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17/11/2013

Et d’ailleurs, même pas peur !

La Libre, Momento, Bien-être, peur, enfant, Fear HuntersTerreurs nocturnes, horreur des petites bêtes, frayeurs en tous genres,… les chasseurs de peur ont débarqué. Made in Belgium, les Fear Hunters veulent aider l’enfant à surmonter ses angoisses.

Rencontre: Laurence Dardenne


C’EST L’HISTOIRE D’UN PAPA qui, après avoir suivi un cursus scolaire et universitaire on ne peut plus classique, travaille comme consultant en marketing, en management, puis dans une banque, un cabinet d’avocat d’affaires… Un papa qui, au niveau professionnel, commence à s’ennuyer quelque peu. Un jour – ou peut-être était-ce un soir –, le papa va rechercher ses deux garçons chez leur grand-mère. Et l’aîné, Max, alors âgé de 11 ans, lui tend un petit coussinet blanc, triangulaire. Curieux visage borgne, un bouton orange pour l’œil droit, une croix brodée à gauche, au-dessus d’une bouche noire.
 
Un petit monstre de tissu cousu main dans l’après-midi par la mamy sur base du patron dessiné par le gamin. Perplexe, le papa, qui se nomme Gauthier Bribosia, est interpellé et interroge le fiston, qui lui explique l’histoire de l’objet en question, petit personnage sorti de son crayon et de son imagination.
 
Nous étions alors en 2008. Et, sans le savoir, l’ancêtre des Fear Hunters, ces chasseurs de peur, était né. Aujourd’hui, la famille s’est bien agrandie. Elle se compose notamment de Skully, qui n’a même pas peur du noir; Mummy, qui ne craint pas les vieilles sorcières; Hammer, qui ne redoute pas les catastrophes; Ginger, qui ose affronter les fantômes; Zoombie, que les monstres n’effrayent pas le moins du monde; Oswald, qui fait fuir les maladies; et Teddy, qui, lui, n’a carrément peur de rien !
 
Ce que j’ai aimé dès le début dans cette aventure, nous confie Gauthier Bribosia, c’est qu’il y a eu l’imagination des enfants qui ont inventé des personnages gentiment monstrueux; une collaboration entre un enfant et un adulte, en l’occurrence la grand-mère, et, enfin, une association de compétences, à savoir l’imagination de l’enfant et sa faculté de la traduire par un dessin et celle de l’adulte qui a pu en faire un objet. Tout cela me plaisait au départ et est en filigranes dans la genèse du projet”.
 
Il n’empêche, le papa reste perplexe. Il trouve que “quand même, ce petit bonhomme a franchement une drôle de tête”. “Cela ne correspondait pas à mon référentiel graphique, nous explique-t-il. Je vois que les monstres ont bonne presse auprès des enfants, mais, en même temps, je trouve tout de même bizarre qu’il manque un œil. Puis aussi, cette cicatrice… Je suis partagé. Il y a en même temps une interrogation et un intérêt qui se manifestent”. Assez rapidement, il trouve quand même l’idée “plaisante”. “Et comme je m’ennuyais dans mon activité de consultant, je me suis dit que le moment était peut-être venu de créer quelque chose en parallèle.”
 
Le papa propose alors à ses fils de poursuivre leur démarche et de représenter d’autres petits monstres, tout en gardant les mêmes caractéristiques que celles de départ. Les cicatrices du valeureux chasseur de peur et des formes simples, géométriques. “De l’ensemble des discussions que j’ai pu avoir à l’époque, il ressort que tous ces personnages cabossés ont vaincu leurs peurs, ils se sont battus contre leurs propres frayeurs, et comme le combat a été difficile, il y a eu des bobos en chemin. Mais, du point de vue des enfants, ils en sont sortis vainqueurs. Cela veut dire que, non seulement ils ont grandi, mais qu’en plus, leurs petites marques sont le témoignage de leur victoire.”
 
Que ce soit sur les fantômes, le grand méchant loup, le noir, le vide, les catastrophes naturelles, la mort, l’abandon, les voyages, l’orage, les araignées, les vampires, les maladies, l’échec scolaire…
 
 
 
“Terreur à la cave”, ou le triomphe de la lumière sur les ténèbres
 
Déjà qu’ils affichent des tronches pas possibles en peluche, les Fear Hunters sont plus expressifs encore dans leurs aventures livresques. Pour accompagner le “doudou”, deux petits livres, élaborés avec la précieuse complicité de Diane Drory, psychologue et psychanalyste spécialisée dans les troubles de la petite enfance : “Terreur à la cave”, présenté comme “un conte moderne sur la peur du noir et les moyens de la vaincre”, et “Menace sur Noël”, ou l’aventure d’Hammer et Ginger, un conte fantastique sur la peur des catastrophes naturelles.
 
Pourquoi le livre ? “Lorsque l’enfant est confronté à des émotions qui le submergent, il a besoin de l’expérience et du réconfort des adultes; il nous apparaît, en effet, essentiel qu’il y ait un accompagnement, nous répond Gauthier Bribosia. Le livre est un magnifique vecteur de communication entre l’adulte et l’enfant sur une thématique. C’est un outil. Les histoires sont rigolotes; elles ont pour vocation de dédramatiser la peur et, surtout, de proposer aux enfants des stratégies”.
 
Plongeons-nous dans l’aventure d’Oswald et Skully, unis face à Shadoz. ar un après-midi d’orage, Skully, qui ne craint pas le noir, et Oswald, dont c’est la frayeur, même si, lui, ne redoute pas les maladies, jouent au foot dans la maison. Bing ! Bang ! Bong ! Et goal, le ballon déboule… dans la cave où – pop ! – surgit un Bou-Wouz, Shadoz, une teigne qui se plaît à se cacher dans les lieux sombres pour semer la peur du noir. “En un éclair, Shadoz, l’esprit de la peur du noir, bondit sur la lampe et détruit l’ampoule de son rayon maléfique.” Sans l’ombre d’une once de lumière, impensable pour Oswald de descendre la première marche de l’escalier qui le mène au ballon perdu au fin fond de la cave. “Tirons-nous, j’ai trop la trouille”, l’autre version de “Courage, fuyons”, la mine déconfite, Oswald n’en mène pas large. Mais oups, boum et patatra ! Paf, hummmpff et gnaaaaah, Skully engage la bagarre et brave le démon. Et soudain, Clic, la lumière fut. Oups, aaargh et pouff, Shadoz n’est plus. Eclipsé. Morale de l’histoire : plus de peur… que de mal !
 
 
 
Ph.: L. Bazzoni

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