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03/12/2013

Un émirat au charme discret

Esca1.jpgAbou Dabi, contrairement à son voisin Dubai, n’a pas trop la folie des grandeurs. L’archipel, de plus de 200 îles naturelles, attire de plus en plus de touristes, curieux de découvrir ses gratte-ciel luxueux, ses plages paradisiaques, mais aussi ses courses de chameaux et ses palmiers-dattiers.

 
En terre exotique: Slim Allagui

UN SAMEDI D’OCTOBRE. Un 4x4 noir roule à vive allure sur la E11, l’autoroute Cheikh Zayed Road, qui mène à Abou Dabi. Sur fond de musique de Rihanna, Ahmed, jeune employé de banque, rentre de Dubai avec ses copains, Salem et Ibrahim, où ils ont “fait la fête” comme chaque week-end (vendredi est jour férié). A Dubai, c’est “le divertissement garanti, alors que chez nous, à Abou Dabi, c’est moins amusant. Mais on aime bien rentrer à la maison”, dit-il. “On y est !”, après une heure de route, s’exclame Ahmed au volant. Il sent déjà qu’il est chez lui, rien qu’“en roulant sur l’asphalte de l’autoroute qui est comme du velours”.

Car à Abou Dabi, la plus grande et la plus riche principauté des Emirats arabes unis (EAU), “tout est au top niveau”, clame-t-il fièrement. Loin de la folie des grandeurs de son voisin Dubai, l’émirat, qui renferme 9 % des réserves mondiales de pétrole et 5 % de gaz, affiche discrètement sa prospérité. Pas d’architecture “trop tape-à-l’œil”, ni de forêts de gratte-ciel démesurés, Abou Dabi, qui est la capitale fédérale et financière des Emirats, s’étire paisiblement sur son archipel de plus de 200 îles naturelles, alliant tradition et modernité.

Cet ancien village de pêcheurs de perles et de poissons, il y a à peine un demi-siècle, s’est métamorphosé, grâce à l’or noir, en une cité radieuse de jardins verdoyants, au pied de gratte-ciel luxueux et de plages paradisiaques, attirant de plus en plus de touristes (2,3 millions en 2012). “Mais nous avons gardé les pieds sur terre, préservé nos traditions et coutumes comme la fauconnerie, l’élevage de pur-sang, les courses de chameaux, ou encore la culture de dattes”, affirme Salem qui “aime bien faire régulièrement un tour dans le désert, pour ne pas oublier ses racines”.

A l’oasis Al Ain, à l’est de l’émirat, Salem s’y rend une fois par mois pour rechercher “quiétude et sérénité” à l’ombre des dizaines de milliers de palmiers-dattiers, ou pour voir “des courses de chameaux palpitantes, ou visiter le marché aux chameaux comme au temps des caravanes”. “What now”, le dernier single de Rihanna, est fredonné en cœur par Ahmed et ses amis. La voiture passe à côté de la mosquée Cheikh Zayed, une des grandes attractions d’Abou Dabi, et la seule ouverte aux touristes non musulmans dans les Emirats. “Rihanna l’a visitée aussi après un concert chez nous le 22 octobre. Mais elle a fait scandale, fidèle à sa réputation, en posant devant en abaya (tunique noire des Emiraties, NdlR) pour une série de photos jugées provocantes, et elle en a été chassée. Trop, c’est trop”, raconte Ahmed. Ce monument sacré est “un symbole national, notre fierté”, renchérit Salem, en faisant une pause devant cette mosquée considérée comme une des plus belles du monde arabe pouvant accueillir jusqu’à 40 000 visiteurs.

Ouverte en 2007, après 12 ans de travaux, les touristes s’y pressent tous les jours (à part le vendredi) pour admirer et se prendre en photo dans cette œuvre merveilleuse d’art architectural arabo-musulman avec son millier de colonnes de marbre, ses 80 dômes, ses lustres géants recouverts d’or à 24 carats et son tapis persan de plus de 5 000 m². “C’est impressionnant”, reconnaît Alain, ingénieur français expatrié à Abou Dabi, venu avec sa famille contempler ce “bijou d’architecture”.

Esca2.jpgPour Mireille, son épouse, cet émirat méconnu il n’y a pas si longtemps “possède un charme discret que nous apprécions beaucoup”, à environ 6 heures de l’Europe et avec un décalage horaire de 2 heures seulement. “Il y en a pour tous les goûts, farniente tranquille sur les plages de sable blanc pour les familles et les enfants, avec, pour seul horizon, le grand large, shopping dans les malls luxueux ou exotisme garanti dans les oasis ou le désert”, constate-t-elle. Mireille et ses deux enfants, comme des dizaines de milliers d’autres habitants et touristes, aiment se promener le week-end le long de la Corniche de 7 km, longeant la mer, parsemée d’aires de jeux, de pistes cyclables et de sentiers piétonniers, au pied des hôtels de luxe comme l’Emirate Palace, le deuxième 7 étoiles des Emirats.

Pour attirer les touristes, Abou Dabi s’est doté, ces dix dernières années, d’attractions grandioses comme le parc à thèmes Ferrari World sur l’île de Yas où les fans du bolide rouge peuvent s’en donner à cœur joie en se faisant propulser à 240 km à l’heure en moins de 5 secondes dans des manèges étourdissants. A quelques encablures de là, le circuit de Formule 1 est l’un des plus prisés au monde, tout comme les terrains de golf qui attirent la crème des joueurs mondiaux sur l’île voisine de Saadiyat, haut lieu de la culture, à une dizaine de minutes en voiture du centre-ville. Le Louvre Abou Dabi y ouvrira ses portes en 2015, suivi de Guggenheim Museum en 2017, témoignant de la volonté de la dynastie régnante Al-Nahyane de promouvoir avec éclat la culture dans l’émirat et d’en faire une vitrine prestigieuse au Moyen-Orient.

Avec ses richesses pétrolières, Abou Dabi, peuplé de 2,12 millions, dont 80 % d’étrangers, est un aimant pour les investisseurs, belges entre autres, comme Besix qui est en train de construire Cleveland Clinic, l’hôpital le plus moderne de la région.

Et pour ceux qui souffrent du mal du pays, le “Belgium Cafe” a établi ses quartiers au cœur de la ville, offrant une atmosphère des estaminets de Bruxelles avec moules fumantes, frites croquantes et mayonnaise crémeuse arrosées d’une sélection de bières blondes et brunes, belges évidemment.


Ph.: ADTD

10:11 Publié dans Escapade | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la libre, momento, escapade, abou dabi | |

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