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15/10/2013

La deuxième vie du château d'Envoz

La Libre, Momento, Vie de château, Envoz, CouthuinL’intéressant château dit “de Potesta”, au hameau d’Envoz, se met au service des fêtes privées. Et voici vingt-cinq ans que cela dure. Le village de Couthuin, dont Envoz dépend, est riche en patrimoine.

Philippe Farcy


NOUS SOMMES SUR L’ENTITÉ de Héron, au village de Couthuin, lequel village est remarquable pour la quantité de belles fermes (dont celle des Croisiers de Huy et son donjon porche). On y compte de très jolies maisons anciennes (dont la cure et la charmante maison des Mols visible sur www.charmesdhotes.com). Sans oublier, bien sûr, divers châteaux plus ou moins grands, jaunes ou blancs, mais tous dominés par les restes du château d’Envoz qui était jadis aux Detru.

Les Detru sont immortalisés par un très beau monument funéraire baroque en marbre dû à Jean Del Cour.

Couthuin, c’est la Hesbaye, en ses débuts, juste après le versant qui descend vers la Meuse. Quelques effets de sols procurent des vues intéressantes à certaines bâtisses privilégiées. Mais pour le coup, nous sommes dans une partie plane à Envoz, hameau de deux rues où les demeures sont inscrites en ordre dispersé.

Jadis, on pouvait accéder au château par la cour de la ferme qui sert aujourd’hui de dépendances aux activités commerciales du château. Il ne faut pas manquer de passer devant le porche d’entrée de cette ferme, magnifique en son genre. Briques et pierre bleue sont, comme souvent, d’usage dans cette région, même si nous sommes dans une zone de carrière de pierre bleue. Notons que la ferme du château d’Envoz, à cent mètres d’ici, plus robuste et de type Louis XIV, est érigée totalement en moellons de calcaire.

Le porche de la ferme Potesta est trapu, large et couronné par un arc en anse de panier à rue et par un second arc en plein cintre derrière les voussures. On est encore dans l’époque Louis XIV, car le domaine fut reconstruit en 1712, mais c’est moins sévère que dans l’autre ferme. Avant de franchir les portes de bois, on longe un embrasement bombé du plus bel effet. Cette voie est sommée par le pigeonnier.

Pour les carrosses et autres berlines à cheval, il s’agissait jadis de contourner l’espace réservé aux métayers et de faire le détour pour entrer dans le domaine via une allée. Elle a disparu, mais quelques arbres plantés à l’entrée du parc sont grands et donc ils ont de la gueule, à l’instar d’un platane vraiment fameux.

Le château se limite à un grand quadrilatère de cinq travées montant sur deux niveaux et demi auquel on a ajouté des ailes de retour d’une seule travée et qui, du côté du parc, procurent un effet de tours d’angle. Ces tours sont animées de chaînages d’angles et sommées de toitures mansardées. Sur la cour de ferme, le dispositif est tout aussi simple, mais sans les tours en ressaut.

Le bâtiment principal se caractérise en sa partie centrale par trois baies presque accolées, précédées d’un petit perron de pierre bleue. Les encadrements des baies en pierre bleue sont plats. La toiture ici est en bâtière à croupettes. Il ne s’y trouve aucune lucarne, ce qui est rare et sans doute dommage. Les lucarnes donnent de la légèreté. L’ensemble des façades est peint en blanc, comme au château d’Envoz.

L’histoire du château n’est pas très connue. On sait par Pierre-Lambert de Saumery que le domaine appartint à Jacques de Ghelain, mais que celui-ci fut privé de son bien, suite à un procès en saisie instigué par le major de Potesta qui donna son nom à la propriété.

Infos : 085.71.10.73 et www.envoz.be

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