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02/12/2013

Un navire à l’abandon

La Libre, Momento, Vie de château, Regelsbrugge, AlostA la lisière d’Alost, sur Nieuwerkerken, le château de Regelsbrugge se meurt d’ennui. On a vendu, ce lundi 25 novembre, le mobilier restant.

Philippe Farcy


QUINZE HECTARES sont là, entre campagne, autoroute de la mer et ville, à prendre depuis plus de deux ans, et personne n’en veut, car les vendeurs en demandent trois millions d’euros. Le processus de dispersion des biens est toujours en cours, puisque, lundi passé 25 novembre, on vendait, à la “Oude Galerij” d’Alost, les meubles restant en place au sein du château.
 
 
Regelsbrugge est une importante bâtisse superbement située, et à tel point que cela provoque des remous dans la population qui se demande bien ce que va devenir cet ensemble castral encore récent, mais surtout quel pourra être l’avenir d’un domaine dont l’étendue est rare dans cette zone si proche de Bruxelles. Il faut aussi savoir que les châteaux et surtout leur parc – parfois étendu, comme en lisière de la ville de Gand – représentent des mannes de terrains dont on pourrait changer la destination et y installer des zonings industriels. Outre l’envie toujours latente de voir partir des propriétaires francophones vers le Sud (80 % des châteaux de Flandre sont dans les mains de familles qui cultivent le français), les grands domaines offrent un potentiel de développement économique évident. Ce pourrait être le cas par ici. Regelsbrugge est donc en danger, d’autant plus que la demeure n’est guère âgée. L’immeuble est inscrit au patrimoine, mais n’est pas classé, semble-t-il, car les arrêtés n’ont pas été publiés au “Moniteur”.
 
La demeure fut, en effet, totalement reconstruite entre les deux guerres par la famille Schotte qui avait alors des moyens considérables. Regelsbrugge était, voici moins de vingt ans, dans les mains des actionnaires et propriétaires de tannerie, dont les bâtiments existent toujours, et d’une entreprise de bonneterie du nom de Schotte. Eugène, Paul, Achille et Hippolyte Schotte furent les dirigeants d’une firme prospère; la famille possédait trois maisons à Blankenberg.
 
Mais ce type d’activité, que ce soit ici ou à Peruwelz, ne pouvait plus tenir face à la concurrence extrême-orientale. Une faillite amena la fin des activités au terme des années nonante. Par contre, l’entretien du domaine qui nous occupe ici – et qui conserve encore de nos jours pas mal d’allant, en ce compris les pelouses tondues régulièrement – est poursuivi.
 
 
On demanda, en 1933, à l’architecte yprois E. Van Overstraeten de créer un nouveau château sur les restes d’une ancienne demeure qui, elle, remontait à 1795, et dont on sait qu’une des ailes s’effondra en 1878 (à lire sur “De AalsterseGazet”). La destruction du château précédent fut entamée en 1933, et le nouveau château fut inauguré en 1935. On doit à van Overstraeten l’église du Sacré-Cœur située dans la ville d’Alost, construite en 1928 et 1929.
 
Il y avait peut-être un château dès le XVe siècle en ce lieu. Le fief appartenait alors aux Montengys, signale le site du patrimoine flamand. C’est tout ce que l’on sait de l’histoire de cette propriété de prestige à qui il ne manque que les ans.
 
 
Ph.: Ph. Fy.

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