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13/10/2013

Une autre Thaïlande, entre jungle et mangrove

La Libre, Momento, Escapade, Thaïlande, Khao SokDans le sud du pays, à seulement deux heures de Phuket, une nature luxuriante se déploie, invitant à de multiples découvertes. Dépaysement garanti.

Découverte: Geneviève Simon


LE BRUIT DU MOTEUR DU BATEAU qui fend l’eau ne peut rien enlever à la majesté du paysage qui défile. Sis au cœur du parc national de Khao Sok, dans la province de Surathani, au sud de la Thaïlande, le lac Chiew Larn est un joyau né de la construction, en 1982, du barrage de Katchaprapha. Depuis, cette zone est devenue une priorité à protéger, de l’affluence et du développement hôtelier, notamment. A deux heures de route seulement de Phuket et de ses plages si fréquentées, l’ambiance est tout autre : luxe du calme, volupté du décor. Là où 350 familles ont cédé leur espace de vie à l’eau pour créer ce que certains nomment la Guilin de Thaïlande, les falaises rivalisent de lignes acérées et de végétation. Et c’est encore plus beau quand la pluie s’en mêle pour déployer ses rideaux qui rivalisent d’infinies nuances de gris. Il faut près d’une heure et demie de bateau pour rejoindre l’hôtel 500Rai, constitué de onze maisons et d’un restaurant flottants disposés en arc. Ben, le propriétaire, a pu s’y installer, parce qu’il est l’un des expropriés de la région. Il s’est lancé il y a cinq ans, avec un budget de 4 000 baths (soit quelque 95 euros) et un objectif : s’inscrire dans l’éco-tourisme. Ce qui nécessite de recycler l’eau, d’évacuer les déchets, de proposer un menu unique (en fonction des produits locaux disponibles) et de restreindre l’accès à l’électricité (de 5h30 à 21h). Repos et solitude, exploration de la forêt tropicale (avec un guide, c’est plus prudent), observation des animaux, surtout des oiseaux (955 espèces ont été recensées dans la région), nage ou kayak : la nature tient là l’un de ses plus beaux rôles. Sans oublier le lever de soleil et sa palette incomparable de couleurs qui se jouent du miroir de l’eau.

Toujours dans le parc de Khao Sok, mais un peu plus à l’Ouest, se niche Elephant Hills, un vaste domaine où les touristes peuvent participer activement à la vie des éléphants. Mais pas seulement, puisqu’une foule d’activités y sont également proposées, le plus souvent encadrées par des guides : trekking dans la jungle, safari en canoë, exploration de la mangrove à la découverte de ses animaux et jusqu’aux plages – qui furent naguère victimes du tsunami et où se cachent notamment une myriade de bernard-l’hermite. Ceci, en ayant la rare impression d’être seul au monde, puisque l’on n’y croise personne. Sur les quelque 3 000 éléphants d’Asie actuellement en vie en Thaïlande (il y en avait encore 100 000 recensés il y a un siècle, mais plus vraisemblablement 300 000), quinze sont accueillis à Elephant Hills qui développe des projets de conservation tant pour ces animaux que pour leur cadre de vie. Ici, on ne propose pas de balade à dos d’éléphant, mais un contact plus direct avec elles, puisque ce ne sont que des femelles. On peut laver les pachidermes, soit les savonner vigoureusement, puis les rincer au tuyau d’eau, et les nourrir (ils mangent de 100 à 200 kg de végétation par jour) après leur avoir soigneusement coupé courges, ananas, bananes et autres cannes à sucre – une étape qui, dans sa réalisation, a quelque chose d’une épreuve de Masterchef. Il faut ensuite proposer à leur trompe chaque aliment, morceau par morceau. Comme les humains, certains ont leur préférence, et mettent de côté ce qui leur déplaît. Il est aussi possible d’assister à leur “bain” qui relève plus de la récréation dans une eau boueuse, ou voir évoluer le petit Ha Ha auprès de sa mère, alors enchaînée pour prévenir toute réaction imprévisible. Pour prendre soin de lui au quotidien, chaque éléphant a son “maître”, venu de Birmanie, pays qui a une longue tradition en la matière. Outre une complicité évidente, celui-ci a à cœur de développer les capacités de son fidèle animal qui peut retenir et obéir à une trentaine d’ordres différents.

Au cœur d’une végétation des plus luxuriantes, sont disposées dix tentes très confortables. S’endormir au cœur de cette jungle, ses odeurs changeantes, ses bruits inédits et incessants, parfois tempérés par la pluie, en toute sécurité sous une épaisse moustiquaire, est une expérience délicieuse. Qui permet de goûter pleinement au sentiment d’être déconnecté de tout.


La Libre, Momento, Escapade, Thaïlande, Khao SokVoguer dans la mangrove
Situé à 75 km au sud de Bangkok, dans la province de Samut Songkhram, le village de Klong Kone a décidé d’œuvrer lui-même à la sauvegarde de sa mangrove, tout en faisant connaître ce patrimoine. Parce que la préservation de cet écosystème est déterminante pour prévenir l’érosion, lutter contre les effets du réchauffement climatique, et qu’il permet aux animaux et aux hommes qui y vivent d’y trouver leur subsistance. Dans cette région, qui souffre particulièrement de la déforestation, les responsables locaux ont donc créé un Centre de conservation qui développe notamment un pan éco-touristique. Une promenade en bateau y est proposée, qui peut prendre une journée. Evoluant sur l’eau, on y découvre une nature généreuse. On peut y croiser des pêcheurs qui, pour se protéger du soleil, cachent savamment leur visage sous des foulards et des treillis, ce qui leur donne un aspect quelque peu effrayant. On peut aussi nourrir des macaques friands de bananes – ils semblent habitués à ce rendez-vous avec les touristes. Pour le repas de midi, on accoste à un cottage constitué d’une haute et large plateforme faite de bambous, qui sert en quelque sorte d’aire de pique-nique. Là, est servi un repas typiquement local, surtout constitué de poissons et de crustacés. On y mange à quelques mètres au-dessus du niveau de l’eau, comme perdu en pleine mer.


Ph.: G.S.

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