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13/10/2013

Merci à la vie

La Libre, Momento, Autoportrait, Grand JojoJules Jean Vanobbergen, mieux connu sous le nom de “Grand Jojo” (ou “Lange Jojo”, au nord du pays), est un chanteur populaire bruxellois. Depuis ses débuts, dans les années 70, il compte de nombreuses chansons d’ambiance à son actif.


JULES JEAN VANOBBERGEN EN 6 DATES

6 juillet 1936: ma naissance. Etre né à cette date-là, c’était déjà un signe qui me correspondait : c’est en juillet 1936 qu’on a voté la loi sur les congés payés. Cela m’a donné, dès la naissance, le goût des voyages.

1952-53: la date où tout a commencé. Je faisais partie d’un milieu d’une jeunesse d’après-guerre : le milieu existentialiste qui avait transpiré à la rue des Bouchers (laquelle n’était pas encore bordée de restaurants). C’est à ce moment-là que j’ai rencontré Brel. Il n’était pas encore très connu. J’ai aussi connu Barbara, Georges Moustaki qui était musicien dans une petite boîte de la rue. On faisait partie d’une jeunesse qui voulait refaire le monde. Notre culture, c’était Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre…

1960: avec mon diplôme d’étalagiste, j’avais été me présenter dans une très grosse boîte de disques qui s’appelait Cado Radio en tant que décorateur de vitrine. En parlant avec le boss, ce monsieur s’est rendu compte que j’étais très calé en musique de jazz, et justement, il cherchait un vendeur dans ce secteur. Il m’a donc engagé. Je suis ensuite devenu programmateur des juke-box Pulitzer. On avait 28 000 juke-box en Belgique à l’époque; j’avais donc une très grande mission, j’étais plus fort que la radio : je décidais ce qu’on allait mettre sur les appareils.

1971: je suis entré chez Vogue Belgique qui avait décidé de faire de la musique populaire, mais avec des moyens. Ils avaient Abba, Jacques Dutronc, Françoise Hardy, Frédéric François, etc. Une grosse partie de leur budget était destinée aux artistes belges, du coup, nous avons pu faire de la musique de qualité.

1986: le retour des Diables Rouges sur la Grand-Place, évidemment. Nous avons vécu de grands moments au Mexique, mais un des plus grands moments de ma vie, c’était celui-là, lorsqu’on est revenus avec des sombreros dans des Cadillac. Il y a eu un tel engouement : j’ai vu tous les Flamands, les Wallons et les Bruxellois unis sous le drapeau belge.

2012: je suis entré chez Universal Music. Ils m’ont fait confiance, ils ont remasterisé tout ce qui existait déjà et m’ont permis de faire un tout nouvel album. Ils m’ont remis sur la route de la scène. On a fait un concert au Cirque Royal qui m’a permis de me relancer dans le spectacle avec des musiciens extraordinaires et deux choristes que j’ai appelées les Allumettes, car elles mettent le feu. Le public est au rendez-vous et, ce qui est très fort, c’est que le public actuel a entre 15 et 40 ans. J’ai voulu que l’orchestre joue la Brabançonne à chaque concert pour montrer aux gens qu’on aime notre pays, mais une Brabançonne très moderne.


UN EVENEMENT DE MA VIE

Mon parcours professionnel, pour lequel je me dois de remercier la vie. Merci est le mot le plus important pour moi. Quand je vais dans les classes voir les enfants, je leur dis : “S’il y a un mot que vous ne devez jamais oublier, c’est le mot merci.” Il faut savoir dire merci dans la vie. Quand on vous fait plaisir, qu’on vous remet quelque chose et que vous profitez de quelque chose de bien, il faut savoir dire merci. C’est le mot qui résume la gratitude qu’on a envers les gens qui nous ont fait plaisir. En ce qui me concerne, je remercie la vie pour la chance que j’ai eue de faire un parcours si formidable, avec des moments extraordinaires, mais aussi des orages, des moments difficiles – comme tout le monde, je ne connais personne qui n’a pas connu de moments de très grande tristesse. Merci également de me donner, à moi, la santé de pouvoir encore faire ce que je fais à mon âge et de pouvoir vivre tous les jours ces moments extraordinaires d’une vie d’artiste. En 1970, dans mon tout premier press-book, j’avais écrit en première page que, lorsque mon étoile serait ternie et passée (je n’aurais jamais pensé, à ce moment-là, que ça durerait si longtemps), j’aurais eu un grand merci pour avoir pu vivre cette vie d’artiste.


UNE PHRASE

"L'art de la réussite consiste à savoir s'entourer des meilleurs", John Fitzgerald Kennedy
J’ai souvent mis cette citation en application. C’est encore le cas pour les musiciens qui jouent avec moi sur scène. J’ai choisi des gens formidables, ça m’aide beaucoup et ça m’apporte une deuxième jeunesse !


