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23/11/2013

Le saule dans tous ses états

La Libre, Momento, Dehors, saule, semaine de l'arbreCette année à la Sainte-Catherine, la Wallonie met le saule à l’honneur. Saule pleureur ou têtard, osier ou palissade, il est une des plantes les plus utilisées par l’homme.

Carte d’identité: Marie Pascale Vasseur et Marie Noëlle Cruysmans

CELA FAIT BIENTÔT 30 ANS que la Région wallonne fête un arbre à la fin du mois de novembre. L’occasion de mettre à l’honneur une essence indigène appartenant à notre patrimoine et d’y sensibiliser le grand public. Ce week-end est le point d’orgue de la semaine de l’arbre. Diverses communes sont sélectionnées pour la distribution de plants. De saules bien entendu, mais aussi d’autres végétaux bien de chez nous capables, notamment, de constituer de belles haies. Informez-vous auprès de votre commune ou surfez sur le site de la région pour savoir où, quand et comment cela se passe : www.environnement.wallonie.be/dnf/semarbre. Cliquez également : semaine de l’arbre en Wallonie.
 
Le bois
Quelques espèces à la croissance rapide sont spécialement cultivées pour la vannerie. Leur bois est extrêmement souple, d’où l’intérêt de tailler les osiers pour avoir des longues pousses d’un seul tenant. Cela stimule la pousse et accroît la longévité de la plante. La récolte des branches a lieu tous les hivers avant la pousse de printemps, soit au ras du sol, soit sur le tronc qui forme un têtard. S. viminalis, le saule des vanniers, vert et grenat; S. triandra, le saule à 3 étamines à écorce brune; S. alba ‘Vitellina’, aux rameaux jaune doré sombre; et le saule blanc, S. alba, aux rameaux dont la couleur varie du brun olive au jaune, orange et même rouge cireux pour la variété S. alba ‘Chermesina’ (syn. ‘Britzensis’). Un petit saule à la couleur étonnante est l’américain S. irrorata. Il présente des tiges blanches couvertes de pruine lorsqu’il est rabattu au printemps. On dirait qu’il est badigeonné de blanc. Il fait penser aux fameuses ronces à écorce blanche, tel Rubus cockburnianus.
 
Le feuillage
Quelques-uns se distinguent par un feuillage gris, voire argenté. S. exigua, lanata, helvetica ou sericea réveillent les parterres. Le plus gracieux est sans nul doute le premier des trois, S. exigua, le saule des coyotes un rien dégingandé, mais dont le feuillage allongé et argenté est d’une finesse extrême. On croirait une graminée. Le feuillage du saule drapé, S. elaeagnos (syn. S. rosmarinifolia), ressemble à celui du romarin, alors que le saule marsault à celui du prunier. Quant à S. integra ‘Hakuro nishiki’, dit saule crevette, il est devenu incontournable dans nos jardins. A un point tel que beaucoup le boudent actuellement. Pourtant, bien placé à mi-ombre, ses petites feuilles vertes marbrées de blanc se teintent de rose au printemps et forment un éclat de lumière. Généralement greffé, il est idéal pour les petits jardins.
 
Tout est bon
Depuis des millénaires, les saules vivent à l’état naturel dans l’hémisphère nord. Dans des biotopes très différents. Mais, surtout, les pieds dans l’eau. On les utilise souvent pour aménager les berges des rivières et réduire les excès d’eau dans le sol. Le saule se décline en centaines d’espèces d’arbres, arbustes et arbrisseaux, sans compter les multiples hybrides. Tout est bon chez lui. Utilisé pour la vannerie, le bois de chauffage et le fourrage, il est aussi une plante mellifère et médicinale. L’écorce du saule blanc contient, en effet, de la salicine aux vertus fébrifuges et antirhumatismales. L’ancêtre de notre aspirine, synthèse de l’acide acétylsalicylique.
 
Le sol
Les saules de nos campagnes poussent naturellement les pieds dans l’eau, mais sachez cependant que certains poussent dans des milieux secs. On les reconnaît à leur feuillage au revers blanc duveteux et à leur petite taille, comme le S. repens très à l’aise dans les rocailles ensoleillées. S. lanata et tous les saules alpins apprécient ce type de conditions, alors que S. elaeagnos à feuilles de romarin peut constituer de belles haies dans des sols secs et pauvres.
 
Les chatons
Les chatons dressés du saule marsault ou saule des chèvres, S. caprea, annoncent le printemps dès le mois de février. On le reconnaît à ses larges feuilles et à sa proximité de l’eau. S. caprea ‘Kilmarnock’ est cette forme retombante peu encombrante et intéressante pour ses chatons précoces. Pour qui sait le dénicher, S. caprea ‘Silberglanz’ est un des champions en chatons.
 
La silhouette
La silhouette du saule est très diversifiée. La plus célèbre, et la première qui vient à l’esprit, est certainement celle du saule pleureur. Romantique, majestueux et élégant, trônant généralement au bord des étangs dans lesquels il se mire. Quantité d’espèces ont des formes retombantes. Par exemple, S. x sepulchris, arbre de position souvent planté dans les grands jardins et les parcs au XIXe siècle. Dans le genre pendula, il existe une réduction pour les petits jardins, le S. caprea ‘Kilmarnock’, généralement greffé sur une tige à 1m50 de haut. Qui dit saule, dit aussi têtard. Noueux, étrange. Une trogne bizarre. Tous, nous avons en tête une image de têtard le long de prairies. Il fait partie intégrante de notre paysage. L’allié des agriculteurs. Ses cicatrices et bourrelets sont parfois impressionnants, témoignages du temps où l’osier servait à palisser, tresser, cercler… Son tronc creusé par l’âge accueille des centaines d’insectes et de petits animaux. En réalité, plus il est taillé, mieux il se porte. S’il n’est pas taillé, son tronc finira par se fendre sous le poids des branches et, irrémédiablement, il passera de vie à trépas.
Parfois, l’arbre est terriblement tordu, comme le chinois S. matsudana ‘Tortuosa’. Ses branches ondulantes croissent en spirales. Comme de curieux tire-bouchons. L’hybride S. ‘Erythroflexuosa’, aux feuilles frisottées et aux ramilles bien rouges, est moins haut que le précédent. Environ 2-3 m de haut. Spectaculaire au soleil. S. udensis ‘Sekka’ est un buisson pittoresque aux branches torturées et aux feuilles aplaties et même fasciées. S. alba ‘Dart’s Snake’ est le plus vigoureux des tortueux. A la manière d’un serpent.
Certains saules sont carrément minuscules. Le plus petit mesure 1 à 2 cm. Pour les rocailles des collectionneurs. Le plus petit arbre du monde serait d’ailleurs un saule de 1 mm de haut, S. herbacea. Les saules des montagnes ont l’allure de couvre-sol. S. repens, par exemple, qui rampe, comme son nom l’indique.
 
 
Ph.: Michel Gile/Oredia/Reporters

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