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11/11/2013

Nouvel An grand siècle

La Libre, Momento, Vie de château, château de la Barre, SartheLes Vanssay font de leur château de la Barre un lieu privilégié, entre respect des traditions et ouverture sur le futur qu’impose une comtesse d’outre-Atlantique.

Philippe Farcy


NOUS SOMMES DE RETOUR dans la Sarthe pour évoquer à nouveau un petit périple de fin de printemps, qui nous permit de faire quelques découvertes délicates dont la Barre ne fut pas des moindres. Près de Saint-Calais, sur le village de Conflans-sur-Anille, le château du jeune comte de Vanssay brille de ses éclats orangés dans un parc immense. Le chemin qui mène à la cour d’honneur, depuis la voie publique, est bien long de mille mètres, et, dans les prairies piquées de quelques gros arbres, les vaches regardent le temps passer avec la quiétude d’un air de province. On est si loin du brouhaha de la ville qu’elles ne seraient pas surprises de voir passer des carrosses. Oublions le nôtre, misérable tas de ferrailles qui faisait tache sur l’aire de rangement des automobiles où les Jaguar, les BM et les Porsche rivalisaient de prestance. Mais une fois dedans, finie cette ségrégation imaginaire; point de postillon ni de cocher, mais deux hôtes affables et d’une élégance simple, habitués à recevoir en leur demeure qui n’est pas un hôtel, sans être une maison d’hôtes.

On navigue entre les genres qui n’ont guère d’importance, pourvu que les pensionnaires du moment se sentent à l’aise. Allemands, Anglais, Américains du Nord et Français du Sud composaient un voisinage que les maîtres de céans mélangèrent avec dextérité pour assembler tout cela autour d’une table grandiose. Madame, née Margaret-Anne Jadden, reçoit, avec la même joie de vivre et un dynamisme incroyable, sa parentèle et ses invités éphémères.

La salle à manger est superbe et ornée d’un vaisselier en deux-corps que le comte nous dit être liégeois, du XVIIIe siècle. Pfffff, pas de chance, cette pièce superbe n’était et n’est pas de notre bonne principauté. “Ahhhhhhhhhhh”, fit le comte un peu attristé. Nous l’étions plus que lui, et pour cause.

Les Vanssay sont d’une vieille famille d’extraction chevaleresque, médiévale, d’origine bretonne, qui eut les honneurs de la Cour. De quoi intimider a priori, mais pas du tout, car habitués à se frotter à tant de monde venu d’horizons très différents, les Vanssay savent manier les genres, s’adapter et mettre les petits plats dans les grands, pour les grands comme les petits. Le domaine de la Barre est dans leur apanage depuis 1404, par mariage. Avant cela, la famille avait fait souche à Vancé, dont ils tirèrent leur nom. Jusqu’au XVIIe siècle inclus, la maison des maîtres était située en fond de cour et les ailes étaient constituées de murailles ornées de tours circulaires à crénelages. Une aile d’habitation était d’usage au XVIIe siècle, sur le flanc gauche en regardant la bâtisse. Et la chapelle, récemment restaurée, se trouve derrière l’édifice en long.

Résider à la Barre fut donc un moment privilégié au cœur de la belle saison, dans une région du sud de la Sarthe qui frôle la Loire, et surtout baigne par-dessus le Loir où les châteaux sont nombreux, comme celui de La Flotte ou La Possonière où résidait Ronsard, et parfois à vendre, comme celui, magnifique, de Bénéhard, posé à flanc de colline. Paris se situe à 170 km des grilles du château. Le réveillon de Nouvel An à la Barre est, paraît-il, féerique.

www.chateaudelabarre.com

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