Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

12/11/2013

Les Canaries, côté volcans

La Libre, Momento, Escapade, Canaries, volcansEt si nous tournions le dos, au moins temporairement, aux rivages ensoleillés des Canaries pour regarder vers l’intérieur des terres ? Itinéraire subjectif de Gran Canaria à Lanzarote, avec escale à Ténérife.

 
Découverte: Pierre-François Lovens

“FAIRE” LES CANARIES, comme on ferait le Cap-Vert ou, plus loin de nous, les Caraïbes. On peut le faire de bien des manières. En touriste, certes, mais de différentes façons. S’agissant de l’archipel des Canaries, la tentation est forte d’y poser ses valises dans un des nombreux complexes hôteliers et de faire des allers-retours entre piscines et plages ensoleillées tout au long de l’année.
“Faire” les Canaries, c’est aussi choisir son ou ses points de chute. A moins d’y passer de longues semaines pour parcourir les sept îles principales, il est conseillé d’en choisir une, deux ou trois.
Va pour trois ! Et, surtout, pour une découverte de la véritable richesse de la plus orientale des communautés autonomes d’Espagne : ses volcans.
 
Lanzarote, Timanfaya
Timanfaya, montagne de feu ! Nous sommes au cœur de l’activité volcanique des îles Canaries (même si les éruptions observent un long sommeil depuis 1824). Les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’île de Lanzarote, d’une superficie d’environ 845 km2, est recouverte pour une bonne partie par la lave crachée, dit-on, par 300 cratères appartenant à 100 volcans. Le symbole du parc national de Timanfaya (photo), qui est situé dans le sud-ouest de l’île, n’est autre que le diable (el diablo, symbole qui donne son nom au restaurant panoramique conçu au cœur du parc par l’architecte local César Manrique). Un souvenir du véritable enfer vécu durant six longues années, de 1730 à 1736, par la population locale. Il faut voir les imposants champs de lave bordant le petit village de Yaiza pour saisir l’ampleur des éruptions qui frappèrent l’île. En pénétrant dans le parc (51 km2), on découvre l’incroyable tumulte tellurique provoqué par ces six années d’éruptions ininterrompues. Les flots figés de lave et la cendre forment un gigantesque manteau noir. Les panoramas à 180°, dominant les cratères avec la mer à l’horizon, sont grandioses. La végétation y a refait son apparition, mais discrètement. A certains endroits, sous quelques mètres à peine du sol, les températures peuvent encore atteindre les 600 °C… Afin d’en convaincre les visiteurs, les employés du parc de Timanfaya passent d’ailleurs leurs journées à enfoncer des branchages dans de petits trous (lesquels s’enflamment en quelques secondes) ou à verser de l’eau dans des tuyaux enfoncés verticalement dans le sol (ce qui provoque de spectaculaires fontaines de vapeur).
 

Lanzarote, Puerto Calero
Bienvenue à la Marina de Puerto Calero, le Saint-Tropez de Lanzarote… Luxe, calme et volupté. Et comme le touriste n’est pas venu uniquement jusqu’ici pour parfaire son bronzage et admirer les champs de lave, on lui propose un petit safari sous-marin. L’activité, si elle est relativement onéreuse, ne manquera pas d’émerveiller les plus jeunes; et pour les plus âgés, le “yellow submarine” entonné en fin de balade évoquera sans doute de bons souvenirs. On y embarque donc à 22 (nombre de hublots disponibles) pour une plongée de 45 minutes à 36 mètres de profondeur. L’engin fait 18 mètres de long et 4 de large. Un joli joujou de 106 tonnes fabriqué en Finlande pour la coquette somme de 3 millions d’euros… Le visage collé à la vitre du hublot, on y croise des bancs de mérous, de pageots, de sardines, de rougets, etc. Un aquarium grandeur nature où on peut aussi apercevoir quelques épaves, accidentées ou plongées volontairement pour en faire des sanctuaires à poissons.
 

