “La Justice est humaine, nous continuons à interroger l’institution”, précise le scénariste.

Passionnée par “les enjeux personnels et humains” de la Justice, Charlotte Brandström appose sa signature à l’image. “Je voulais adapter le style de la mise en scène à l’histoire. Il y a deux caméras, beaucoup de panoramiques, de changements de point. Nous avons utilisé beaucoup de longues focales, d’arrière-plans flous, et d’amorces, avec notamment les glaces à l’avant-plan dans le décor recréé du tribunal. Je voulais de la profondeur”, détaille-t-elle. Un soin que l’on retrouve également au niveau de la bande-son, avec des séquences à l’américaine, dans lesquelles la musique remplace le son d’ambiance.


Ph.: France 2

Commentaires

Terrible cauchemar, qui, malheureusement pourrait arriver à chacun d'entre nous, à l'exception peut-être de "certains puissants", qui se jouent des Lois et des Juges.
Aussi, Poser la question de la responsabilité d'une infime minorité de Juges, c'est déjà y répondre ...
Au préalable et justement pour être impartial, il convient de souligner que la quasi-majorité des Magistrats exercent quotidiennement, très dignement leurs missions, ayant toujours à cœur de respecter leur serment de Magistrat.
Ce qui implique de PARFAITEMENT CONNAITRE les dossiers qui leur sont confiés, de sorte à avoir toute la rigueur nécessaire pour rendre leurs décisions, lesquelles dans la majorité des cas, que ce soit au pénal, mais aussi au civil ou au commercial impacteront des vies entières, dans toute leur réalité ...
Enfin et bien évidemment, il y lieu d'exiger et de contrôler que ces femmes et ces hommes soient effectivement en capacité de lutter contre leurs propres préjugés, de sorte à conserver cette nécessaire indépendance, non sans oublier une parfaite IMPARTIALITE.
En conclusion et si par extraordinaire un Magistrat tentait de sciemment nuire à une personne, en abusant ou en dévoyant les hautes fonctions qui lui sont conférées, il appartient à sa hiérarchie de définitivement l'écarter de l'Institution qui l'a accueilli, Voire d'exercer à son encontre de sévères poursuites pénales ! .... Pour que plus Jamais cela !
C'est à ce prix que notre Justice, est-il besoin de le rappeler - rendue au nom du peuple français - sera comprise et respectée ainsi que l'ensemble des auxiliaires qui l'a compose.
Cordialement
Mr Mécheri

Écrit par : Mécheri | 02/04/2014

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