TROIS FILMS

"Invictus", de Clint Eastwood
Un film que j’ai beaucoup aimé, qui retrace une partie de la vie de Clint Eastwood, et dans lequel j’ai eu la chance (mais ce n’est pas pour ça que j’ai beaucoup aimé le film) d’entendre ma musique. Ce film a eu énormément de succès, et je suis très fier que Clint Eastwood ait choisi une de mes musiques pour l’insérer dans son film. Ma musique se trouve également dans un film de Gene Hackman aux Etats-Unis.

"Le dictateur", de Charlie Chaplin
J’ai adoré ce film. C’est un monument cinématographique qui m’a beaucoup marqué.

Les films burlesques
J’aime beaucoup tous les anciens films burlesques, les Marx Brothers, par exemple. J’adore aussi tous les Laurel et Hardy qui ont toujours été mes idoles. Tout ce qui est en lien avec l’humour,  mais aussi les films un peu décalés comme “Y a-t-il un pilote dans l’avion ?” ou “Y a-t-il un flic pour sauver la reine ?”, etc. Ça, c’est mon genre de films.


TROIS LIVRES

"Gainsbourg", de Gilles Verlant
J’ai été très affecté par le décès de Gilles Verlant, ce grand monsieur et grand journaliste qui avait écrit la biographie de Serge Gainsbourg. J’ai donc relu ce livre dernièrement et, de nouveau, je l’ai apprécié.

"Réveillez-moi", de Jean-Luc Fonck
J’ai lu, il y a peu, ce livre où Jean-Luc Fonck raconte ses rêves et j’ai adoré. Jean-Luc est un jongleur de la langue, il fait cela très facilement et avec un humour extraordinaire.

Les biographies en général
Je lis énormément de biographies. Je ne suis pas très romans, mais tout ce qui est biographie m’intéresse beaucoup. J’ai lu les biographies de grands messieurs comme Charles de Gaulle. Je ne suis pas non plus très BD, alors que j’avais commencé à travailler dans ce secteur. La bande dessinée, je la parcours, mais ce marché est tellement énorme et tellement difficile à suivre que, à part les vieilles bandes dessinées comme Spirou ou Tintin que je collectionne encore, le reste m’échappe.


TROIS PAYS

Le Mexique
Evidemment… Non seulement, parce que j’y suis allé avec l’équipe nationale, mais aussi, parce que j’y suis retourné après pour découvrir toute la dynastie des Mayas. J’ai visité tous les sites du Mexique, c’est un très beau pays.

Les Etats-Unis
Il y a des drapeaux américains partout chez moi, je suis un peu obnubilé par ce pays et le rêve américain. J’ai fait un voyage à Las Vegas où je suis allé voir toutes les pointures du spectacle. Le grand regret que j’ai, c’est de n’avoir jamais pu aller voir Franck Sinatra, mon idole. Par contre, j’ai assisté au spectacle de Céline Dion. J’ai également pu survoler le Grand Canyon en hélicoptère, c’était un grand moment.

Zanzibar
Je l’appelle le pays du sourire. J’y ai rencontré des gens souriants, gentils, très pauvres, mais d’un charisme extraordinaire. Ils sont de bonne humeur tout le temps. Ils sont pauvres, mais ils ne sont pas dans la misère. Et puis, le pays est tellement beau, l’océan Indien… J’adore les plages, le palmier, le sable; là-bas, je suis comblé.


TROIS ARBRES

Le palmier
Il représente le soleil, les vacances, les plages, tout ce que j’aime. J’ai réussi à en mettre dans mon jardin, ce qui fait que lorsque je suis sur ma terrasse, j’ai l’impression d’être à Nice. J’en ai sept, ils sont très grands. Je les couvre en hiver, je les dorlote beaucoup.

Le sapin
Il symbolise Noël. La fête de Noël représente énormément pour moi. Malheureusement, j’ai perdu beaucoup de membres de ma famille, et je ne peux plus fêter Noël comme j’ai pu le faire auparavant. Il manque beaucoup de gens…

Le bouleau
J’en ai un très beau chez moi aussi. Je l’aime beaucoup, car c’est dans cet arbre que viennent les petits oiseaux que je vais saluer et à qui je donne à manger tous les matins. Je voudrais que les gens comprennent l’importance de pouvoir encore regarder ce qui existe dans la nature. C’est tellement beau !


UNE DATE

Le 31 juillet 1993
Le décès de notre roi Baudouin.
J’ai vu le pays plongé dans une tristesse extrême. C’était comme si tout s’était arrêté. Le pays a été frappé de stupéfaction.


Ph. : Christophe Bortels

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