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30/11/2013

Joue ! C’est du belge

La Libre, Momento, Ludo, jeux de société, belgeDésormais, c’est la Belgique ludique qui fait le buzz.

Yves Cavalier


LA PRODUCTION BELGE DE JEUX de société tient la corde. La preuve ? Plusieurs titres belges ont fait le buzz lors de la dernière foire internationale d’Essen en Allemagne, l’incontournable “Spielmesse”. Et cela va faciliter grandement la tâche de tous ceux qui devront conseiller saint Nicolas dans les tout prochains jours !

D’autant qu’il y en a pour tous les goûts. Et puisqu’il paraît que saint Nicolas, c’est pour les enfants, commençons par un jeu très familial (mais qui peut aussi se jouer entre adultes quand les petits sont au lit). Rampage, c’est le nom de ce tout nouveau jeu sorti des laboratoires de l’éditeur belge Repos Prod (Time’s Up, 7 Wonders…) qui n’en est pas à son coup d’essai. C’est Antoine Bauza (un habitué des hit-parades) qui signe ce jeu en trois dimensions. Dans Rampage, il faut d’abord patiemment assembler une ville en superposant des plateaux placés sur des pions, des “meeples”. Une fois les immeubles assemblés et les différents quartiers construits, le jeu consiste à tout démolir ! Et pour ce faire, chaque joueur va s’aider d’un Godzilla au souffle qui déchire. Bref, du fun pour amuser parents, enfants et les amis de passage.

Dans un tout autre style, Repos Prod propose également Concept. Plus intellectuel mais tout aussi fun : il faut faire deviner un mot, une expression en faisant le bon choix parmi 108 icônes universelles. Quand il s’agit de faire deviner une boisson blanche dont on nourrit les bébés, ce n’est pas encore trop compliqué, mais essayez avec le monument au soldat inconnu…

Autre perle ludique (chez l’éditeur Pearl Games), Bruxelles 1893 (photo). Là, on est dans un jeu solide qui vous occupera 2 heures sur la soirée. Le thème du jeu colle directement à son design très réussi : on est engagé dans l’aventure de l’Art nouveau avec Victor Horta et les autres. Un superbe jeu de gestion et de stratégie bourré d’interaction et de possibilités. Pas trop difficile à jouer, mais pas évident à remporter. La machine est parfaitement huilée, et l’auteur est belge. C’est même le premier jeu d’Etienne Espreman. Un petit bijou qui fera date.
Et surtout, il faudra jouer et jouer encore pour exploiter toutes les possibilités stratégiques qu’offre ce jeu très élégant sur le fond et sur la forme, grâce aussi au talent d’illustrateur d’Alexandre Roche. Mais un conseil, malgré tout : c’est déconseillé aux moins de 13 ans. Ici, on est vraiment dans de la gestion.

Autre jeu qui a attiré les regards par son plateau circulaire : Rockwell est édité par SitDown, une petite maison namuroise qui en est à son troisième opus. Ici, on va creuser pour trouver des minerais jusqu’au centre de la terre. Un matériel superbe, mais, là aussi, il faudra y consacrer la soirée. La mécanique est originale. Elle implique de faire les bons choix stratégiques comme souvent, mais elle oblige aussi à s’allier parfois avec certains adversaires pour avancer. Les choix peuvent être cornéliens et les revanches cruelles.

Enfin, un dernier ovni belgo-belge à découvrir. Twin Tin Bots est signé Philippe Keyaerts. Un Bruxellois bien de chez nous qui n’en est pas à ses premières armes. Les anciens se souviendront de Vinci, un jeu de conquête entre civilisations dans lequel l’auteur avait introduit deux notions inédites : d’abord, les alliances temporaires et, ensuite, le déclin. On était à la fin des années 90, et 10 ans plus tard, le même mécanisme a donné naissance à Small World, un jeu qui a envahi toutes les tables de jeu avec ses nombreuses extensions. Avec Twin Tin Bots, pourtant, on est loin des conquérants et des civilisations en déclin. Ici, on est chargé de programmer des robots qui ont pour mission de ramener un maximum de gemmes précieuses dans leur entrepôt. Cela rappelle un peu Robot Rally (une antiquité), mais comme Philippe Keyaerts est aussi mathématicien, il a supprimé tout le hasard de la partie. Chacun programme ses déplacements en fonction des positions des uns et des autres sur le plateau, quitte à se bousculer de temps en temps. C’est édité par un Belge passionné : Eric Hanuise qui a créé Flatlined Games rien que pour l’amour du jeu !

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