Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

10/11/2013

Prendre le bon train

La Libre, Momento, Autoportrait, SauleSaule, de son vrai nom Baptiste Lalieu, est un auteur-compositeur-interprète belge. Après ses deux premiers albums, il revient sur le devant de la scène avec “Géant”, opus réalisé avec la complicité de Charlie Winston.


BAPTISTE LALIEU EN 6 DATES

25 septembre 1977 : ma date de naissance. Je suis né dans un hôpital de Mons, pendant la nuit (d’où mon attrait pour la vie nocturne, sans doute). Cinq ans plus tard, mon frère est venu agrandir la famille.

31 octobre 1998 : je me marie. J’avais 20 ans, ce qui est très jeune. J’ai rencontré la femme de ma vie et on s’est rapidement mis en ménage. Nous avons très vite parlé mariage et ça a été un vrai pari puisqu’on était très jeunes et on ne savait pas très bien où on allait, on savait juste qu’on avait envie de vivre ensemble. Nous venons de fêter nos quinze ans de mariage : pari réussi, donc !

30 février (mon label) 2006 : mon premier album “Vous êtes ici”. C’est aussi mon premier disque. Ça a été une surprise incroyable car, la première fois qu’on signe avec un label, c’est à la fois très excitant et très angoissant, on a tellement entendu parler du petit groupe qui se fait exploiter, des désillusions, etc. Mais finalement, ça a été génial : l’album a été disque d’or, l’accueil a été superbon, autant par la presse que par le public. A l’époque, je donnais des cours de théâtre pour enfants et mon label m’avait dit qu’il faudrait que j’arrête mon activité; mais, dans ma tête, je me disais : “Cause toujours”, je ne croyais pas une seule seconde gagner ma vie en faisant de la musique. Ça a été une véritable surprise, car c’était un album qu’on avait fait avec trois bouts de ficelle…

8 juin 2007 : naissance de mon premier fils, Theo. Dans la vie de tout être humain, la naissance de son premier enfant est quelque chose d’incroyable. En plus, j’ai pu assister à l’accouchement. Voir le premier souffle de son enfant, c’est un moment unique au monde.

23 décembre 2010 : naissance de mon second fils, Noé. On croit qu’on est blasé, qu’on a vécu ça une fois et que donc c’est facile, mais ça chamboule toujours autant.

Novembre 2012 : sortie de mon troisième album “Géant”. On m’a toujours parlé du deuxième album; car, quand on a eu du succès avec le premier, le deuxième, c’est montrer à tout le monde que ce n’était pas juste un “one shot”. Et puis, on a commencé à me dire que l’album vraiment clé, c’était le troisième (maintenant, j’ai peur de ce qu’on va me dire au quatrième !). Il est vrai que, le troisième album, c’est souvent celui de la remise en question. On a fait un premier disque, on en a fait un deuxième dans lequel on a un peu réglé ses comptes avec le premier et, ensuite, il faut se réinventer, ne pas tomber dans l’ennui, pour soi et pour les autres. Il y avait une envie de pousser l’horizon un peu plus loin, de remettre les pendules à l’heure par rapport à cette culture anglo-saxonne que j’aime aussi et qui ne se retrouvait pas spécialement dans ma musique qui était fort étiquetée chanson française. Déjà, avant la rencontre, avec Charlie Winston, rien que dans l’écriture, j’avais décidé de franchir un cap, d’ouvrir très fort les horizons musicaux et Charlie m’a aidé à enfoncer le clou, à aller jusqu’au bout du processus.


UN EVENEMENT DE MA VIE

Un moment de vie qui m’a marqué, c’est difficile de n’en nommer qu’un. Comme je l’ai mis plus haut, la naissance de mes enfants, ma vie de couple, ce sont des moments majeurs qui ponctuent mon existence.
Mais pour sortir un peu des sentiers battus, je peux parler de ma rencontre avec Ben. Un sans-abri qui traînait à la Gare Centrale sur le quai. J’attendais le train. J’étais dans une période de ma vie qui, symboliquement, signifiait la même chose : j’étais paumé dans mes études, je me posais des questions sur qui j’étais réellement, sur le sens que je donnais à ma vie, “j’attendais le train” sans savoir quand il arriverait. Et ma discussion avec Ben m’a totalement bouleversé. Il m’a parlé spontanément de mille choses, des valeurs importantes de ce monde : fonder une famille, chérir sa femme, vouloir fondamentalement faire le bien autour de soi envers et contre tous les jugements des autres, le qu’en-dira-t-on.
Je trouvais ça fou que cet homme, totalement abandonné, laissé-pour-compte, dans sa carcasse de clochard, ait eu autant de bienveillance à mon égard. J’ai raté trois trains ce soir-là, mais j’ai fait une sacrée rencontre, marquante !


UNE PHRASE

“L’esprit, c’est comme un parachute, s’il reste fermé, on s’écrase.”
Franck Zappa


TROIS LIVRES

“L’alchimiste”, de Paulo Coelho
Ce livre m’a vraiment interpellé lors de mon adolescence. Le principe de “légende personnelle” a vraiment été déterminant dans mes choix de vie, et, encore aujourd’hui, ça influence ma façon de penser.

“Lettre à un jeune poète”
J’avais l’impression que chaque mot s’adressait directement à moi, comme si un vieil artiste me transmettait toute sa fougue et son savoir.

“Le livre de ma mère”, d’Albert Cohen
Une superbe ode sur l’amour filial, sincère et tendre.


TROIS FILMS

“Le cercle des poètes disparus”, de Peter Weir
Une claque ! Une vraie révolution dans mon esprit et dans mon adolescence. L’éveil au théâtre et à la poésie.

“Edward aux mains d’argent”, de Tim Burton
Tout l’univers de Tim Burton, son génie, sublimé par les musiques de Danny Elfman.

“James et la grosse pêche” (produit par le même auteur)
Un des premiers films que je suis allé voir avec mon amoureuse. Un petit bijou d’animation, du coup, une succulente madeleine de Proust.


TROIS LIEUX

La Gaume
Un endroit sublime. De très jolis et simples souvenirs : des ruisseaux, des forêts, des balades à vélo, un hameau appelé “Watrinsart” (d’ailleurs le Q.G de mon ami Servais).

Venise
C’est classique, mais je comprends tout ce qui a été écrit et raconté sur cette ville. Je recommande la visite en hiver : moins de touristes et beaucoup plus magique le soir.

La Sicile
J’ai des origines siciliennes, du coup, ça me parle. Mais tout le folklore de là-bas, les plages, les paysages sublimes des petits villages, sans oublier les spécialités culinaires, c’est un paradis sur terre !


UNE DATE

Le 11 septembre 2001
Je ne pensais pas que l’esprit humain pouvait être aussi tordu et cruel. Paradoxalement, le soutien international qui a suivi et, surtout, l’entraide parmi les familles et les proches des victimes furent un grand symbole d’humanité.


Ph.: Mathieu Zazzo

Les commentaires sont fermés.