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07/11/2013

Jardiner avec les saints

La Libre, Momento, Dehors, jardiner avec les saintsBeaucoup d’entre nous voient en leur jardin un coin de paradis. C’est encore plus vrai si l’on se penche sur le petit nom de certaines plantes. Pas de doute, Dieu, ses saints et son Eglise sont passés par là.

En terre sacrée: Marie Noëlle Cruysmans et Marie Pascale Vasseur


LES GRATTEURS DE TERRE le savent, au jardin, une partie du travail se fait à genoux. Excellente occasion de prier le saint patron des plantes alentours afin qu’il intercède en notre faveur et qu’il nous délivre des manifestations du malin dans nos cultures.

Saint Fiacre, patrons des jardiniers
L’histoire veut que ce fils très pieux d’un roi d’Ecosse s’installe un beau jour en France, dans la région de Meaux. Nous sommes alors au VIe siècle. Il choisit un lieu retiré pour y construire un couvent où il soigne, nourrit et guérit les nécessiteux qui frappent à sa porte. Très vite, le terrain ne suffit plus à faire face à l’affluence. Il demande alors une nouvelle concession à l’Evêque. Le prélat lui permet de s’octroyer tout ce qu’il pourra entourer d’un fossé en une seule journée. Et c’est là que la présence divine se manifeste d’une façon dont tout jardinier rêve de bénéficier aujourd’hui encore. La terre devient miraculeusement friable et se fend comme par enchantement. De sorte qu’en temps voulu, il entoure un espace considérable.
Ces travaux de jardinage contribuent à faire de lui, notre saint patron. Il est représenté en moine tenant une bêche dans sa main droite et un livre dans la gauche.

A la gloire de la Sainte Vierge
La flore dédiée à la mère de Jésus est nombreuse. En général des fleurs printanières toutes de grâce et de beauté. Le lis de la Madone (Lilium candidum) est très certainement la plus célèbre et la plus connue d’entre elles, mais il y en a d’autres presque toutes de couleur blanche. Ainsi, le cœur de Marie (Dicentra spectabilis) s’épanouit en mai et se décline en blanc et en rose. Ses fleurs ont effectivement la forme parfaite d’un cœur. L’alchemille, Alchemilla mollis, est le manteau de Notre-Dame, les gouttelettes de rosée perlent joliment sur ses feuilles. Après le manteau, les gants de Notre-Dame, soit la digitale. Selon la légende, le chardon-Marie porte les traces du lait de Marie sur son feuillage taché de blanc.

Les saints de glace
Qui sont-ils donc ? Dès qu’il s’agit de composer des jardinières ou de planter des annuelles, saint Mamert, saint Pancrace et saint Servais sont sur toutes les lèvres et, plus particulièrement, celles des mains vertes. Les 11, 12 et 13 mai passés, la frénésie des plantations commence. En théorie, plus de crainte de gel tardif et autres joyeusetés capables de réduire à néant les rêves et le travail des jardiniers téméraires. Traditionnellement, ce triumvirat marque le dernier risque de gelée. A une époque, ils sont même bannis des calendriers car jugés trop peu “catholiques”, voire carrément païens. Vérification faite, ils sont à nouveau présents dans les bons agendas jardiniers. Ne les négligez pas. La météorologie nationale, assez peu soucieuse de proverbes et autres dictons, ne nie pas qu’il existe une période très froide pouvant survenir jusqu’à la fin du mois de mai. Une rumeur prétend par ailleurs que, comme les mousquetaires, ils ne sont pas trois mais quatre… ces fameux saints de glace.

Contes et légendes
Marie Gevers raconte à sa manière dans “L’herbier légendaire” les contes et les légendes du folklore floral. Voici la petite histoire de la primevère et des clefs du Paradis. Saint Pierre sort de son sommeil hivernal encore tout engourdi. Il s’approche des portes du ciel, ouvre et s’avance sur le perron. Il regarde et ne voit d’abord que brumes et grisailles, puis un rayon de soleil perce et toute la splendeur du printemps s’offre au regard du vieux saint. “Que c’est beau !”, s’exclame-t-il, tout ému. Dans un geste d’admiration, il ouvre les mains et les clefs du Paradis lui échappent. Elles tombent, tombent et vont choir dans l’herbe. Voici qu’elles prennent racine. Ainsi naît la Primula veris, dite clef de saint Pierre. Cette historiette concerne la variété sauvage dont les fleurs de couleur jaune sont disposées de telle façon qu’elles font penser à un trousseau de clefs.

Commentaires

Bonjour, voici un petit billet de la Libre qui plaira je crois aux saints hôtes de la Diglette.

Écrit par : Michel | 11/11/2013

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