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26/10/2013

Tokyo la zen

La Libre, Momento, Escapade, Tokyo, parcsTokyo donne souvent d’elle une image de fourmilière géante. Quelques havres de quiétude subsistent cependant, çà et là.

En balade: Valentin Dauchot


TOKYO EST TENTACULAIRE, foisonnante, éclatante de luminosité et transportée par une agitation frénétique qui donne à ses artères les plus fréquentées des airs de fourmilière hallucinée. Mais la mégapole aux 35 millions d’habitants est aussi une ville paisible, verte et relaxante, où les vélos sont plus nombreux que les voitures, et les transports en commun parfaitement organisés. Un conglomérat de quartiers, aux identités totalement opposées, qui confèrent à l’ensemble une passionnante diversité. L’Ouest, où brillent les boulevards survitaminés du Tokyo commercial vu et revu jusqu’à la caricature dans les films qui lui sont consacrés. L’Est, plus raisonnable, où temples, ruelles et reconstitutions donnent une petite idée de ce que pouvait être la ville avant d’être détruite par un terrible tremblement de terre, suivi d’un incendie en 1923, puis bombardée pendant la guerre. Et les quartiers d’affaires du centre, plus chics, soigneusement regroupés autour du palais impérial. Chaque quartier, chaque station de train, et même chaque pâté de maisons semble quasiment autosuffisant : magasins, supermarchés, parkings pour vélos, bureaux de poste, écoles, hôpitaux et restaurants par dizaines qui proposent peu ou prou tous les styles culinaires du monde dans un gigantesque dédale de lieux de vie où les moindres recoins sont développés pour faciliter la vie quotidienne.

De quoi rendre la ville vivable, mais difficilement supportable si elle ne conservait pas, ci et là, des sanctuaires accessibles à tous : les nombreux parcs où seuls les bruits des musiciens en herbe viennent troubler un silence apaisant, les petits marchés et autres maisons de thés souvent dotées d’une petite arrière-cour, et les cinq ou six quartiers plus éloignés qui évitent le gigantisme tokyoïte pour mieux révéler la richesse toute subtile de la culture japonaise.


Kichijoji
Certainement la “petite ville” la plus complète. Sorte de mini-Tokyo bourrée de restaurants charmants disséminés dans des artères piétonnes pour faciliter l’accès aux innombrables magasins. La vraie merveille des lieux, c’est son parc où nombre de Tokyoïtes viennent se détendre après une journée harassante. Le week-end, plusieurs retraités sortent fréquemment un violon ou un saxophone, d’autres s’adonnent au Tai Chi dans un coin tranquille, et on aperçoit de temps à autre un “Conteur de Manga” dont les clients peuvent choisir un ouvrage, posé à même le sol, qu’il déclamera sur simple demande en une petite vingtaine de minutes. Passé le parc, la forêt s’étend jusqu’à la piste d’athlétisme voisine où se cache le musée conçu par l’illustre auteur de dessins animés Hayao Miyazaki pour y exposer dessins, films, personnages et autres animations dans une vieille demeure à l’image du cinéaste.

Shimo-Kitazawa
Le coin Vintage. Ici, il faut franchir un vieux passage à niveau pour pouvoir sortir de la gare et aller traîner dans une galerie entière de magasins de récupération. Autre intérêt majeur : les bars, denrée rare dans le reste de la capitale, où l’on peut simplement boire un verre en retirant ses chaussures, bercé par une ambiance jazzy. Information salvatrice pour les voyageurs qui ne savent plus voir la soupe miso en peinture : les restaurants français, réunis dans le coin par dizaines, qui se feront un plaisir de vous servir un bout de fromage.

Kagurazaka
Moins charmant mais agréable, le quartier qui s’étend entre les stations de train Kagurazaka et Iidabashi est l’autre incarnation de cet ancien Tokyo où les ruelles serpentent d’une colline à l’autre. De quoi réaliser concrètement à quel point le Japon est un pays de reliefs à découvrir de toute urgence dans des contrées plus reculées.

Nippori
De taille plus modeste, ce quartier se visite très facilement depuis le grand parc Ueno qui débouche, presque par surprise, sur une jolie petite rue touristique où les magasins sont construits à la façon des maisons de l’ère Edo. L’endroit idéal pour goûter quelques spécialités, flâner pendant une heure, prendre un café moulu sur place, ou goûter la célèbre tarte aux pommes d’une petite pâtisserie locale réputée dans toute la ville. Passé l’artère touristique, le quartier devient résidentiel et donne une bonne idée de l’habitat typiquement tokyoïte. De quoi séduire les visiteurs échaudés par les rues fréquentées d’Asakusa “l’ancienne” qui incarne pour le plus grand nombre les vestiges du Tokyo authentique.


Ph.: Valentin Dauchot

16:15 Publié dans Escapade | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la libre, momento, escapade, tokyo, parcs | |

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