Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

24/11/2013

Les objets sont nos amis, il faut les aimer aussi…

La Libre, Momento, Tendances, design, la tyrannie des objets, ParisA la Galerie des Galeries, à Paris, les objets jouent les vedettes dans l’espace d’exposition. Au menu jusque janvier, “La Tyrannie des Objets”, ou comment on ne commande pas toujours ces objets que l’on a inventés.

 
Réunies par Alexandra Fau, commissaire de l’expo, des pièces, à la frontière entre art et design, qui disent comment la machine peut prendre le pas sur l’humain, en un tour de main. Gare à vous, méfiez-vous de la Senseo.

Visite guidée: Aurore Vaucelle, à Paris

EXPO MALIGNE ET LUDIQUE, à la frontière entre art et design, “La Tyrannie des Objets” pense la question de l’objet dans notre société. Il est d’abord question de la collusion actuelle entre design et art contemporain qui dialoguent bien souvent. Mais pour une fois, pas question de cirer les pompes à l’art actuel.
 
On relèvera ici que les objets adulés, maintes fois repensés, de plus en plus utilisés, se sont multipliés dans notre quotidien. Voire ont potentiellement pris le pouvoir sur nous, humains. Qui dompte qui ? L’homme ou la machine  ? Notre époque, en effet, a vu l’émergence d’objets intelligents : le frigo qui indique les dates de péremption des aliments qu’il contient, la balance, pas très cordiale, qui, après pesée, propose un régime. Et puis, surtout, tous ces objets interconnectés et branchés sur Internet. Comme il est facile, si l’on ne sait pas très bien s’y prendre avec la machine, de mettre en ligne des infos intimes sur Facebook, de se faire taguer à son insu, de voir son profil perso mis à la vue de tous. On pense aussi à ces robots qui, sur Internet, répondent mécaniquement à des tweets.
 
Avec humour, toujours, l’expo pose une question à laquelle on ne peut échapper. L’homme maîtrise-t-il vraiment ce qu’il a créé. La question n’est pas neuve après tout, on se rappelle du robot HAL qui prenait la main sur les humains dans le film de Kubrick, “2001, Odyssée de l’espace”. On était en 68.
 
 
L’homme, qui cherche à simplifier ou faciliter le geste quotidien à travers l’objet, n’en maîtrise parfois pas toujours les subtilités (cf. ci-contre, les objets incompris). De façon plus générale, l’homme produit les choses, mais n’a pas la mesure de tout ce qui va arriver, toujours en quête d’une invention meilleure. En 1956, dans son ouvrage “L’obsolescence de l’homme”, le philosophe Günther Anders exprime le fait que l’homme a presque honte d’être créé par Dieu, car il est perfectible, alors qu’il aspire, précisément, à la perfection. L’auteur dit aussi qu’avec notre technologie actuelle, Icare n’aurait pas les mêmes soucis que dans la mythologie, et qu’il pourrait sans problème toucher le soleil. On le voit, l’homme cherche une forme de perfection au travers de la machine, de l’objet. Un humain mais sans faille?... Aïe, ça se complique. Les objets, eux, n’ont pas dit leur dernier mot.
 
“La Tyrannie des Objets”, à la Galerie des Galeries, jusqu’au 4 janvier 2014. Entrée libre. Infos : galeriedesgaleries.com
Bruxelles est à 1h22 de Paris. Plusieurs liaisons par jour. Infos & Rés.  : www.thalys.com
 
 
Ces objets incompris
 
La commissaire de l'expo, Alexandra Frau, raconte comment a germé chez elle l’idée de cette expo. En visite chez le designer Roger Tallon, elle fit un arrêt aux commodités, et une fois le loquet poussé, elle ne résista pas et appuya sur les boutons qui se trouvaient à sa portée. Bien mal lui en prit. Une pression malheureuse, et elle se mit à arroser toute la salle de bains dudit Tallon, et sortit échaudée, peut-on le dire, d’avoir été mouchée par un objet non identifié.
Et franchement, qui peut dire que pareille expérience ne lui est jamais arrivée. Votre humble serviteur, journaleuse ici-bas, lors d’une récente visite au musée d’art contemporain de Rome, le Macro, mit de longues minutes à trouver comment actionner la robinetterie ultramoderne – pour ne pas dire “d’anticipation” – des petits coins du musée. Chaque visiteur présent d’ailleurs se regardait dans le blanc des yeux, bien en peine et méchamment confronté, en plus, au pictogramme, ô combien évident, d’un robinet basique et fastoche à utiliser, pictogramme fort mensonger en ce cas précis.
Bref, on a souhaité revenir sur ces objets incompris ou qu’on ne comprend pas et que l’on a déjà pu croiser dans notre quotidien.
 
L'incompréhension notoire: la canette de coca
 
Bon, alors !, peut-être que tout le monde était au courant, mais on avoue notre ignorance à ce sujet jusque tout récemment. La languette qui ferme la canette n’est pas seulement un petit bitonio en métal qui fait le dur à cuir au moment où on a soif d’ouvrir sa boisson à bulles préférée. Une fois décapsulée, la languette coulisse sur l’ouverture préalablement créée et sert à maintenir une paille. Ingénieux mais méconnu à notre humble avis. Inventé par Pepsi en 1993.
 
Le Tic Tac pour les nuls
 
Vous avez déjà proposé à quelqu’un un tic tac. Vous avez basculé dans sa petite paume la boîte translucide du bonbon à 2 calories. Et paf, tout est tombé dans sa main moite, et pas moyen de les récupérer… Et pourtant, l’inventeur de la boîte avait imaginé cette scène. C’est pourquoi il a conçu, dans le couvercle de la boîte, une petite encoche qui permet d’extirper un bonbon à la fois.
 
Variation japonaise sur les mérites et fonctions des petits coins
 
Les adeptes du Japon ne l’ignorent pas, les prochains visiteurs doivent s’y préparer : les toilettes japonaises, c’est toute une poésie, toute une ménagerie aussi. On croirait que le lieu est habité. Et pour cause, il s’y passe tant de choses. L’habituelle pratique devient une expérience de la technologie avancée. Cuvette chauffante perturbante, qui tourne à l’arrivée du nouveau visiteur et fait place nette. Une fois installé, le pauvre hère devra se féliciter ou non d’avoir travaillé ses hiraganas, car à sa droite, en effet, il verra toute une panoplie de boutons auréolés de la belle écriture japonaise. Aucun pictogramme, mais 20 fonctions possibles : jets d’eau orientables, à chaleur variable, séchoirs à plusieurs vitesses, musiques d’ambiance pour garder privé ce qui s’y passe. Et, forcément, on finit par appuyer là où il ne fallait pas…
 
 
Ph.: Alexandre Singhcourtesy Sprüth Magers Berlin London

Les commentaires sont fermés.