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29/10/2013

Des arbustes comme couvre-sol

La Libre, Momento, Dehors, arbuste, couvre-solIrremplaçables, les couvre-sols habillent la terre. A l’ombre ou au soleil. Quelques arbustes forment des tapis. Ils sont difficiles à battre.

Au jardin: Marie Pascale Vasseur et Marie Noëlle Cruysmans


SOUVENT, POUR COUVRIR la terre, la première idée qui vient à l’esprit est d’installer des plantes vivaces comme le géranium ou la pervenche. Véritables alliées du jardinier, elles lui facilitent la vie et allègent le travail au jardin. Pourquoi ne pas planter également l’un ou l’autre arbuste qui ne nécessiterait pas ou peu de taille ? Qui étalerait sa robe sur le sol, empêchant quoi que ce soit de pousser en dessous ? Sans doute plus cher à l’achat, mais, ensuite, il vit sa vie sans soucis, soins ni division.

Sachez que beaucoup d’arbustes déclinent des variétés naines ou plus menues facilement utilisables pour former des tapis végétaux. Les espèces les plus basses sont adaptables aux petits jardins. Plantez assez serré par petits groupes de trois pour obtenir rapidement un résultat dense et ne pas perdre de temps. En grandes masses, les couvre-sols élargissent les proportions du jardin et apportent une touche paysagère à la composition. Très tendance. Choisissez-les d’abord pour leur feuillage longtemps présent, qu’il soit persistant ou non. Bien évidemment, un feuillage persistant sera plus performant dans la lutte contre les herbes dites mauvaises. Songez aussi aux couleurs et aux textures.


A port étalé
Quelques grands arbustes ou petits arbres à port étalé, voire pleureur, s’avèrent être d’excellents couvre-sols. Laissez les branches retomber et, éventuellement, doublez-les de plantes plus basses. A titre d’exemple, l’érable aux petites feuilles profondément découpées, Acer palmatum var. dissectum, s’étale sur environ 3m de large, alors que sa hauteur maximum ne dépasse pas 1m 60. Pareil pour sa variété pourpre. Pensez aussi à ce bon vieux bouleau pleureur, Carpinus betulus ‘Pendula’, trônant fréquemment au centre des jardinets d’entrée, aux pommiers et cerisiers décoratifs dont les branches viennent parfois caresser la terre comme Malus ‘Echtermeyer’, ‘Red Jade’ ou Prunus x subhirtella ‘Pendula Rosea’. Si vous avez de la place, voire beaucoup de place, offrez-vous le spectacle enchanteur du hêtre pleureur, Fagus sylvatica ‘Pendula’, d’environ 15 à 18 m de haut pour un étalement de 20 m de large.

Drageonnant
Quelques arbustes au formidable pouvoir de colonisation sont à prendre en compte. Le Cotoneaster se décline en plusieurs variétés basses à port étalé et à feuillage persistant très dense. Souvent décrié parce que trop populaire, il ne reste pas moins terriblement facile à cultiver pour couvrir talus et murets ou tout autre endroit difficile. C. horizontalis et dammeri, par exemple, rampent sur 1m50. Après la floraison blanche de début d’été, leurs feuilles virent au rouge à l’automne et sont accompagnées de petites baies rouges. Le millepertuis, Hypericum calycinum, peu exigeant, aux grandes fleurs jaunes lumineuses de la fin de l’été, peut rendre bien des services. Certes, vous ne pourrez plus vous en défaire, mais il faut reconnaître qu’il n’a pas son pareil pour coloniser les lieux. Les genêts couvrent les sols pauvres, sableux ou caillouteux, alors que les Vaccinum ou myrtilliers de petite taille sont incontournables dans les sols acides, sableux ou tourbeux. Leurs petites baies comestibles font le bonheur des petits et des grands.

Grimpant
Quelques plantes grimpantes jouent parfaitement les tapissantes. On n’y pense pas toujours. Le lierre bien évidemment, mais notez également l’Hydrangea petiolaris incomparable sur un talus. Couvrant environ 3m² au sol, il fleurit au printemps, offre un feuillage jaune d’or à l’automne et un bois acajou tortueux bien présent en hiver. Quelques clématites et vignes se prêtent également au jeu.

