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27/10/2013

Miracle à Grandvoir

La Libre, Momento, Vie de château, GrandvoirLe château-ferme des Collard de Belloy a retrouvé sa splendeur passée. Par la grâce d’un jeune couple qui en a fait un hôtel et un appartement.

Philippe Farcy


MADAME PETIT, QUI HABITAIT jadis tout contre la commanderie teutonique des Vieux-Joncs, nous avait fait part de l’existence de Grandvoir. Le souvenir remonte aux années quatre-vingt-cinq, et votre serviteur travaillait sur un peintre liégeois du XVIIe siècle, Walthère Damery.
 
Madame Petit s’en est allée depuis longtemps, et Grandvoir fut vendu deux ou trois fois, mais toujours avec difficulté. Ce fut le cas encore en 2007, quand le Comptoir foncier proposait le bien assorti de 9 ha de parc, 74 ha de prairie et 77 ha de bois résineux. Un projet exista alors pour transformer la demeure et ses dépendances en divers appartements, mais cela ne se fit heureusement pas. Et, en décembre 2010, arrivèrent par ici, à 10 km de Neufchâteau, un couple de jeunes Bruxellois, la trentaine à peine atteinte, qui ont fait de Grandvoir ce qu’il est aujourd’hui, une perle. Désireux depuis leur mariage de se lancer dans une activité hôtelière qui puisse se marier avec la passion cynégétique du mari, Geoffroy et Barbara Dewitte firent le tour des châteaux à vendre au sud du pays, pourvu qu’ils fussent dotés d’un bon territoire. Grandvoir, c’était tout cela, avec, en plus, une rivière, la Vierre, coulant dans le parc, à moins de cent mètres des murs de la maison. Affaire faite donc, et les travaux de réaménagement du château et de la ferme débutèrent en 2011. En mai 2013, l’activité débuta. C’est une belle et rapide histoire qui se déroule ici et qui touche à sa fin. L’appartement, situé dans l’aile ouest, est sur le point d’être utilisable. Huit chambres ont été aménagées avec un goût parfait, profitant des poutres anciennes pour asseoir un art de vivre basé sur le charme et la convivialité. L’hôtel trois étoiles (c’est fait exprès; il en mérite quatre, “mais c’est trop de contraintes ”), ne fonctionne que du vendredi midi au dimanche 15h. Le restaurant, tenu par Sophie Fontaine, compte une vingtaine de places, et la priorité est donnée aux résidants.
 
 
Pour ce qui concerne l’histoire, Grandvoir sortit de l’ombre des princes d’Arenberg qui étaient seigneurs de Neufchâteau au XVIIIe siècle. Peut-être y eut-il ici un château ou une maison forte médiévale, signale Henry d’Otreppe dans le Patrimoine monumental. En tout cas, ce que l’on voit date de 1727 et fut augmenté ou aménagé à diverses reprises en ce siècle qui finit si mal.
 
Le domaine fut érigé par les Collard, maîtres de forges, devenus en cette branche Collard de Belloy (parfois écrit Bellevoy). Les Collard furent puissants en leur temps et leur plus belle maison appartient à la couronne grand-ducale, puisque c’est la résidence du grand-duc Henri, à savoir Fischbac. Le devant de l’église de Fischbach conserve encore deux très belles plaques tombales en fonte, immortalisant les anciens propriétaires. José Douxchamps signale d’autres Collard à Dommeldange, à Berbourg, à Samson et, surtout, en un lieu abordé ici déjà, Sauheid, sous Embourg (n°611). On peut supposer qu’il y avait de la parenté entre tous ces gens.
 
Pour Grandvoir, outre le monument funéraire de la famille Collard à Torimont, daté de 1843 (pas vu; pourvu qu’il existe encore), les Dewitte possèdent, dans le prolongement du château, une suite de quatre grandes pierres tombales en schiste, qui donnent des indications sur la famille.
Ici, vécut Herman Collard, législateur et un des rédacteurs du Code civil, sous le régime français, assassiné en décembre 1814 (égorgé, dit-on). Il fut membre du Conseil des Cinq-Cents et du Tribunat. Le prince Pierre Bonaparte (1815-1881) passa par ici, faillit y poser ses valises, car on dit qu’il courtisa Mlle Elisabeth Collard (fille de Pierre-Joseph : 1752-1843); mais il préféra les Epioux (Lacuisine), pas très loin de la Semois. Mlle Collard était nantie, ce qui la rendait plus belle. Lui avait un titre, quoiqu’un peu frais, ce qui le rendait moins laid. Elle possédait, en effet depuis 1856, le château de Rochefort, et aussi celui, sublime, de Bazeilles, près de Sedan. Cela dit, l’histoire est un peu scabreuse, car le prince était avec sa femme, Mlle Ruffin, dite Nina, qu’il épousa aux Epioux, en 1867, et encore en 1871.
Ici, vécut Herman Collard, législateur et un des rédacteurs du Code civil, sous le régime français, assassiné en décembre 1814 (égorgé, dit-on). Il fut membre du Conseil des Cinq-Cents et du Tribunat. Le prince Pierre Bonaparte (1815-1881) passa par ici, faillit y poser ses valises, car on dit qu’il courtisa Mlle Elisabeth Collard (fille de Pierre-Joseph : 1752-1843); mais il préféra les Epioux (Lacuisine), pas très loin de la Semois. Mlle Collard était nantie, ce qui la rendait plus belle. Lui avait un titre, quoiqu’un peu frais, ce qui le rendait moins laid. Elle possédait, en effet depuis 1856, le château de Rochefort, et aussi celui, sublime, de Bazeilles, près de Sedan. Cela dit, l’histoire est un peu scabreuse, car le prince était avec sa femme, Mlle Ruffin, dite Nina, qu’il épousa aux Epioux, en 1867, et encore en 1871.
 

Architecture
 
Sur la carte de Ferraris, vers 177, le château est bien présent en sa forme de quadrilatère.
Il présente la particularité d’être modeste dans son apparence, mais il bénéficie d’une unité stylistique remarquable grâce à l’usage de plaque de schiste grézeux. Tout cela n’a jamais bougé. A l’intérieur, les Dewitte ont tout restauré et conservé la totalité des boiseries et pierre anciennes. Il y a juste un escalier tout en bois, pour les clients, qui a été déplacé et remplacé par des éléments métalliques. La restauration de cet édifice de grande taille est due à l’architecte Thierry Sherrington, atelier DSH.
Visites souhaitées bien sûr. Le parc sera restauré dans les deux années à venir, de même que le petit canal du XVIIIe siècle, lui aussi en schiste.
www.chateaugrandvoir.be
 
 
Ph.: Ph. Fy.

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