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19/10/2013

Capter le regard et les couleurs

La Libre, Momento, Sorties, expo photo, Inde, Indi-GO, Vincent GiotCette année, le festival Europalia fait honneur à l’Inde et à ses couleurs. Illustration avec l’exposition “Indi-GO”.

Lauranne Garitte


VINCENT GIOT EST PHOTOGRAPHE amateur. Dans le cadre d’Europalia.india, il expose, au Centre culturel de Woluwe-Saint-Pierre, une vingtaine de portraits photographiques, fruit d’un voyage dans le nord de l’Inde, au Rajasthan.

L’exposition s’appelle Indi-GO. Pourquoi ?
L’indigo est la septième couleur de l’arc-en-ciel. Or, en Inde, la symbolique des couleurs est très importante. A côté de cela, il y a un jeu de mots avec “Indi” et “go” pour montrer le positivisme des Indiens. Malgré le seuil de pauvreté élevé dans la région, les gens restent accueillants et continuent à aller de l’avant.

Ce positivisme, vous avez voulu le transposer dans vos photos.
Oui, dans la vie, j’ai deux passions : la photo et le voyage. En partant trois semaines au Rajasthan, je me suis fixé le challenge de ramener de belles photos, tout en ayant un fil conducteur.

Quel était ce fil conducteur ?
Au début, j’avais organisé tout mon voyage en sélectionnant des lieux qui semblaient photogéniques, mais j’ai très vite remarqué que je me trompais. Ce qui importe là-bas, ce ne sont pas les paysages, mais les personnes ! C’est avec elles que j’ai vraiment ressenti quelque chose.

Pourtant, vous êtes à la base photographe paysagiste.
Exactement. Et c’est bien pour cela que ce voyage représentait un véritable défi. Je suis de nature plutôt réservée. Ce fut donc une expérience extraordinaire de photographier les gens de près.

Pour les photographier, il faut d’abord les sélectionner. Quels étaient vos critères ?
L’important, c’est la variété. Je cherchais des gens différents, que ce soit dans les attitudes, les habits, les regards ou les âges. Les couleurs étaient l’autre critère, car quand on voyage en Inde, on est vraiment envahi par les couleurs. Ce pays est une terre visuelle, parfaite pour un photographe (rires) !

Une fois la personne choisie, le travail n’est pas fini…
Non, en effet. Après, il faut discuter avec les gens pour vivre une véritable rencontre. Rien à voir avec la démarche d’un photographe paysagiste !

Parmi vos rencontres, laquelle a été la plus interpellante ?
Celle d’un enfant devant un temple. Il donnait de l’eau aux touristes pour qu’ils se rincent les mains. Je l’ai photographié, et cela m’a vraiment interpellé. Encore aujourd’hui, je ne sais pas ce que son regard veut dire : est-il heureux, triste ou craintif ?

Et s’il fallait retenir une photo de votre voyage, ce serait…
Il y en a deux. D’abord, la grenade qui illustre parfaitement l’Inde dans sa richesse agricole et ses couleurs. L’autre, c’est la vieille dame. Elle a une expression unique sur son visage.

Quel est votre secret pour capter l’instant grâce à la photographie ?
D’abord, il faut avoir une idée claire de ce qu’on veut faire à l’avance. Dans mon cas, je voulais un mur coloré et des gens habillés de couleurs. Ensuite, il faut être extrêmement patient, car tout se joue au hasard des rencontres.

Indi-GO, jusqu’au 25/10 au centre culturel de Woluwe-St-Pierre. Gratuit. www.vincentgiot.com


Ph.: Vincent Giot

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