Roses
Les nouvelles obtentions de roses capables de couvrir le sol remportent aujourd’hui un succès certain. Plantées au soleil, elles ne déçoivent jamais. Leur floraison d’été est généralement suivie d’une fructification automnale. R. ‘Fil des Saisons’, par exemple, une sélection des pépinières Louis Lens, montre des branches à croissance légèrement érigée retombant joliment sur le sol. De juin à octobre, tout au long des rameaux, s’ouvrent des fleurs rose foncé puis des petits fruits rouges. Retenez aussi, parmi les sélections Lens, le classique ‘Tapis volant’, la ‘Robe fleurie’ aux fleurs simples légèrement rosées et ‘Green Snake’ ou sa version miniature ‘Petit Serpent’ qui courent sur le sol jusqu’à 1m50 en tous sens.

Conifères
N’oubliez pas les conifères nains qui reviennent en force chez les pépiniéristes. Leur feuillage persistant, parfois coloré, souligne les haies et les massifs. De plus en plus, il n’y a que l’embarras du choix. Nous y reviendrons cet hiver dans un article plus détaillé. Les pins nains des montagnes, Pinus mugo par exemple, atteignent lentement 50 cm à 1 m selon les cultivars, et Picea abies ‘Nidiformis’, une variété d’épicéa qui ne dépasse pas 60 cm à 1m de haut, s’étale sur plus de 1 m. Pour les endroits ensoleillés, les genévriers rampants, des persistants de choix.


Quelques bons numéros à retenir

Stephanandra incisa ‘Crispa’, aux petites feuilles élégantes, est un joli couvre-sol, au look de spirée, qui drageonne allègrement. Il ne suscite pas d’engouement à l’époque de sa floraison assez discrète, mais son feuillage est vraiment ravissant. Jaune orangé à l’automne.

Aronia melanocarpa peut s’étaler sur 3 m. Petit arbuste de 80 cm à 1 m de haut, lui aussi drageonne à souhait dans un sol acide à neutre, même pauvre. Les oiseaux raffolent de ses baies noires en été. Son feuillage automnal rougeoyant est resplendissant.

Deutzia gracilis ‘Nikko’, de 60 cm de haut pour une largeur de 1 m 50, est un mini-Deutzia adorable au printemps lors de sa floraison en étoiles immaculées, puis à l’automne lorsque son feuillage rougit.

Itea virginica est trop peu utilisé dans les jardins, alors qu’il tolère à peu près tous les sols, sauf ceux qui sont vraiment trop secs. S’étalant sur plus de 1 m 50, sa silhouette culmine autour du mètre. En été, ses petites fleurs blanches parfumées, réunies en racèmes, embaument le jardin. Ensuite, le feuillage prend le relais avec ses belles couleurs d’automne.

Ceanothus thyrsiflorus. Quand il pousse dans de bonnes conditions – un sol sableux, bien drainé acide à neutre –, à l’abri des grands froids, le céanothe rampant, Ceanothus thyrsiflorus var. repens, couvre un espace d’environ 2 m pour une hauteur de 60 cm. Ses petites fleurs bleues en mai et son feuillage persistant sont ses atouts majeurs.

Les fusains rampants à feuillage persistant se faufilent parmi les autres végétaux et restent des valeurs sûres. Euonymus fortunei ‘Emerald Gaiety’ a un feuillage marginé de blanc, alors qu’‘Emerald Gold’ est largement bordé de jaune. ‘Coloratus’ exhibe un feuillage rouge en hiver.

Lonicera pileata, le chèvrefeuille arbustif aux petites feuilles persistantes, colonise le sol sur environ 1 m. Souvent, on le confond avec le buis. Une bonne alternative, mais sachez qu’il demande à être taillé régulièrement, sa croissance étant nettement plus rapide.

Bambou. Pour les amateurs, Pleioblastus pygmaeus peut faire l’affaire en un temps record. Délimitez-le avec une barrière anti-rhizome pour éviter son extension devenant parfois incontrôlée.


Ph.: MNC & MPV

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