Ténérife, El Teide
Le touriste de passage sur l’île de Ténérife est immanquablement surpris d’apprendre que le point culminant du royaume d’Espagne se situe à plus de mille kilomètres des côtes orientales de la péninsule ibérique. Car c’est bien au cœur de Ténérife qu’on le trouve. El pico del Teide – cône volcanique en forme de pain de sucre doté d’un diamètre totalisant pas moins de 8 kilomètres et d’un cratère de 70 mètres – domine tout l’archipel canarien du haut de ses 3 718 mètres. Mais le Teide ne se dévoile pas facilement. Au départ de Puerto de la Cruz (au nord de l’île, là où le célèbre architecte César Manrique, originaire de Lanzarote, a construit un étonnant complexe de sept piscines à l’eau de mer), le centre montagneux de l’île est le plus souvent couvert d’un épais matelas de nuages. Il faut passer le cap des 1 700-2 000 mètres pour voir enfin surgir l’imposant pic volcanique dans un ciel au bleu intense. Posé sur un plateau lunaire rocailleux, El Teide se dresse alors face à vous de façon majestueuse dans un paysage digne des plus beaux westerns. Pour atteindre le refuge situé à 3 200 m, il vous faudra plus de 3 heures à pied. Et pour fouler le sommet, il sera indispensable de vous procurer une autorisation à Santa Cruz. Autant le savoir…
 

Ténérife, La Laguna
Située à une dizaine de minutes de l’imposante capitale de Santa Cruz, la cité de La Laguna est aujourd’hui devenue un important pôle universitaire (avec quelque 30 000 étudiants). Du XVIe au début du XIXe siècle, La Laguna fut la capitale et le centre culturel de l’île de Ténérife (la plus grande de l’archipel des Canaries). Il en reste un centre historique à ne pas manquer, à tel point qu’il a été classé, en 1999, au patrimoine mondial de l’Humanité par l’Unesco. La Laguna vaut surtout pour le tracé de ses rues – inspirant ultérieurement la construction de plusieurs grandes villes d’Amérique latine – et les nombreux édifices de style colonial (avec leurs balcons en bois et de superbes patios arborés), à l’image de la Casa del Corregidor et de la Casa de los Capitanes Generales. Le long d’une longue rue en pavés, ces maisons arborent une éblouissante palette de couleurs (jaune, blanche, ocre…). Les édifices religieux – dont la cathédrale de Nuestra Señora de los Remedios (malheureusement fermée depuis de nombreuses années en raison d’une rénovation) et l’ancien couvent de Santa Catalina de Siena – témoignent aussi de l’ancien statut d’évêché de La Laguna.
 

Gran Canaria, route de Pico de las Nieves

Nous laissons derrière nous Puerto Rico et Maspalomas, les deux pôles ultra-touristiques de la côte orientale de Gran Canaria. Dos à la mer, nous empruntons la GC-60. La route part à l’ascension du Pico de las Nieves, point culminant de l’île (1 950 mètres), avant de basculer sur Las Palmas de Gran Canaria, ville industrielle et commerciale dotée du plus grand port de l’archipel. La route prend rapidement de la hauteur, offrant de splendides panoramas sur la plaine côtière. Mais nos regards sont avant tout braqués sur les points de vue offerts par l’enchaînement de petites vallées escarpées et d’anciens cratères, témoins de lointaines éruptions volcaniques. L’aridité du terrain se conjugue à une étonnante diversité de la flore : palmiers et pins canariens (dont l’épaisseur de l’écorce permet de résister aux incendies), roseaux (signes de l’existence de nappes phréatiques), cactus, amandiers sauvages, châtaigniers, figuiers… A l’approche du Pico de las Nieves, les forêts de pins se densifient, résultat d’une politique active de reboisement menée depuis quelques décennies. Aujourd’hui, cette politique a permis de reboiser près de 40 % de la superficie de Gran Canaria. Du sommet, le cirque de montagnes est magistral. C’est ensuite la descente vers Las Palmas et la traversée de zones à la fois plus fertiles et habitées, avec une halte conseillée dans le très beau village incliné de Teror.
 
 
Ph.: Reporters

Les commentaires sont fermés.